Phyllis Diller

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Phyllis Diller

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Phyllis Diller, le 25 février 2007.

Nom de naissance Phyllis Ada Driver
Naissance 17 juillet 1917
Lima, Ohio
États-Unis
Nationalité américaine
Décès 20 août 2012 (à 95 ans)
Los Angeles, Californie
États-Unis
Profession humoriste

Phyllis Ada Driver, plus connue sous le nom de Phyllis Diller, est une humoriste américaine née le 17 juillet 1917 à Lima, Ohio (États-Unis) et morte le 20 août 2012 à Los Angeles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Phyllis Ada Driver étudie brièvement au Sherwood Conservatory of Music de Chicago, puis intègre Bluffton College (en), une université d'arts libéraux située dans l'Ohio. Elle espère devenir professeur de musique, mais y renonce après avoir rencontré Sherwood Anderson Diller, qui l'épouse en 1939[1]. Le couple s'établit en Californie en 1945, lorsque Sherwood Diller est transféré sur la base aéronavale d'Alameda. Après la guerre, il occupe différents emplois et connaît des périodes de chômage, tandis que son épouse élève leurs cinq enfants[2],[3]. Elle contribue aux besoins du ménage en écrivant une chronique dans un journal local, ainsi que des textes publicitaires pour un grand magasin, puis une station de radio d'Oakland. Elle est nommée directrice de la promotion et du marketing par la station KSFO de San Francisco[2].

Carrière d'humoriste[modifier | modifier le code]

Scène[modifier | modifier le code]

Douée pour « amuser la galerie », Phyllis Diller est encouragée par son mari à monter sur scène. Elle surmonte ses réticences, se lance dans l'écriture de numéros comiques et accepte toutes les opportunités de se produire en public[1]. Elle passe une audition dans un night-club de San Francisco, The Purple Onion (en), où elle débute sa carrière d'humoriste professionnelle en mars 1955, à l'âge de 37 ans. Elle construit petit à petit son personnage comique en modifiant son apparence physique. Son humour reposant sur l'autodénigrement, elle décide d'adopter une coiffure en « pétard » et une garde robe excentrique afin de s'enlaidir[2].

Phyllis Diller se produit au Purple Onion durant 89 semaines avant d'entreprendre sa première tournée[2],[3]. Elle donne son spectacle de stand-up dans tout le pays et se produit notamment dans de grands hôtels comme le Caesars Palace de Las Vegas et le Waldorf-Astoria de New York. À partir de 1958, apparaît à plusieurs reprises dans The Tonight Show, un talk-show de fin de soirée alors animé par Jack Paar[4]. Son premier album est enregistré en 1959[5]. En 1962, l'humoriste joue au Carnegie Hall un spectacle intitulé Just Phyllis Diller[6]. En 1970 à Broadway, elle fait partie des actrices qui se sont succédé pour interpréter le rôle de Dolly Levi dans la comédie musicale Hello, Dolly![5],[7]. À la fin de sa carrière, Diller est diminuée par un infarctus survenu en 1999. Elle donne son dernier spectacle de stand-up à Las Vegas en 2002 et prend sa retraite[1],[5].

Télévision[modifier | modifier le code]

En 1964, Phyllis Diller anime un télé-crochet intitulé Show Street. Elle tient le premier rôle dans la sitcom The Pruitts of Southampton (en), diffusée en 1966 et 1967 par le réseau ABC. En 1968, elle anime The Beautiful Phyllis Diller Show, une émission de variétés de NBC[2]. Au cours des années 1960 et 1970, elle est invitée dans de nombreuses émissions, dont The Ed Sullivan Show[8]. Elle tient un rôle récurrent dans le feuilleton Amour, Gloire et Beauté (The Bold and the Beautiful)[1]. Après avoir abandonné la scène, Diller pratique le doublage dans des séries télévisées d'animation, dont Les Griffin (Family Guy), La Famille Delajungle (The Wild Thornberrys) et Jimmy Neutron (The Adventures of Jimmy Neutron: Boy Genius)[8],[9].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Au cours de sa carrière, Diller apparaît dans une trentaine de films[10]. En 1961, elle interprète la tenancière de cabaret Texas Guinan dans La Fièvre dans le sang (Splendor in the Grass) d'Elia Kazan[9]. Durant les années 1960, elle joue notamment dans plusieurs longs métrages en compagnie de Bob Hope[7].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Sa formation classique lui permet de jouer avec plusieurs orchestres symphoniques sous le pseudonyme de Dame Illya Dillya. Elle interprète au piano des œuvres de compositeurs classiques comme Bach et Beethoven[4],[5]. Elle pratique également la peinture[7].

En 2004, Gregg Barson réalise le film documentaire Goodnight, We Love You qui retrace la carrière de Phyllis Diller et comporte l'enregistrement de son dernier spectacle, donné en 2002 à Las Vegas. Il est édité l'année suivante en DVD par Image Entertainment[9]. Diller écrit plusieurs ouvrages, dont son autobiographie, Like a Lampshade in a Whorehouse: My Life in Comedy, publiée en 2005[6].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Lors de ses premiers spectacles, Phyllis Diller chante et se livre à des imitations, notamment de Jeanette MacDonald, avant d'éliminer graduellement cet aspect et de se concentrer sur les monologues humoristiques[5],[11]. Son apparence évolue également. Elle se présente d'abord dans des vêtements chics, puis fait évoluer son costume de scène[11]. L'humoriste élabore petit à petit un personnage comique sans aucun charme en adoptant des vêtements grotesques, dont la coupe donne l'impression qu'ils abritent un corps aux proportions inhabituelles. Elle est également célèbre pour son rire rauque[3],[12]. Elle qualifie son personnage de « harpie » (harridan)[4]. Dans ses spectacles, elle prend les tâches ménagères et la vie de famille comme sujets et se moque du mari de son personnage, surnommé Fang[3],[9]. Celui-ci concentre les pires traits de caractères[13]. Diller pratique également l'autodénigrement[14]. L'humoriste bénéficie d'un bon sens du rythme (timing)[11]. Capable de placer jusqu'à douze blagues à la minute, elle est surnommée « Killer Diller » (Diller la tueuse)[3].

Héritage[modifier | modifier le code]

Phyllis Diller marche dans les pas de comédiennes de stand-up comme Jean Carroll (en), dont l'humour est inspiré par sa vie de famille, Belle Barth (en), connue pour son humour salace, ou encore Minnie Pearl. Diller est influencée par le comique Bob Hope, qui l'a encouragée au début de sa carrière. Sur scène, elle enchaîne rapidement les traits d'esprit, une approche agressive qui est à l'époque inédite pour une comique féminine. Phyllis Diller est considérée comme une figure importante ayant ouvert les portes à des humoristes comme Joan Rivers, Roseanne Barr et Kathy Griffin[1],[7].

Récompenses[modifier | modifier le code]

En 1967, Phyllis Diller est nommée aux Golden Globes dans la catégorie meilleure actrice dans une série télévisée pour son rôle dans la sitcom The Pruitts of Southampton (en)[15]. En 1992, un prix récompensant l'ensemble de sa carrière lui est décerné lors des American Comedy Awards[7]. Le « living legacy award » du Women's International Center (WIC) lui est remis en 2000. En 1993, une « étoile » est dédiée à l'humoriste sur le Walk of Fame d'Hollywood[8].

Vie privée[modifier | modifier le code]

L'humoriste est l'une des premières célébrités à parler ouvertement de ses opérations de chirurgie esthétique[12].

Sherwood et Phyllis Diller divorcent en 1965. L'humoriste se remarie avec l'acteur Warde Donovan. Après son 2nd divorce, Phyllis Diller vit en couple avec un avocat jusqu'à la mort de celui-ci en 1991[5]. Elle est victime d'un infarctus en 1999 et porte ensuite un stimulateur cardiaque[9].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Like a Lampshade in a Whorehouse : My Life in Comedy (en collaboration avec Richard Buskin), Penguin,‎ 2005, 266 p. (ISBN 9781585423965)
  • (en) The Joys of Aging--and How to Avoid Them : Can Sex Keep You Young? And Other Silly Questions, Garden City,‎ 1981, 167 p. (ISBN 9780385145558)
  • (en) The Complete Mother (ill. Iwao Takamoto), Garden City,‎ 1969, 121 p. (OCLC 30529)
  • (en) Phyllis Diller's Marriage Manual (ill. Susan Perl), Garden City,‎ 1967, 115 p. (OCLC 2648519)
  • (en) Phyllis Diller's Housekeeping Hints (ill. Susan Perl), Garden City,‎ 1966, 121 p. (OCLC 1663422)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Susan Horowitz, Queens of Comedy : Lucille Ball, Phyllis Diller, Carol Burnett, Joan Rivers, and the New Generation of Funny Women, Routledge,‎ 2012, 185 p. (ISBN 9781136642876, lire en ligne), p. 45-63

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) Richard Severo, Peter Keepnews, « Phyllis Diller, Sassy Comedian, Dies at 95 », The New York Times,‎ 20 août 2012
  2. a, b, c, d et e (en) Dennis McLellan, « Phyllis Diller dies at 95; outlandish comedian », Los Angeles Times,‎ 21 août 2012
  3. a, b, c, d et e (en) Liz Sonneborn, A to Z of American Women in the Performing Arts, Infobase Publishing,‎ 2002, 264 p. (ISBN 9781438107905, lire en ligne), p. 58-59
  4. a, b et c Susan Horowitz, p. 46
  5. a, b, c, d, e et f (en) Frank Cullen, Florence Hackman et Donald McNeilly, Vaudeville Old and New : An Encyclopedia of Variety Performances in America, vol. 1, Psychology Press,‎ 2004, 639 p. (ISBN 9780415938532, lire en ligne), p. 311-312
  6. a et b (en) Jane Stern, Michael Stern, « 'Like a Lampshade in a Whorehouse': Desperate Housewife », The New York Times,‎ 13 mars 2005
  7. a, b, c, d et e (en) « Anything for a Laugh », Las Vegas Review-Journal,‎ 9 novembre 2008
  8. a, b et c (en) Duane Byrge, « Legendary Comic Phyllis Diller Dies at 95 », The Hollywood Reporter,‎ 20 août 2012
  9. a, b, c, d et e (en) Susan King, « Diller can still pack a punch line », Los Angeles Times,‎ 22 décembre 2006
  10. « Décès de l'actrice et humoriste Phyllis Diller », Agence France-Presse,‎ 20 août 2012
  11. a, b et c Susan Horowitz, p. 47
  12. a et b Susan Horowitz, p. 48
  13. Susan Horowitz, p. 52
  14. Susan Horowitz, p. 51
  15. (en) « Comic Diller injured in bed fall », BBC News,‎ 22 avril 2005

Liens externes[modifier | modifier le code]

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