Saponaire officinale

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La saponaire officinale (Saponaria officinalis) est une plante herbacée vivace de la famille des Caryophyllaceae. On l'appelle aussi savonnaire, savonnière, saponière, herbe à savon, herbe à foulon, savon des fossés ou savon de fosse.

Description[modifier | modifier le code]

Saponaria officinalis
Saponaire à fleurs doubles.

C'est une plante glabre à tige robuste cylindrique et dure de 40 à 80 cm, foisonnante voire envahissante grâce au développement de ses rhizomes, facile à cultiver.

Ses feuilles ovales opposées, vert tendre, pointues sont sillonnées par 3 nervures longitudinales, les inférieures pétiolées[1].

Ses fleurs, qui peuvent être simples ou doubles, sont légèrement parfumées et poussent en cymes denses. Elles ont cinq pétales blanc ou rose pâle qui forment un cercle d'environ deux centimètres de diamètre. La période de floraison est de juin à octobre. Les fruits sont des capsules déhiscentes qui contiennent de petites graines brun-noir, arrondies, en forme de haricot d'environ 1,5 millimètre de longueur. La maturation des fruits a lieu de septembre à octobre.

Le nombre de chromosomes est de n = 8.

Les fleurs roses doubles ressemblent beaucoup à celles des Phlox ou des Silènes.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Organes reproducteurs
Graine
Habitat et répartition
  • Habitat type : friches vivaces rudérales pionnières, mésoxérophiles, médioeuropéennes, psychrophiles ;
  • Aire de répartition : cosmopolite.

Données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Médicinale[modifier | modifier le code]

Cette plante possède des propriétés dépuratives, diurétiques, cholérétiques et vermifuges. On l'emploie contre les rhumatismes et la goutte, contre certaines dermatoses et comme expectorant pour les affections de la cavité orale (angines, aphtes, etc.). La décoction de Saponaire appliquée sur le visage permet de lutter efficacement contre les maladies de la peau tel que l'acné. Les Romains en mettaient dans leur bain pour guérir les démangeaisons. Les léproseries l'utilisaient pour nettoyer les plaies des lépreux.

Biochimie[modifier | modifier le code]

Les graines de la saponaire officinale contiennent de la saporine, une protéine inhibitrice de l'activité ribosomique (activité N-glycosidase) de la famille de la ricine, de la curcine et de l'abrine. Toutefois, à la différence d'autres protéines de la même famille, la saporine est dépourvue de chaîne B lui permettant de se fixer à la cellule, ce qui la rend inoffensive sans préparation spécifique pour faire entrer la chaîne A de la protéine. Cette propriété rend la saporine particulièrement intéressante dans l'utilisation ciblée sur certaines cellules en recherche médicale (traitement spécifique de cellules cancéreuses).

Domestique[modifier | modifier le code]

Comme le bois de Panama, les sommités fleuries ou les rhizomes pouvaient remplacer le savon pour laver les vêtements délicats susceptibles de se décolorer. On l'utilisait également pour nettoyer les tabliers noirs. C'est parce qu'elle contient de la saponine, une substance qui a la propriété de faire mousser comme du savon, que la Saponaire officinale porte aussi le nom d'« herbe à savon », « savon du fossé », « savonnière », « laurier fleuri », « herbe à femme ». Lorsque séchées et nettoyées, les racines peuvent servir dans la fabrication d'une poudre qu'utilisaient jadis les habitants pour se laver les mains. Mélangée à de la soude, elle pouvait également dégraisser et blanchir les laines et dentelles pâles, d'où son autre nom d'« herbe à foulon » [2].

Culinaire[modifier | modifier le code]

Au Moyen-Orient, on utilise l'infusion d'eau et de la Saponaire pour préparer des desserts nécessitant une gélification, en particulier une guimauve arabe dite « Natif ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Tela Botanica, 60403 [lire en ligne]
  2. Monique Closson, Propre comme au Moyen Âge, Historama no 40, juin 1987

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • David Streeter, Guide Delachaux des fleurs de France et d'Europe, Paris, Delachaux et Niestlé,‎ mai 2011, 704 p. (ISBN 978-2-603-01764-7), p. 138-139