Oxisol

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Oxisol

Un oxisol est un ordre de sol, selon la classification des sols du Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA Soil Taxonomy). Ce type de sol se trouve majoritairement comme sol de la forêt tropicale humide, entre 15-25 degrés nord et sud de l'équateur. Certains oxisols ont été classés précédemment comme sols latéritiques.

Eléments de définition[modifier | modifier le code]

Les oxisols sont définis comme contenant, à toutes profondeurs, moins de 10 % de minéraux météoritiques et une faible capacité d'échange cationique.

Les oxisols sont toujours de couleur rouge ou jaunâtre, due à leur forte teneur en fer(III) et en oxydes et hydroxydes d'aluminium. Ils contiennent également du quartz et de la kaolinite, plus de petites quantités d'alumine et de matière organique.

Dans la classification des sols de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO soil classification), les oxisols sont référencés comme ferralsols.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « oxisol » vient d'« oxide » (oxyde en français ou anglais) en référence à la prépondérance des oxydes de minéraux, telle la bauxite qui dominent dans sa composition.

Formation des oxisols[modifier | modifier le code]

Les principaux processus de formation conduisant à cet horizon caractéristique sont :

  1. la météorisation ;
  2. l'humidification ;
  3. la pédoturbation (bioturbation du sol due aux animaux).

Les scientifiques pensent, qu'à l'origine, l'épaisse végétation de la forêt humide tropicale devait fournir de riches nutriments, mais que les pluies souvent fortes et parfois très fréquentes en passant à travers la couche d'humus du sol s'acidifiaient et lessivaient les minéraux provenant des couches superficielles du sol.
Ceci forçe les plantes à trouver leurs nutriments dans la décomposition de l'humus, ce qui a rendu les oxisols infertiles par manque de matière organique et quasi-absence de minéraux solubles (lessivés par le climat très pluvieux et humide).

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

De nos jours, on trouve des oxisols exclusivement dans les régions tropicales d'Amérique du Sud et d'Afrique, presque toujours sur les cratons continentaux très stables. En Australie, de vastes régions anciennement recouvertes par de la forêt humide sont devenues si sèches que les oxisols ont formé une cuirasse très dure de minerai de fer (ironstone en anglais) et que seuls des lithosols peuvent se former.

Conséquences écopaysagères[modifier | modifier le code]

La forêt tropicale entretient une couche d'humus sur ce sol difficilement perméable. Une fois déforesté et la couche d'humus enlevée, ce sol devient très compact et dur sous le soleil. Détrempé par les pluies abondantes, il devient bourbeux et glissant, dû à sa forte composition d'argile.

Oxisols fossiles[modifier | modifier le code]

Ils sont connus depuis la première apparition d'oxygène libre (dioxygène) dans l'atmosphère terrestre il y a env. 2,2 milliards d'années.

Pendant les périodes chaudes, comme le mésozoïque et le paléocène, les oxisols s'étendirent jusque dans des régions connues actuellement pour avoir un climat assez froid, comme l'Amérique du Nord ou l'Europe. On pense que les oxisols ont été recouverts par la végétation plus tardivement que les ultisols ou que les alfisols, probablement parce que la végétation a mis plus longtemps à s'adapter à l'infertilité des oxisols.

Usages agricoles, agropastoraux ou agrosylvicoles[modifier | modifier le code]

Les oxisols sont souvent utilisés pour des cultures tropicales comme le cacao et le caoutchouc.

Du riz y est localement aussi cultivé.

La mise en culture permanente des oxisols dans les régions à faible revenu est très difficile en raison de leur faible capacité d'échange cationique et de leur trop grande capacité de fixation du phosphore sur les oxydes de fer et d'aluminium.

Toutefois, de nombreux oxisols peuvent être cultivés dans une large gamme de conditions d'humidité. Grâce à ça, des oxisols peuvent être exploitées intensivement pour l'agriculture dans certaines régions qui sont assez riches pour soutenir les pratiques agricoles modernes (y compris les ajouts réguliers de chaux et d'engrais). Un exemple récent est la culture moderne du soja au Brésil.

Classification[modifier | modifier le code]

Les oxisols sont divisés en sous-ordres suivant :

  • Aquox - oxisols avec des nappes d'eau à la ou près de la surface pendant la majeure partie de l'année
  • Perox - oxisols des climats humides permanents, où les précipitations mensuelles excèdent l'évapotranspiration
  • Torrox - oxisols des climats arides. Le climat actuel ne pouvant produire assez de météorisation pour créer des oxisols, les torrox sont tous des sols fossiles (paléosols) formés durant des périodes au climat beaucoup plus humide.

On les trouve principalement en Afrique du Sud.

  • Ustox - oxisols des climats semi-arides ou subhumides
  • Udox - oxisols des climats humides

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barros E, Curmi P, Hallaire V, Chauvel A, Lavelle P (2001) The role of macrofauna in the transformation and reversibility of soil structure of an oxisol in the process of forest to pasture conversion. Geoderma 100, 193-213
  • Buol, Hole & McCracken (1997). ‘Soil Genesis and Classification.’ 4ème édition (The Iowa State University Press, Ames, Iowa.)
  • « Oxisols », USDA-NRCS (consulté le 14 mai 2006)
  • « Oxisols », University of Florida (consulté le 14 mai 2006)
  • « Oxisols », University of Idaho (consulté le 14 mai 2006)


Voir aussi[modifier | modifier le code]