Forest Stewardship Council

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Logo de la certification Forest Stewardship Council

Le Forest Stewardship Council (FSC) est un label environnemental, qui assure que la production de bois ou d'un produit à base de bois respecte les procédures censées garantir la gestion durable des forêts. Dans la mesure où la gouvernance de ce label se fonde sur trois collèges qui à part égale (en nombre de voix) traitent les trois questions de qualité et performances environnementales, sociales et économiques, le FSC est considéré comme un écolabel, mais aussi comme écosociolabel.

Il a fait l'objet en 2002 d'un « Référentiel de gestion forestière durable adapté pour la France » [1], cadre de certification d'unités de gestion d'entités forestières [1], avec possibilité de certification de groupe [1], sur la base d'indicateurs déclinant les principes et critères du FSC [1].

Nature du FSC[modifier | modifier le code]

Le FSC (Forest Stewardship Council en anglais, traduit par « Conseil de Soutien de la forêt » en français) est une organisation internationale indépendante, non-gouvernementale et à but non lucratif.

Historique[modifier | modifier le code]

Le FSC a été créé en 1993 suite au Sommet de la Terre de Rio (juin 1992) par :

  • des entreprises de la filière bois (industries forestières, groupes de distribution) ;
  • des mouvements sociaux (syndicats, communautés locales, organisations représentatives des peuples indigènes...) ;
  • des organisations écologistes.

Ces organisations et individus faisaient alors le constat de l'insuffisance des actions internationales pour protéger les forêts, face à une déforestation importante, notamment en zone tropicale. À Rio, les négociations forestières internationales n'ont en effet conduit qu'à une déclaration de principe des États, sans mesures véritablement contraignantes.

Objectif[modifier | modifier le code]

Le but du FSC est d’encourager de manière constructive les initiatives de gestion forestière socialement, écologiquement et économiquement responsables, en les rendant visibles et crédibles par un label apposé sur les produits issus de forêts certifiées. Le logo FSC signale au public un produit correspondant à un cahier des charges clair, transparent et vérifié par des certificateurs indépendants[réf. nécessaire]. Il permet ainsi au consommateur ou au public d’identifier le bois et ses produits dérivés issus d'une forêt bénéficiant d'une gestion forestière respectant les principes du développement durable tels que définis à Rio en juin 1992, c’est-à-dire :

  • écologiquement adaptée ;
  • socialement bénéfique ;
  • économiquement viable.

Le FSC s'est attaché à offrir aux acheteurs et au public le maximum de gages de crédibilité.

Gouvernance[modifier | modifier le code]

Le FSC international est composé de membres répartis en trois collèges :

  • environnemental ;
  • social ;
  • économique.

Le FSC est une organisation ouverte : toute organisation ou individu intéressé par la gestion forestière peut faire partie d'un des trois collèges. Cependant, le FSC étant une organisation non gouvernementale (ONG), les gouvernements ou leurs représentants ne peuvent y adhérer. L'Assemblée générale (AG) du FSC se réunit tous les trois ans. C'est l'organe de décision suprême du FSC, qui fixe les grandes orientations politiques du FSC. Chaque membre peut apporter sa contribution au FSC en élaborant et en votant des motions lors de l'AG. Les votes sont équilibrés au sein de l'AG : chaque collège dispose d'1/3 du poids des votes, quel que soit le nombre de membres par collèges. Le système de gouvernance du FSC permet également de préserver un équilibre entre les représentants du Nord et du Sud : dans chaque chambre, le poids des représentants du Sud doit représenter 50 % des votes quel que soit le nombre de participants de la chambre ; les catégories Nord et Sud sont fixées en fonction de critères de revenu par habitants tels que définis par l'ONU. Les votes des membres individuels sont également pondérés : dans chaque chambre, la somme des votes des individus représente 10 % du poids des votes.

Le « FSC international » se décline également en initiatives FSC nationales fondées sur un système de gouvernance similaire. Toutefois, au niveau national, les représentants des gouvernements ou des administrations (collectivités locales, organismes publics ou parapublics chargés des forêts, instituts de recherche publics...) peuvent adhérer aux initiatives FSC nationales.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le FSC est une assemblée d'acteurs provenant d'horizons différents, intéressés par les question forestières, qui produit des normes (ou standards). Le FSC a ainsi élaboré une série de 10 principes et 56 critères de bonne gestion forestière principes et critères, valables pour tous les types de forêts, qui servent de référence à l'élaboration de normes de gestion forestière qui s'appliquent à un niveau plus précis à l'unité de gestion forestière, au moyen d'indicateurs.

La notion de gestion forestière ne se limite pas à la forêt commerciale. Une haie, un bocage, une réserve naturelle ou un parc urbain, sans vocations commerciales, pourraient obtenir une certification FSC s’ils en respectent les principes et critères et s’ils suivent la procédure d’audit et de certification. Lorsque des initiatives FSC nationales existent, des groupes de travail nationaux FSC élaborent des référentiels normatifs nationaux en adaptant les principes et critères du FSC aux contextes locaux, sous le contrôle du FSC international. Toutefois, le FSC n'est pas implanté dans tous les pays et certaines initiatives nationales n'ont pas encore établi leur propres référentiels de gestion forestière comme c'est le cas pour l'initiative française. Dans ce cas, ce sont des organes de certification tierce partie dûment accrédités qui sont chargés d'adapter les référentiels normatifs au contexte local, sous le contrôle de FSC International. FSC International a confié la mission d'accréditation des organes de certification qui doivent être indépendants et impartiaux à une organisation d'accréditation internationale, Accreditation Services International (ASI).

Chaîne de traçabilité[modifier | modifier le code]

Bois certifié de la Forêt-Noire

FSC International développe deux types de certifications : la certification de la gestion forestière et la certification de la chaîne de contrôle (ou chaîne de traçabilité). Cette dernière est destinée à contrôler le bois provenant de forêts certifiées tout au long de la chaîne d'approvisionnement, de l’amont (l’unité de gestion de la forêt certifiée) jusqu’au client final en passant par toutes les étapes de la production et de la transformation et éventuellement du recyclage de déchets bois-papier. Ainsi, un produit fini ne peut disposer du logo FSC qu’à partir du moment où il a été contrôlé par un organisme de certification indépendant et accrédité par le FSC à toutes les étapes de la filière.

Les 10 principes du FSC[modifier | modifier le code]

Principe 1 
Respect des lois et des principes FSC

L'aménagement forestier doit respecter toutes les lois en vigueur dans le pays ainsi que tous les traités et accords internationaux dont le pays est signataire (et pas uniquement la législation environnementale). Il sera également conforme avec tous les principes et critères du FSC.

Principe 2 
Sécurité foncière, droits d'usage et responsabilités

La sécurité foncière et les droits d’usage à long terme sur les terres et les ressources forestières doivent être clairement définis, documentés et légalement établis.

Principe 3 
Droits des peuples indigènes

Les droits légaux et coutumiers des peuples indigènes à la propriété, à l’usage et à la gestion de leurs territoires et de leurs ressources doivent être reconnus et respectés (ainsi, dans certaines forêts polonaises, on a recherché s'il restait des ayants droit descendant de personnes envoyées en camp de concentration et d'extermination lors de la Seconde Guerre mondiale).
En Europe, ce sont les populations riveraines d'une forêt qui peuvent être associées à la certification concernant par exemple la cueillette des champignons, la promenade, etc.

Principe 4 
Relations avec les communautés et droits des travailleurs

Les opérations de gestion forestière doivent maintenir ou améliorer le ^bien-être social et économique à long terme des travailleurs forestiers et des communautés locales.

Principe 5 
Produits et services issus de la forêt

Les opérations de gestion forestière doivent encourager l’utilisation efficace des multiples produits et services de la forêt pour en garantir la viabilité économique ainsi qu’une large variété de prestations environnementales et sociales.

Principe 6 
Impact environnemental

L'aménagement forestier doit maintenir la diversité biologique et les valeurs qui y sont associées, les ressources hydriques, les sols, ainsi que les paysages et les écosystèmes uniques et fragiles de telle manière qu'il assure la conservation des fonctions écologiques et l'intégrité de la forêt.

Principe 7 
Plan d'aménagement

Un plan d'aménagement – adapté à l’étendue et l’intensité des opérations sylvicoles – doit être écrit, mis en œuvre et tenu à jour. Les objectifs de gestion à long terme et les moyens d'y parvenir doivent être clairement indiqués.

Principe 8 
Suivi et évaluation

Un suivi – adapté à l’étendue et l’intensité de l’aménagement forestier- doit être effectué afin d’évaluer l’état de la forêt, les rendements des produits forestiers (dont produits forestiers autres que le bois), la chaîne de traçabilité, les opérations de gestion et leurs impacts sociaux et environnementaux.

Principe 9 
Maintien des forêts à haute valeur pour la conservation

Les activités de gestion dans les forêts à haute valeur pour la conservation doivent maintenir ou améliorer les attributs qui définissent de telles forêts. Les décisions concernant les forêts ou zones à haute valeur pour la conservation doivent toujours être prises dans le contexte d’un principe de précaution.

Principe 10 
Plantations

Les plantations doivent être planifiées et gérées en accord avec les principes et critères 1 à 9 et du principe 10 et ses critères. Alors que les plantations peuvent fournir une série d'avantages socio-économiques et contribuer à la satisfaction des besoins mondiaux en produits forestiers, elles devraient compléter la gestion des forêts naturelles, réduire la pression exercée sur celles-ci, et promouvoir leur restauration et leur conservation.

Certification groupée[modifier | modifier le code]

Elle permet aux petits propriétaires forestiers groupés en une association existante ou à créer de se faire certifier FSC en mutualisant leurs moyens et en diminuant la charge de travail et les coûts/hectare, notamment pour l’audit qui est la partie la plus coûteuse.
Tout groupement volontaire de propriétaires forestiers, association de propriétaires forestiers, coopérative forestière ou association de communes forestières peut ainsi accéder plus simplement à une certification groupée. La certification groupée autorise aussi une exploitation commune de produits forestiers ou issus de la forêt, labellisés FSC.

Certifications de forêts ayant d'autres priorités que la production sylvicole[modifier | modifier le code]

Le FSC disposant d'un volet social et économique très développé, il peut également intéresser des forêts communales ou régionales dont le premier objectif n'est pas la production de bois, avec par exemple en France le cas de la forêt régionale de Verneuil-sur-Seine aux Mureaux (Yvelines), qui joue principalement un rôle aménitaire (milieu naturel de proximité) et de « rempart » à la périurbanisation[2], ou le cas de 7 autres forêts régionales publiques d'Île-de-France, dont l'Agence assume la gestion (4 000 hectares au total), pour les huit des forêts régionales gérées par l'Agence des espaces verts de la région d'Île-de-France et certifiées FSC début juillet 2014 [2].

Les Phases de la certification FSC[modifier | modifier le code]

  1. Demande écrite auprès d'un organisme de certification accrédité par le FSC
  2. Pré-audit
  3. Demande formelle
  4. Consultation des parties intéressées
  5. Audit principal
  6. Rapport d'audit
  7. Relecture du rapport d'audit
  8. Remise du certificat
  9. Suivi et contrôle annuel, avec mesures correctives, le cas échéant.

Démarches[modifier | modifier le code]

Les entreprises forestières qui désirent certifier la bonne gestion de leurs forêts, ou qui veulent obtenir une certification « chaîne de contrôle » afin de distribuer des produits certifiés FSC doivent en faire la demande auprès de l'initiative FSC nationale du pays où elles développent leurs activité ou auprès de FSC International si l'initiative FSC n'a pas encore été créée dans ce pays. Un organisme de certification accrédité réalisera les différents audits permettant d'obtenir la certification. Si l'entreprise auditée ne respecte pas les principes et critères de FSC, elle devra mettre en œuvre des mesures correctives qui peuvent être majeures ou mineures. Selon l'importance des mesures à corriger, l'entreprise bénéficiera ou non d'une certification provisoire, en attendant la que toutes les mesures correctives aient été corrigées. Si l'entreprise ne procède pas aux modifications nécessaires à la correction des mesures préconisées lors de l'audit au terme d'un délai déterminé, sa certification FSC peut lui être retirée. De même, les organismes certificateurs peuvent se voir retirer leur accréditation s'ils ne respectent pas les normes établies par FSC International.

Instrument participatif et dimension éthique[modifier | modifier le code]

Le FSC génère et encourage le débat avant même la certification forestière[réf. nécessaire]. Ce débat favorise un consensus entre les gestionnaires forestiers et les habitants de la commune, les autorités locales et régionales, les associations et syndicats qui se sentent reconnus comme partie-prenante[réf. nécessaire]. Ceci favorise des synergies positives entre acteurs qui dialoguent habituellement peu, permettant de responsabiliser le forestier comme le public, facilitant la résolution non violente de nombreux conflits. Une ONG internationale, comme une association locale peut intervenir. Les documents de gestion forestière ne sont pas confidentiels, comme c'est le cas avec de nombreux autres labels[réf. nécessaire]. FSC agit en toute transparence en autorisant la mise à disposition publique des résumés des rapports d'audits.

Le respect des lois[modifier | modifier le code]

Certains labels, dont ceux basés sur la norme ISO 14 000, n'imposent clairement que le respect des lois du pays, voire du pays du siège social de l'entreprise. Le FSC est le seul écolabel à imposer non seulement le respect de ces lois, ce qui semble le minimum qu'attend le public, mais aussi des lois supranationales (ex. : directives européennes) et des conventions internationales liés à l'environnement, au travail et au social[réf. nécessaire]. En cas de conflit social interne à l'entreprise ou avec les usagers, le détenteur du label doit faire la preuve qu'il a tenté des solutions de résolution du conflit.

Critiques du FSC et réponses du FSC[non neutre][modifier | modifier le code]

  • Il a été reproché au FSC d'avoir d'abord été conçu pour préserver le renouvellement durable de la ressource forestière tropicale[réf. nécessaire] (alors que la demande en bois exotiques augmentait fortement en Chine et dans les pays du Nord dans les décennies 1980-1990). Il est vrai que le FSC était d'abord plus présent dans les régions tropicales, mais il s'est propagé petit à petit dans le monde entier et est aujourd'hui présent dans une centaine de pays. La certification forestière est de plus en plus présente en Europe et concerne aujourd'hui plus de 36 millions d'hectares[3]. FSC souhaite ainsi préserver les ressources forestières du monde entier.
  • Le FSC pourrait indirectement conduire à multiplier le transport de bois de par son nombre élevé de forêts tropicales certifiées (et par conséquent, augmenter les émissions de carbone). Cela dit, il convient de garder plusieurs choses à l'esprit. Tout d'abord, le bois local peut aussi transporté à l'autre bout du monde pour être transformé avant de revenir à son endroit d'origine, ce qui fait aussi grimper les émissions de carbone et est donc nocif pour l'environnement. Ensuite, avant de se focaliser directement sur du bois local, il convient de garder à l'esprit ce principe important : la bonne essence pour la bonne application. Certains bois exotiques conviennent mieux que les bois locaux (pour des applications extérieures, par exemple) et nécessitent ainsi moins de traitement, et par conséquent, moins de substances nocives pour l'environnement.
  • Un autre reproche fait au FSC est que, pour les petites parcelles, le coût de certification par hectare est plus élevé pour le FSC que pour d'autres labels, ce qui pourrait « favoriser » les grandes propriétés forestières ou les propriétaires riches au détriment des petits propriétaires et la foresterie familiale. C'est une critique à laquelle le FSC a proposé une solution dès le milieu des années 1990, avec la certification groupée[4] permettant à un regroupement de petits propriétaires de mutualiser les frais de certification en diminuant fortement les coûts, surtout s'ils sont partagés entre un grand nombre de propriétaires sur un même massif ou dans une région homogène du point de vue sylvicole). Cette certification est réservée aux entreprises de moins de 16 employés (sans limitation de chiffre d’affaires) ou de moins de 25 employés, avec un chiffre d'affaires inférieur à 1 million d'euros par an[4]. Par ailleurs, une certification multi-site permet à un propriétaire ou une entreprise de certifier plusieurs sites dans la même procédure[4] .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Système de certification FSC, Référentiel de gestion forestière durable adapté pour la France, Ref RFNT 030311 version 2.1 pe Avril 2005 (19 pages)
  2. a et b Gestion forestière ; L’Île-de-France relance FSC, Environnement magazine ; 30 juin 2014
  3. https://ic.fsc.org/facts-figures.19.htm
  4. a, b et c § 6.1. Critères pour une certification de groupe ou de sites multiples, page 20/31 du document Référentiel pour la certification de la chaîne de contrôle FSC ; référencé MQ-CERT 06-199 / CTBA Juillet 2006 (Consulté 2009/12/10)]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Boissonnet, A., 2008, La certification de la gestion forestière. Vers l‟émergence d‟une nouvelle forme de gouvernance en Amazonie brésilienne ?, Séminaire « Menaces, Stratégies de Sécurité et Acteurs » 2007-2008, Sous la direction de Wolf-Dieter Eberwein, Université Pierre Mendès France, Institut d'Etudes Politiques de Grenoble, 142p.
  • Guéneau, S. & Tozzi P., 2008, « Towards the privatization of global forest governance? », International Forestry Review, Special Issue on international regime of forest, public and private policies and REDD.
  • Guéneau, S. & Cashore B., 2007, « Des initiatives volontaires privées : la certification forestière », in :Tubiana L. & Jacquet P. (Dir.), Nature, Biodiversité et Développement. Regards sur la terre 2008, Ed. Les Presses de Sciences-Po.
  • Guéneau, S & Bass S., 2007, Global Forest Governance: Emerging impacts of the Forest Stewardship Council, In: Martimort-Asso, B. and S. Thoyer (ed.) Participation for sustainability in trade. Global environmental governance series - Ashgate, London.
  • FSC, Principes et critères pour la gestion forestière (révisés 2000-02)
  • Certifor FSC, Référentiel de gestion forestière durable, adapté pour la France. Ref : RFNT030311, version 2.0, Fev 2002
  • Bureau Veritas Certification / Eurocertifor, Référentiel de gestion forestière durable, adapté pour le Cameroun. Ref:RF03 FSC GF Cameroun version2.0, Juillet 2009, PDF, 32 pages

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]