Moustapha Tlass

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Moustafa Tlas

Moustafa Tlas ou Mustafa Tlass (en arabe : مصطفى طلاس) est un ancien homme politique et militaire syrien né en 1932 à al-Rasten près de la ville historique de Homs.

Il est le père de Nahed Ojjeh, veuve du marchand d'armes saoudien Akram Ojjeh. Tlas a deux fils : Firas et Manaf Tlas[1] et une autre fille : Sarya Tlas.

Carrière militaire et politique[modifier | modifier le code]

Tlas adhère au parti Ba'ath en 1947. Il rentre à l'école militaire en 1952 et y rencontre Hafez el-Assad dont il devient proche. Les deux hommes sont stationnés au Caire entre 1958 et 1961 pendant la période de la république arabe unie (union entre la Syrie et l'Égypte)[2]. Tous les deux sont panarabistes mais aussi nationalistes et souhaitent la rupture de la RAU. Tlas gravit les échelons de la hiérarchie militaire dans le sillage d'el-Assad. El-Assad le nomme chef d'État-major en 1968 après la débâcle de la guerre des Six Jours. Le dernier coup d'État d'el-Assad en 1970 lui donne les pleins pouvoirs. En 1972, Tlas est nommé ministre de la Défense.

Contrairement à la plupart des personnes nommées par Hafez el-Assad dans l'appareil militaire, Tlas n'est pas musulman alaouite, mais sunnite.

Dans les années 1970, Moustafa Tlas modernise et équipe l'armée syrienne avec l'aide de l'Union des républiques socialistes soviétiques[2]. Moustafa Tlas est responsable du massacre de Hama en 1982 et de la brutale répression des Frères musulmans insurgés, qui fait de 20 à 40 000 morts. Lors du coup d'État de Rifaat el-Assad en 1984, Tlas soutient Hafez el-Assad et devient encore plus puissant. Il dirige alors l'armée et les services de sécurité.

Peu impliqué dans les affaires politiques puisque Hafez el-Assad dirige tout, Tlas s'implique dans les cercles mondains et culturels damascènes[2].

Son influence ne faiblit pas après la mort d'Hafez el-Assad en 2000 et son remplacement à la tête de l'État par Bachar el-Assad. En mai 2002, Bachar intervient pour retarder la mise à la retraite de Tlas de son poste de ministre de la Défense de deux ans. Après cette échéance, Tlas laisse le ministère de la défense à Hassan Turkmani mais conserve le poste de vice-premier ministre et reste l'une des principales personnalités politiques du pays.

Bachar el-Assad qui souhaite moderniser un peu le régime et discuter avec Israël doit composer avec Tlas qui est le premier représentant de la « vieille garde.» En 2004 il quitte le parti Ba'ath et toutes ses responsabilités gouvernementales. Son fils Manaf Tlas est toutefois en bon terme avec Bachar el-Assad[2] avant de faire défection à l'été 2012 pendant la guerre civile syrienne[1].

Le 18 mars 2012, une association d'aide au peuple syrien profite qu'il soit en France pour porter plainte contre lui, afin de le juger pour crimes de guerre dont le massacre de Hama[3].

Publications[modifier | modifier le code]

En 1986, sa soutenance de thèse en Sorbonne est annulée par l'exhumation par la presse d'un important brûlot antisémite signé de lui. En 1999, alors que Moustafa Tlass travaille cette fois sur « l'isthme syrien », Boutros Boutros-Ghali et André Bourgey démissionnent de son jury après qu'il décrit Yasser Arafat, chef de l'OLP et ennemi de la Syrie, comme un « fils de 60 000 putains »[4],[2].

Sa maison d'édition édite la 8e édition du Protocoles des sages de Sion.

Il a écrit plus de 40 livres dont l'Azyme de Sion, accusé d'être un concentré d'idéologie antisémite[5] reprenant les accusations de crime rituel contre les Juifs et analysant l'affaire de Damas de 1840 qui avait donné lieu aux mêmes accusations.

Il est aussi l'auteur de poèmes sur Jeane Manson et Gina Lollobrigida[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Zénobie Reine De Palmyre
  • Le Pasteur De Jérusalem Hilarion Capucci
  • L'Azyme de Sion
  • Cantiques

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Syrie : un proche d'Assad fait défection », Reuters,‎ 5 juillet 2012.
  2. a, b, c, d et e (en) Lt. Gen. Mustafa Tlass, Middle East Intelligence Bulletin, 1er juillet 2000.
  3. Paris : plainte contre un ex-ministre syrien, Le Figaro, 18 mars 2012.
  4. a et b Ariane Chemin, « Les dîners de madame Ojjeh », Le Monde, 3 octobre 2006.
  5. Disponibilité croissante de la littérature antisémite