Aphte

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Aphte
Classification et ressources externes
Aphtha2.jpg
Aphte sur la face interne inférieure.
CIM-10 K12.0
CIM-9 528.2
MedlinePlus 000998
eMedicine ent/700  derm/486
MeSH D013281
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Localisation à l'extrémité de la langue, éventuellement suite à une morsure de la langue
...près de la luette
...sur les lèvres (muqueuse kératinisée) peut être confondu avec un herpès
...sur la gencive supérieure

Un aphte (du grec ancien ἄφθη / áphthê, de ἄπτω / áptô, brûler) est un ulcère superficiel douloureux de la muqueuse buccale ou d'un autre organe. Il est parfois « bipolaire » (oro-génital).
Au niveau de la muqueuse buccale, il se forme la plupart du temps sur l'intérieur des lèvres et des joues, la langue, le palais, les gencives ou la gorge.

Les aphtes apparaissent le plus souvent chez un sujet apparemment « sain », de façon isolée.
Ils sont parfois précédés d’une sensation de cuisson, et guérissent spontanément.
Caractérisés par une forme arrondie ou ovale sur un fond jaune cerné d’un halo rouge inflammatoire, non indurés, ils peuvent être de très petite taille (aphtes « miliaires ») ou géants (aphtes nécrotiques de Sutton)[1].

Lorsque les aphtes buccaux ne sont pas isolés et sont systématiquement accompagnés d'autres symptômes, ils peuvent évoquer

Classification[modifier | modifier le code]

Les aphtes revenant périodiquement sont dits « récidivants » ; ils sont le symptôme d'une stomatite aphteuse récidivante.[citation nécessaire]

Les stomatites aphteuses ou aphtoses sont généralement classées selon trois formes :

  1. la forme mineure (75-85 % des cas)[2] ;
  2. la forme majeure (10-15 % des cas)[2] ;
  3. la forme herpétiforme (5-10 % des cas)[2] (ne doit pas être confondu avec une lésion herpétique vraie, qui peut être mise en évidence par le diagnostic différentiel[3]. La confusion est d'autant plus facile que cette forme d'aphte affecte parfois aussi une muqueuse kératinisée (ex. : gingivostomatite herpétique primaire).
    Les poussées sont multiples et récurrentes ; les ulcères sont petits et cratériformes.

Les formes mineures et majeures sont parfois réunies sous le nom d'« aphte vulgaire », le plus répandu avec 80 %[4] à 95 %[5] de tous les cas de stomatite aphteuse récurrente. Chaque aphte dure de 10 à 14 jours et la crise dure généralement 3 à 4 semaines.

L'aphte géant : Plus rare (1/10e des stomatites aphteuses), d'un diamètre de 5 à 20 mm voire plus, et en faible nombre (1 ou deux à la fois souvent), il est situé dans la région du palais postérieur ou en avant du pharynx. Il est plus grave, plus douloureux et dure plus longtemps car plus profond et associé à une nécrose des tissus. il laisse souvent une cicatrice et une surinfection est possible (bactérienne ou fongique), difficile à traiter en cas d'immunodéficience (VIH, Sida...).

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

De nombreuses études épidémiologiques ont montré que les aphtes touchent toutes les populations (15 % à 30 % des populations touchées en moyenne[6]), mais avec des différences de prévalences importantes.
Les femmes sont plus touchées que les hommes[6] avec des crises plus fréquentes.
Les aphtes touchent surtout les personnes de moins de 45 ans, avec un pic de fréquence pour la tranche 16-25 ans.

Étiologie[modifier | modifier le code]

Ces lésions sont fréquentes et d'étiologie inconnue. On ignore à ce jour si les aphtes sont le symptôme d'une seule ou de plusieurs affections[3]. Il est probable qu'il y ait des facteurs génétiques à l'origine au moins de certains aphtes[7].

Leur survenue peut être liée à des facteurs nutritionnels, psychologiques (spécialement le stress, la fatigue accumulée) ou hygiéniques (lavage des dents négligé, vaisselle mal nettoyée...).
La consommation de tomate cuite, de noix, de noisettes, d'amandes, de gruyère, d'emmental, de bananes, d'agrumes et fruits acides (kiwi, ananas...), de chocolat, et de tous les aliments allergènes favorise leur apparition.
L'utilisation prolongée d'antiseptiques locaux, comme les pastilles pour la gorge, ou d'un dentifrice contenant du laurylsulfate de sodium[8] peut aussi provoquer chez certaines personnes l'apparition d'aphtes, probablement suite à un déséquilibre de la flore buccale.

Évolution[modifier | modifier le code]

La guérison est spontanée en 8 à 10 jours dans des conditions d'hygiène normale, traités par des antiseptiques locaux. Si un aphte n'a pas disparu deux semaines après son apparition ou si d'autres sont apparus entre-temps, la consultation d'un praticien est fortement conseillée.

Il existe de nombreux traitements traditionnels, dont ceux basés sur le vinaigre en bain de bouche[9]

Contextes d'apparitions[modifier | modifier le code]

Des lésions ressemblant à des aphtes se produisent[10] :

La présence de plusieurs aphtes buccaux ou génitaux est appelée « aphtose ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aphte Encyclopédie Larousse
  2. a, b et c (en) Rogers RS 3rd « Recurrent aphthous stomatitis: clinical characteristics and associated systemic disorders » Semin Cutan Med Surg. 1997;16:278-83.
  3. a et b (en) Tilliss T.S.I., McDowell J.D. « Differential Diagnosis: Is It Herpes or Aphthous? » J Contemp Dent Pract. 2002;3(1):1-15
  4. (en) Ship, JA. « Recurrent aphthous stomatitis. An update » Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod. 1996 Feb;81(2):141-7. Synthèse
  5. (en) Sapp JP, Eversole LR, Wysocki, GP. Contemporary Oral and Maxillofacial Pathology. Mosby: St. Louis, 1997, p. 245
  6. a et b (en) T. Axéll, V. Henricsson, « The occurrence of recurrent aphthous ulcers in an adult Swedish population » Acta Odontologica Scandinavia 1985;43(2):121-125.
  7. (en) Ship I.I. « Epidemiologic aspects of recurrent aphthous ulcerations » Oral Surg Oral Med Oral Pathol. 1972;33:400-6
  8. (en) Herlofson B.B., Barkvoll P. « Sodium lauryl sulfate and recurrent aphthous ulcers. A preliminary study » Acta Odontol Scand. 1994 Oct;52(5):257-9
  9. Philippe Chavanne, 200 Remèdes au vinaigre
  10. Aphtes, www.passeportsante.net, Lire le dossier

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Cécile Manière et Roger Hall, Pathologies de la muqueuse buccale communément rencontrées ; Réalités cliniques ; Vol. 12 no 1, 2001 pp. 83-91 [lire en ligne] [PDF]