Big Black

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Big Black

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Steve Albini avec Big Black en 2006

Informations générales
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre musical Noise rock, post-hardcore, rock industriel
Années actives 1982-1987
Labels Touch and Go
Blast First!
Homestead
Ruthless
Composition du groupe
Anciens membres Steve Albini
Dave Riley
Santiago Durango
Jeff Pezzati
Patrick Byrne

Big Black était un groupe de rock indépendant originaire de la ville d'Evanston, juste au nord de Chicago (Illinois, États-Unis). Actif entre 1982 et 1987, il était mené par le jeune Steve Albini, dont le chant malsain et provocateur attira beaucoup l'attention. La musique du groupe, synthèse de racines hardcore et de sonorités industrielle, eut une grande influence dans le développement du rock indépendant des années 1980[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, Steve Albini décide d'arrêter ses études de journalisme et se consacre à la musique. Après avoir vainement tenté de former un groupe, il enregistre seul l'EP Lungs, avec les maigres moyens du bord[2], et le publie sous le nom de Big Black. Le disque présente une critique de l'Amérique contemporaine, en pleine phase de récession post-industrielle[2].

Désireux d'effectuer des concerts, Albini recrute le batteur Pat Byrne, Santiago Durango, un étudiant d'origine colombienne, et Jeff Pezzati (tous deux de Naked Raygun, un groupe qu'il affectionnait particulièrement)[3], qui apportent une nouvelle consistance à la musique de Big Black[2]. Après quelques répétitions dans un sous-sol de la maison de Durango[3], le groupe sort son deuxième EP, Bulldozer, avec de plus gros moyens que le précédent. Le disque reçoit un accueil relativement bon de la presse musicale alternative[3]. Durango intègre durablement la formation et son jeu de guitare brutal devient un élément important dans la musique de Big Black[3].

Albini-Big Black.jpg

Pezzati quitte le groupe pour se consacrer à Naked Raygun ; il est remplacé par Dave Riley, un jeune musicien expérimenté (il a notamment travaillé à Détroit en tant qu'assistant ingénieur aux côtés de George Clinton) qui apporte une touche de maturité dans les productions du groupe[3]. Après la signature d'un contrat avec Homestead Records, le troisième EP, Racer-X, sorti en 1984 vient affirmer le style caractéristique du groupe, avec ses sonorités froides et cauchemardesques.

En 1986 le groupe sort son premier album, intitulé Atomizer, qui connaît pour la première fois un retentissement national. Suite à un désaccord sur la nature de leur contrat, qui les prive d'une grande partie du bénéfice sur les ventes de l'album, Big Black quitte Homestead et signe un nouvel accord de distribution avec le label Touch and Go, tenu par un proche d'Albini, Corey Rusk[3].

Le groupe publie en 1987 plusieurs compilations des premiers disques (The Hammer Party et The Rich Man's Eight Track Tape), un nouvel EP (Headache) et un live (Sound of Impact).

En raison de tensions dans le groupe, dont les membres commencent à éprouver des difficultés à travailler ensemble, celui-ci cesse ses activités la même année après l'enregistrement d'un nouvel album, Songs About Fucking, qui reste dans la lignée des précédents[3]. Santiago Durango décide de reprendre ses études de sciences politiques[3]. Il sortira par la suite deux EP sous le nom d'Arsenal, collaborant sur le second avec un membre de son ancien groupe Naked Raygun. Albini entame sa carrière de producteur ; il formera Rapeman l'année suivante.

Style et influences[modifier | modifier le code]

La musique de Big Black est d’une agressivité extrême, autant par le son des instruments que par le chant. Selon Michael Azerrad, « personne n'avait fait de disques au son aussi dur. Pas la peine de se demander pourquoi l'un de leurs albums s'appelle Headache [mal de tête] »[4]. La boîte à rythmes donne une trame hypnotique et linéaire, tandis que la guitare délivre un son très aigu et métallique, évoquant celui d'une grande scie circulaire. Les textes, peintures au scalpel des atrocités de notre temps (racisme, viols, meurtres), sont énoncés d’une voix froide et dogmatique, chargée d'une rage destructrice à certains moments.

Le succès commercial du groupe fut limité mais sa boîte à rythmes brutale et sa guitare stridente eurent une large influence, spécialement dans le courant du rock industriel américain, dont il constitue un élément fondateur[2]. Albini était en effet à l'écoute de la musique industrielle européenne[2], dont Big Black est en quelque sorte l’aboutissement dans la lignée bruitiste. Big Black a souvent été considéré comme un groupe de noise rock mais les membres ont toujours présenté le groupe comme catégoriquement punk rock ; dans les notes de Pigpile, un enregistrement de leur dernier concert, à Londres, Albini décrit explicitement Big Black comme punk.

Le groupe (version Albini/Durango/Pezzati) s'est réuni à l'occasion de la célébration du 25e anniversaire de Touch and Go Records[5].

Discographie[modifier | modifier le code]

Jeff Pezzati et Santiago Durango avec Big Black en 2006

Albums Studio[modifier | modifier le code]

Albums Live[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

EP[modifier | modifier le code]

7" Singles[modifier | modifier le code]

Vidéo[modifier | modifier le code]

  • Pigpile (Touch and Go, 1992)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Allmusic: The Hammer party
  2. a, b, c, d et e Michka Assayas, Dictionnaire du rock, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 2000, (ISBN 2-221-09224-4) p. 20-21.
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Allmusic: Big Black
  4. Azerrad, p. 312
  5. Arte.tv - Tracks: Dream - Steve Albini

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Azerrad, Michael. Our Band Could Be Your Life - Scenes from the American Indie Underground, 1981-1991, Back Bay Books / Little, Brown and Company, NY, 2001. (ISBN 0-316-78753-1), p. 312-345

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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