Steve Albini

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Steve Albini

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Albini au festival All Tomorrow's Parties en mai 2007

Informations générales
Naissance 22 juillet 1962 (52 ans)
Pasadena (Californie)
Activité principale Musicien, ingénieur du son, producteur de musique
Genre musical Rock indépendant, noise rock
Instruments Guitare, chant

Steve Albini, né le 22 juillet 1962 à Pasadena en Californie, est un musicien de rock américain. Guitariste, chanteur[1], critique musical et producteur, son inventivité, son intransigeance, son éthique et sa technique du son en font l'un des personnages-clef du rock indépendant[2].

Fondateur des groupes Big Black, Rapeman et de l'actuel Shellac, son rock brutal et minimaliste a joué un rôle influent dans la scène américaine indépendante des années 1980 : en introduisant des sonorités venues de la musique industrielle britannique, il a contribué à poser les jalons du noise rock et du rock industriel naissants[3].

Il est connu pour être un producteur extrêmement prolifique. Parmi les artistes qu'il a produits et influencés, on peut citer les Pixies, Nirvana, The Jesus Lizard ou encore PJ Harvey.

Biographie[modifier | modifier le code]

Steve Albini passe une bonne partie de son adolescence à Missoula, dans le Montana[4]. Une adolescence solitaire et ennuyeuse, mais au cours de laquelle il découvre par la presse musicale la vague punk qui déferlait sur les États-Unis et à laquelle il porte un vif intérêt[4] ; il commence à collectionner les disques, s'intéressant en particulier à Suicide et aux Ramones[4]. Au cours de sa dernière année au lycée, après s'être accidentellement cassé une jambe, il apprend en autodidacte la basse et la guitare pendant la période d'immobilisation qui s'ensuit[4].

Après le lycée, il s'installe à Evanston (Illinois) (dans la banlieue de Chicago) pour étudier le journalisme à l'université du Northwestern. Il s'immerge dans le milieu underground de la région, découvre des groupes tels Cheap Trick ou Naked Raygun (dont il sera d'ailleurs un grand admirateur)[5], et écrit régulièrement dans des fanzines des articles volontiers iconoclastes traitant de de la scène punk naissante. Au début des années 1980 il se fait en particulier remarquer par ses propos incendiaires, antisystèmes et provocateurs (du type : « Un bon policier est un policier mort »…) publiés par le fanzine Forced Exposure, basé à Boston[3]. Il choisit d'abandonner le journalisme pour se consacrer à la musique[3].

Big Black[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Big Black.

Il essaie de monter un groupe, sans succès, puis décide donc de jouer seul : à la guitare, à la basse et au chant, et aidé d'une à boîte à rythmes dont il avait fait l'acquisition, Steve Albini donne naissance à Big black en 1982 ; il sera bientôt rejoint par d'autres musiciens. Le groupe est dissout en 1987 après avoir publié plusieurs albums et maxis. Albini se consacre un temps à la production discographique ; il produira notamment la même année l'album Surfer Rosa des Pixies, qui, bien que n'ayant reçu qu'un accueil discret à sa sortie, est aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs disques de rock de cette période. C'est ce même disque qui a poussé des artistes comme PJ Harvey et Kurt Cobain à choisir Albini pour enregistrer un de leurs albums.

Rapeman[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rapeman.

Rapeman est formé en 1988 avec des membres du groupe Scratch Acid, ce qui apporte comme modification fondamentale la présence d'un batteur. Steve Albini est à la guitare et au chant, Rey Washam à la batterie et David Wm. Sims à la basse. Le groupe se sépare en 1990. Steve Albini se consacre davantage à son travail de producteur, David Wm. Sims retourne avec ses partenaires de Scratch Acid pour former The Jesus Lizard (dont Albini produira d'ailleurs les quatre premiers albums) et Rey Washam s'enrôle dans Ministry.

Shellac[modifier | modifier le code]

Steve Albini en concert avec Shellac en 2007
Article détaillé : Shellac.

En parallèle à ses travaux de production, Steve Albini lance le groupe Shellac en 1992, accompagné de Bob Weston (lui aussi ingénieur du son) et Todd Trainer. Si les thèmes traités sont dans la même veine que ceux de Big Black, la musique est moins hardcore et globalement moins rapide. La violence sonore est traduite dans des mélodies atrophiées, une voix contenue et des rythmes hypnotiques et lancinants. Jusqu'en 2000, trois albums ont été élaborés, ainsi que diverses participations à des compilations. Un quatrième album intitulé Excellent Italian Greyhound est sorti en juin 2007.

Productions[modifier | modifier le code]

Albini défend une position typique du mouvement hardcore, en travaillant exclusivement dans un sens créatif et sans objectif de rentabilité.

Autodidacte, le « gourou de la prod’ »[6] privilégie les enregistrements live et analogiques[3] et revendique un travail de production consistant à amener ses compétences aux groupes qu'il produit sans influencer le contenu artistique de leurs œuvres : bien souvent son nom n'est pas crédité sur les pochettes des albums, et lorsqu'il l'est, c'est la mention "enregistré par Steve Albini"(recorded ou engineered by Steve Albini) et non pas "produit par Steve Albini" qui y figure[7].

Le "son Albini" se caractérise par une basse très en avant et les voix, au contraire, en retrait[7], à la différence du mixage utilisé la plupart du temps dans le rock. Les séances d'enregistrement sont généralement très courtes (pas plus d'une semaine, souvent un jour ou deux)[3] et les frais de production sont réduits au strict minimum. Il refuse toute rémunération sur les ventes de ses productions, estimant que cela constitue un vol des artistes, et juge que les dépenses astronomiques engagées par les maisons de disques ne font rien d'autre que rendre les groupes dépendants de ces derniers[3] ; cela lui a quelquefois occasionné des ennuis, comme lors de l'enregistrement d'In Utero de Nirvana, où Geffen s'est montré mécontent de la sobriété de son travail, et a d'ailleurs préféré demander à d'autres de retravailler la production de certaines chansons[8], contre l'avis même de Cobain et, bien sûr, d'Albini, selon qui certains morceaux ont été "défigurés"[3].

Il a produit des albums pour plus d'un millier de groupes[9], la plupart étant méconnus.

Quelques productions :


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il se considère cependant plus volontiers comme un « vocaliste » ; il utilise la voix dans ses chansons pour apporter une part d'humanité, dans une musique souvent par ailleurs glaciale [1] ; le chant est traditionnellement en retrait dans les enregistrements d'Albini.
  2. Philippe Robert, Rock, Pop, Un Itinéraire bis en 140 albums essentiels, Le mot et le reste, Marseille, 2006, (ISBN 2-915378-31-2) p. 230
  3. a, b, c, d, e, f et g Michka Assayas, Dictionnaire du rock, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 2000, (ISBN 2-221-09224-4) p. 20-21.
  4. a, b, c et d Allmusic - Big Black
  5. Allmusic - Steve Albini
  6. Expression employée par Gilles Renault dans Libération, « Eclectisme avant tout » 03/06/2008, p.32
  7. a et b Azerrad, Michael. Our Band Could Be Your Life - Scenes from the American Indie Underground, 1981-1991, Back Bay Books / Little, Brown and Company, NY, 2001. ISBN 0-316-78753-1, p. 344
  8. Azerrad, Michel, Nirvana - L'ultime biographie, Ed. Austral, Paris, 1996, traduction de François Gorin, ISBN 2-841 12-027-9 p. 377-386
  9. Podcast: Live in Chicago: Steve Albini sur maximumfun.org

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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