Opération Grand Saut

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Opération Grand Saut

Pendant la Seconde Guerre mondiale

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La cible : la conférence de Téhéran (1943).

Localisation Téhéran (Iran)
Planification Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Planifiée par Ernst Kaltenbrunner et Otto Skorzeny
Cible Conférence de Téhéran
Date Octobre-novembre 1943
Issue Opération éventée par le Contre-espionnage, annulée

L'Opération Grand Saut (allemand : Unternehmen Weitsprung) est un prétendu projet allemand de la 2e Guerre mondiale visant à assassiner simultanément Joseph Staline, Winston Churchill et Franklin Delano Roosevelt pendant la Conférence de Téhéran en 1943[1]. L'opération montée pour tuer les "Trois grands" leaders alliés en Iran devait être conduite par le SS Obersturmbannführer Otto Skorzeny de la Waffen SS. Cependant, des agents de l'Union soviétique découvrirent le complot dès le début et la mission ne fut pas lancée.

Controverse[modifier | modifier le code]

Le complot d'assassinat a été popularisé de nos jours par les médias soviétiques avec des ctitations dans des films et des nouvelles. Cependant, beaucoup d'historiens croient que ce complot n'a jamais existé et qu'il est, en fait, le résultat d'une campagne de désinformation soviétiques lancée en premier par le NKVD et plus tard par le KGB[2].

Version soviétique[modifier | modifier le code]

Début[modifier | modifier le code]

Selon les services de renseignement soviétiques, les Services de renseignement allemands découvrirent qu'une conférence importante allait se tenir à Téhéran à ma mi-octobre 1942, après avoir cassé un code secret de l'US Navy[3]. Sur la base de cette information, Adolf Hitler approuva un projet en vue de tuer les trois leaders alliès. Le contrôle opérationnel fut confié au SS Ernst Kaltenbrunner, chef de l'Office central de la sécurité du Reich, lequel choisit Otto Skorzeny pour diriger la mission. L'espion allemand Elyesa Bazna (nom de code "Ciceron"), à Ankara (Turquie) fut aussi incorporé dans l'operation.

Contre-espionnage[modifier | modifier le code]

Otto Skorzeny en 1943

Le NKVD prétendit avoir rapidement découvert le complot malgré le secret nazi. Il déclara que le premier indice vint de l'agent soviétique Nikolai Kuznetsov qui simulait être Paul Siebert, un Oberleutnant de la Wehrmacht en Ukraine (pays occupé par les nazis). Utilisant Von Ortel, un SS-Sturmbannführer connu pour devenir bavard sous l'emprise de l'alcool, l'agent soviétique l'enivra et apprit beaucoup sur l'opération[4].

Les soviétiques obtinrent plus d'information d'un de leur espion âgé de 19 ans, Gevork Vartanian qui avait recruté un petit nombre d'agents en Iran où, son père également espion, simulait être un riche négociant. En 1943, le groupe Vartanian localisa un commando avancé de six opérateurs radio parachutés près de Qom à 60 km de Téhéran. Les espions soviétiques suivirent les nazis dans la capitale iranienne jusqu'à une villa où était installé un réseau de l'Abwehr.

Depuis cette villa, les nazis envoyaient à Berlin, par radio, des rapports de renseignement. Ils ignoraient que leurs transmissions étaient enregistrées et décodées par les officiers du NKVD. Les décryptages révélaient qu'un second groupe d'opérationnels dirigé par Skorzeny serait largués sur l'Iran pour la tentative d'assassinat, à la mi-octobre. Les membres du groupe Vartanian connaissent déjà Skorzeny car ils l'ont suivi pendant la mission de reconnaissance personnelle qu'il a faite à Téhéran[3].

Annulation[modifier | modifier le code]

À l'approche du mois d'octobre, la mission fut annulée. Berlin est supposé avoir reçu un code secret de Téhéran indiquant que ses agents avaient découvert qu'ils étaient sous surveillance[4].

En 1984, Vartanian reçut la récompense pour son rôle dans la découverte de l'opération Grand Saut. Il reçut la médaille de l'étoile d'or de Héros de l'Union soviétique pour ses services pendant la 2e Guerre mondiale et la Guerre froide[3].

Incrédulité occidentale[modifier | modifier le code]

Quand Staline informa Churchill et Roosevelt du complot, quelques membres des délégations américaine et britannique doutèrent de son existence. De toute évidence, parce que les informations provenaient d'une source du renseignement soviétique. En Grande-Bretagne, le Comité Conjoint du Renseignement du Cabinet de Guerre, considérant le sujet après coup, à Londres, conclut que le soi-disant complot nazi contre les Trois Grands était une "baudruche dégonflée"[5].

Vérité historique[modifier | modifier le code]

Les études occidentales ont continué à douter de l'histoire soviétique.

  • Premièrement : le réseau d'espionnage nazi en Iran avait été détruit à la mi-1943, bien avant que Téhéran fut choisi comme lieu de la rencontre.
  • Deuxièmement : plus de 3 000 soldats des troupes de sécurité du NKVD ont gardé la ville pendant la conférence, sans incidents.
  • Troisièmement : tant Roosevelt que Churchill se déplacèrent à pied ou en jeep ouverte pendant les trois journées de leur séjour à Téhéran[2].

Plus tard, après la guerre, Otto Skorzeny déclara qu'il n'y eut jamais une opération de commando. De mémoire, il se rappela un entretien avec Hitler et Walter Schellenberg de la branche "renseignements" du Sicherheitsdienst. L'assassinat de Churchill fut débattu mais Skorzeny déclara avoir dit au Fürher que l'idée était irréalisable et qu'Hitler fut d'accord avec lui. Skorzeny écrivit "le Grand Saut a réellement existé dans l'imagination d'un petit groupe d'amateurs de fiction [...]". Il s'en prit également aux sources russes qui se référaient continuellement au Sturmbannführer Paul von Oertel dont Skorzeny dit simplement qu'il n'avait jamais existé[6].

Cependant, pour les Russes l'histoire demeure un grand sujet d'intérêt. En 2003, l'écrivain russe Youri Kusnez tint une conférence de presse au Ministère du Renseignement étranger à Moscou pour promouvoir son Téhéran-43[7] En 2007, une firme russe de télévision fit la promotion d'un documentaire avec le titre "Le Lion et l'Ours". Elle mit en scène le Grand Saut et le fit présenter par la petite-fille de Churchill Celia Sandys[8].

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

L"'Opération Grand Saut" sert de prétexte -sous le nom d"Opération Triple Saut"- pour le "roman dans la deuxième guerre mondiale" écrit par Philip Kerr qu'est " La paix des dupes" Paris 2005, suite de la "trilogie berlinoise".

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Nikolai Dolgopolov, « How "The Lion And The Bear" Were Saved », Rossiiskaya Gazeta,‎ November 29, 2007
  2. a et b (en) Donal O'Sullivan, Dealing with the Devil, New York,‎ 2010, 203-204 p.
  3. a, b et c (en) « Tehran-43: Wrecking the plan to kill Stalin, Roosevelt and Churchill », RIA Novosti,‎ October 16, 2007
  4. a et b (en) Laslo Havas, Hitler's Plot to Kill the Big Three, Cowles Book Co,‎ 1967, p. 164
  5. (en) Keith Eubank, Summit at Teheran, William Morrow publishing,‎ 1985, 161–197 p.
  6. (en) Otto Skorzeny, Meine Kommandounternehmen, Winkelried, Dresden,‎ 2007, 190-192 p. (ISBN 978-3-938392-11-9)
  7. Юрий Львович Кузнец: Тегеран-43 : Крах операции "Длин. прыжок. ЭКСМО, Moskau 2003, ISBN 5-8153-0146-9
  8. Dolgopolov, Nikolai. Triple jeopardy: the Nazi plan to kill WWII leaders in Tehran. RIA Nowosti vom 4. Januar 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]