Phasmatodea

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Les Phasmatodea, les phasmoptères ou phasmes en français, sont un ordre d'insectes.

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Les phasmes sont des insectes herbivores, se trouvant ainsi en bas de la chaîne alimentaire (on observe exceptionnellement des cas de cannibalisme en captivité en raison de la promiscuité des enceintes d'élevage). Leurs principaux prédateurs sont des oiseaux, de petits mammifères (lémuriens, certains rongeurs…), des insectes (Mantes religieuses, fourmis, punaises…) et des araignées.

Pour survivre, ils se fondent dans leur environnement en imitant à la perfection des brindilles (avec toutes leurs particularités : taille, nœuds, cicatrices des feuilles), des feuilles mortes ou vertes, voire des lichens. On parle dans ce cas d'homotypie et d'homochromie (respectivement « même forme, même couleur ») et ce type de mimétisme est à l'origine de son nom vernaculaire : le « Bâton du Diable ». Ce camouflage est poussé jusque dans leur façon de se mouvoir, puisqu'ils se déplacent lentement, par à-coups, comme une branche ballottée par le vent. La plupart peuvent également rester parfaitement immobiles pendant des heures. Certaines espèces disposent en outre de moyens de défense, leurs glandes prothoraciques sécrétant alors diverses substances toxiques. Ceux-ci arborent parfois des couleurs aposématiques, ne se confondant pas dans l'environnement comme leurs cousins cités précédemment. Le phasme se nourrit de plantes diverses selon sa situation géographique. En élevage, il se nourrit régulièrement de ronces, de lierre, de chêne, de fougères, etc.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les phasmes pondent des œufs de manière régulière à partir du moment où ils sont au stade adulte. Les femelles pondent en moyenne 2 à 3 œufs par jour (fortement variable selon les espèces). La reproduction peut être sexuée, mais peut également se faire par parthénogenèse thélytoque, sans fécondation, ne donnant naissance qu'à des femelles. Ainsi, pour certaines espèces, aucun mâle n'a encore été trouvé, son inexistence étant possible. En élevage, la ponte se fait toute l'année.

Néanmoins, chez les phasmes, rien n’est simple et hormis la reproduction sexuée classique et la parthénogenèse thélytoque, l’étude du groupe Bacillus (Scali et al 2003[1]) a montré l’existence de 3 modes reproductifs supplémentaires que sont l’androgenèse (l’œuf ne contient que le génome mâle et on obtient des mâles et des femelles), la gynogenèse (pour ainsi dire quasiment l’inverse de l’androgenèse mais on n’obtient que des femelles) et l’hybridogenèse (mécanisme particulièrement complexe correspondant à des croisements naturels entre espèces proches).

Diagnose des phasmes[modifier | modifier le code]

Les phasmatodea constituent un groupe qui, en plus des caractères communs aux taxons de rang supérieur, regroupe les caractères communs suivants :

  • appareil buccal (mandibules) de type broyeur (herbivores), ce sont des phytophages ;
  • jonction tête-thorax très marquée, avec une grande capacité articulaire de circumduction ;
  • thorax divisé en trois parties (prothorax, mésothorax, métathorax) de manière distincte ;
  • abdomen divisé en 10 segments ;
  • jonction abdomen-thorax très peu mobile, chez certaines familles le premier segment abdominal est fusionné avec le métathorax ;
  • présence d'une furca sur la partie ventrale du thorax ;
  • 5 tarses, et 4 pour les Timemidae[réf. nécessaire] ;
  • pattes de type marcheuse, généralement longues et grêles, mais ce n'est pas un caractère général (contre-exemple du genre Eurycantha) ;
  • capacité d'autotomie (section réflexe d'une patte) et de régénération des membres au fil des mues durant les stades larvaires ;
  • présence d'un organe pré-operculaire sur le 7e segment abdominal ;
  • capacité de parthénogenèse (sauf quelques genres, par exemple Heteropteryx, Haaniella) ;
  • ponte régulière (les œufs sont pondus jour après jour tout le long de la vie adulte, et non pondus tous en groupe) ;
  • de manière générale, les phasmes sont un ordre d'insectes mimétiques, imitant la nature qui les environne. Ils peuvent ainsi ressembler à du lichen ou du bois (Eurycantha spp.), des brindilles de bois vert ou brun (Clonopsis gallica, Phobaeticus chani) ou des feuilles (Phyllium spp.) ;
  • ils ont un développement de type hétérométabole, et plus précisément paurométabole.

Répartition[modifier | modifier le code]

Ce taxon compte plusieurs milliers d'espèces (estimation de 2 500 à 3 000 espèces), son nom vernaculaire est « phasmes ». Environ trois cents espèces se trouvent actuellement en élevage (ou ont été élevées).

On trouve trois espèces sur le territoire français métropolitain, essentiellement dans la moitié sud du pays et le long du littoral atlantique :


La majorité des espèces présente une distribution tropicale et équatoriale (Asie, Amérique et Océanie). Ils sont plus rares en Afrique continentale.

On trouve notamment de nombreuses espèces dans les départements d'outre-mer, notamment en Guyane française. Phobaeticus chani, la plus longue des espèces de ce groupe, vit sur l'île de Bornéo, dans la région du Sabah.

Classification[modifier | modifier le code]

  • N.B. En l’état actuel des connaissances, la classification proposée ici semble susceptible de modifications ; il n'est pas encore possible de présenter une classification phylogénétique actualisée.

L’ordre des Phasmatodea compte 3 taxons sous-ordinaux, le détail des familles et sous-familles est donné ci-dessous :

1. Sous-ordre des Agathemerodea

2. Sous-ordre des Timematodea

3. Sous-ordre des Verophasmatodea

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Élevage[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Les phasmes sont de plus en plus fréquents en élevage, si bien que certains[réf. nécessaire] les apparentent à des NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie), au même titre que les autres animaux de terrariophilie (arachnides, reptiles, et amphibiens). L'Europe reste le principal foyer d'élevage, surtout dans le Nord (Allemagne, Belgique, Pays-Bas).

On peut trouver en élevage 300 espèces différentes environ, et ce chiffre est en augmentation, de par l'introduction progressive de nouvelles espèces par des spécialistes.

Beaucoup d'entre elles sont faciles d'élevage, séduisant chaque année de nouveaux amateurs.

Espèces présentes de manière courante en élevage[modifier | modifier le code]

On peut noter, parmi les espèces les plus courantes (il en manque beaucoup) :

Le P.S.G. (Phasmid Study Group)[modifier | modifier le code]

Le "Phasmid study group" regroupe environ 350 éleveurs amateurs et professionnels de la communauté de l'élevage de phasme à travers le monde. L'attribution d'un numéro "P.S.G.", permet de différencier les espèces non identifiées. ex. : Ramulus sp. 144.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. V. Scali, M. Passamonti, O. Marescalchi & B. Mantovani. (2003) - Linkage between sexual and asexual lineages : genome evolution in Bacillus stick insects - Biological Journal of Linnean Society. 79, 137-150.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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