Philippe Tailliez

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Philippe Tailliez

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Philippe Tailliez, un des pionniers de la plongée sous-marine

Naissance
Malo-les-Bains (Nord) (France
Décès (à 97 ans)
Toulon (Var) (France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession marin
plongeur sous-marin
auteur
Autres activités
Commandant de l'école de plongée de la Marine Nationale à St Mandrier en1959
Distinctions

Philippe Tailliez, né le 15 juin 1905 à Malo-les-Bains (Nord) et mort le 26 septembre 2002 à Toulon (Var), est un marin, plongeur sous-marin et auteur français. Il est surtout connu pour avoir été, avec Frédéric Dumas et Jacques-Yves Cousteau, l'un des pionniers de la plongée sous-marine avec scaphandre autonome.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils de marin, Philippe Tailliez passe sa jeunesse à Dunkerque et en Bretagne. Marin de carrière, son père Félix Tailliez alors en poste à Tahiti, raconte dans ses lettres les histoires de plongeurs de perles, qui fascinent son plus jeune fils (qui avait un frère, Jean, marin également, et une sœur, Monique). Philippe Tailliez, entré à l'École navale en 1924, est affecté à sa sortie à Toulon. Il se passionne pour l'apnée, la chasse et les images sous-marines, et devient le champion de natation de la Marine. Inspiré par la philosophie du naturiste suisse Jacques Grob, rencontré à Carqueiranne à côté de Toulon, où il vivait de jardinage et de pêche sous-marine, il prend déjà conscience de la fragilité de la mer: « la bande côtière fertile, riche en couleurs et en poissons », écrit-il en 1937, « n'est pas plus large qu'un fleuve ».

Carrière[modifier | modifier le code]

Officier torpilleur sur le Condorcet, Philippe Tailliez fait la connaissance d'un jeune enseigne de vaisseau à qui il fera découvrir la plongée et la nature : le canonnier Jacques-Yves Cousteau. Passionné de cinéma, possesseur d'une caméra, ce dernier songe aussitôt à faire des films sous-marins, mais faute de temps le rêve mettra plusieurs années à se réaliser, et c'est l'autrichien Hans Hass qui tournera le premier film sous-marin aux Antilles en 1939.

En 1938, Philippe Tailliez rencontre aux îles des Embiez dans le Var un chasseur sous-marin déjà réputé : Frédéric Dumas. Le trio Tailliez-Cousteau-Dumas (que Tailliez surnommera en 1975 « les Trois Mousquemers ») marquera l'histoire de la plongée.

Mais la Deuxième Guerre mondiale va séparer temporairement leur équipe et Philippe Tailliez va notamment participer lors de la campagne de Syrie, au combat naval opposant la marine de Vichy à la marine britannique.

Se trouvant ensuite en congé d'armistice et disposant donc de temps, ils réalisèrent en 1942 et en apnée le premier film sous-marin français: Par dix-huit mètres de fond, suivi l'année d'après par Epaves, cette fois avec le scaphandre autonome « Cousteau-Gagnan » inventé pour l'occasion, et avec les fonds de l'entreprise de renflouage marseillaise Marcellin. En 1945, l'amiral Lemonnier, ayant visionné ce film, confie à Philippe Tailliez la direction du G.R.S. (Groupe de Recherches Sous-Marines), qui devient le G.E.R.S. (Groupe d'études et de recherches sous-marines) en 1950 (et le Cephismer aujourd'hui). Il y fait affecter Cousteau et Dumas, et obtient un navire, l'aviso Elie Monnier, avec lequel le trio remplira d'innombrables missions de déminage, d'exploration sous-marine, de tests physiologiques (découvrant le principe des tables de plongée), d'archéologie sous-marineMahdia en Tunisie) et de soutien des premiers bathyscaphes du professeur Jacques Piccard: le FNRS II en 1949 à Dakar. Ces aventures sont racontées dans le livre de Philippe Tailliez Plongées sans câble et dans le livre de James Dugan, Frédéric Dumas et Jacques-Yves Cousteau Le Monde du silence (antérieur au film du même nom). En 1949, Philippe Tailliez part en Indochine, laissant la direction du G.E.R.S. à Cousteau et à Jean Alinat.

À son retour, il se lance avec Hans Sellner dans une aventure technologique innovante: la construction d'un bathyscaphe à air liquide (en lieu et place d'essence, comme principe hydrostatique), l'Aquarius. Faute de financements, la réalisation technique est défectueuse et le prototype coule lors des essais: le principe du bathyscaphe, de toute façon, est en perte de vitesse face aux R.O.V.

Après quelques missions maritimes en Indochine, le 20 janvier 1955 il est désigné comme Commandant de la Flottille Rhin Nord et du bâtiment base Les Vosges à Coblence-Bingen en Allemagne de l'Ouest et prend son commandement aux sein des Forces maritimes du Rhin le 24 avril. La volonté du président Nasser de nationaliser le canal de Suez en 1956, qui va entraîner la réaction franco-anglaise de novembre 1956, marque profondément le commandant Tailliez. Il est lui aussi responsable d’une partie d’un « canal » grouillant de vie, le Rhin, artère essentielle pour le bien-être économique de ses riverains dont le trafic est équivalent à celui du canal de Suez : 100 millions de tonnes ! Il y sera bientôt rejoint par le quartier-maître de manœuvre Elies, qui avait été, en Extrême-Orient, l’un des plus solides moniteurs de sa section d’intervention sous-marine. Elies arrive à pic pour former, puis diriger le groupe d’intervention subaquatique qui de toute évidence, manquait à la flottille. Le binôme Taillez - Elies réalisera le 22 avril 1956 la première plongée dans le gouffre du Binger Loch, l'endroit le plus profond du fleuve. Taillez raconte cette plongée dans un article de la Revue Maritime, numéro spécial 172 de Noël 1960, intitulé « Plongée dans la Lorelei ». Le 1er août 1956, il quitte ce commandement pour rejoindre une nouvelle affectation proche de la plongée aux bords de la Méditerranée

De 1960 à 1963, Philippe Tailliez est élu président de la Commission technique nationale de la FFESSM et il est l'un des membres fondateurs de la CMAS (Confédération mondiale des activités subaquatiques).

Il s'investit parallèlement dans l'archéologie sous-marine et conduit de nombreux chantiers avec le concours de la Direction des recherches archéologiques sous-marines et de la Marine. Il préside, dès sa création (1982), le GRAN (Groupe de Recherche en Archéologie Navale).

Après 1960, date de son départ à la retraite de la Marine, il se consacre à la protection de l'environnement marin. Fuyant les média à l'inverse de Cousteau, il est néanmoins très actif. Membre fondateur du Comité scientifique du parc national de Port-Cros, créé en 1964 et de l’Institut océanographique Paul Ricard, il aide et conseille avec une générosité constante de nombreux passionnés de l'exploration, du cinéma et de la mer, dont certains sont devenus célèbres.

Considéré comme un inspirateur de la conscience environnementale de Cousteau, Philippe Tailliez a reçu de nombreuses distinctions, en France et à l'étranger, pour ses multiples contributions. Il était capitaine de frégate lorsqu'il a publié Plongées sans câble pour la première fois en 1954 et a fini sa carrière en tant que capitaine de vaisseau.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Tout homme a deux patries : la sienne, et puis la mer. »
  • « L'enthousiasme est la seule vertu. »
  • « Spirales...dédiées à vous : Black, and white, and yellow man and chocolate also... Quelles que soient la couleur de votre peau et la forme de votre crâne, Que vos dieux soient taillés dans l'ivoire, la pierre ou le bois, Que les bras de ces dieux lancent la foudre, ou soient mille et mouvants comme des tentacules, ou rien que deux, pareils aux nôtres, grands ouvert et cloués en croix. (...) Mers où j'ai plongé tant de fois, autrefois silencieuses et désormais peuplées de voix fraternelles, je n'irai pas vers vous ce soir. Poisson mon frère, je ne basculerai pas sur l'avant d'un quart de tour, je ne frapperai pas l'eau de mes pales à ta manière. » (in Aquarius, chapitre V « Spirales... », Éd. France Empire, 1961, pp. 351-353)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Par Philippe Tailliez
  • La plongée en scaphandre, coauteurs Ph. Tailliez, F.Dumas, J.Y. Cousteau, J. Alinat, F. Devilla, Éd. Elzevir, 1949. Premier manuel consacré à la plongée en scaphandre.
  • La plongée, coauteurs Ph. Tailliez, F. Dumas, J.Y. Cousteau, J. alinat, F. Devilla, Éd. Arthaud, 1955. réédition egalement en 1960. et 1967.
  • Plongées sans câble, Philippe Tailliez, Éd. Arthaud, 1954. Prix Nautilus.
  • Nouvelles plongées sans câble, Éd. Arthaud, 1960.
  • Aquarius, Philippe Tailliez, Éd. France Empire, 1961. Prix de l'Académie de Marine.
  • Nouvelles plongées sans câble (1943 à 1966), Éd. Arthaud, 1967.
  • Plongées sans câble, Éd. Edisud, 1998.
  • Les Forces Maritimes du Rhin, Éd. Carré Blanc,2007.
Sur Philippe Tailliez

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]