Nahed Ojjeh

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Nahed Ojjeh, née le 6 novembre 1959 à Alep (Syrie), est une femme d'affaires, milliardaire et mécène de nationalité syrienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la fille de l'ancien ministre de la Défense syrien Moustafa Tlas. La famille Tlas est une riche famille sunnite syrienne[1].

En 1978, à 18 ans, elle épouse le marchand d'armes saoudien Akram Ojjeh qui en a alors 60. Le couple aura un fils, Akram Ojjeh Jr. Elle devient ainsi la belle-mère de Mansour Ojjeh, copropriétaire de l'écurie de Formule 1 McLaren et du groupe TAG.

Nahed Ojjeh est titulaire d'un doctorat en sciences politiques de l'université Paris Descartes et s'est installée en France en 1979. Ancienne locataire de l'hôtel particulier de Marie-Laure de Noailles.

Une femme d'influence[modifier | modifier le code]

Nahed Ojjeh tient salon à Paris et reçoit le Tout-Paris de la politique et des affaires[2],[3]. En 2003, le ministre des affaires étrangères français Dominique de Villepin y a fêté son cinquantième anniversaire sur une nappe spécialement imprimée de maximes napoléoniennes[2]. Elle entretient une liaison de 4 ans avec le patron de presse Franz-Olivier Giesbert[1].

En 2001, elle reprend le prestigieux club d'échecs Caïssa[4], qu'elle rebaptise NAO Chess Club (pour « Nahed Ojjeh Chess Club »), dont fait partie Dominique Strauss-Kahn[1]. Elle le dote d'un budget de 500 000 euros. En septembre 2006, elle abandonne cette activité après quatre Coupes de France et deux victoires remportées au prestigieux championnat d'Europe.

Elle est également présidente-fondatrice et animatrice de l'Université euro-arabe et membre correspondante de l'Académie des beaux-arts.

Nahed Ojjeh a présidé la Fondation Tlass. Sous sa présidence, la Fondation Tlass « aide » Roland Dumas, alors candidat aux élections législatives de 1988 dans sa circonscription de Dordogne, et offre de financer un scanner pour l'hôpital de Sarlat. L'affaire, ébruitée par la presse, avorte et Nahed Ojjeh doit « couvrir » le ministre. Le 8 juin 1998, accompagnée de son avocat, Me Pierre Benoliel, elle rencontre les juges d'instruction de l'affaire Elf : Eva Joly et Laurence Vichnievsky, qui enquêtent sur des versements en espèces sur les comptes bancaires de Roland Dumas. Sur procès-verbal, Nahed Ojjeh a expliqué l'affaire du scanner et a raconté comment le ministre lui a « emprunté » divers objets d'art de son hôtel particulier[3]. Selon Pierre Haski, elle a été la maîtresse de Roland Dumas[5].

Avec la guerre civile syrienne, son père s'exile, puis Manaf Tlass, son frère, déserte de l'armée syrienne où il était général et se réfugie. Nahed Ojjeh aurait participé à son voyage de Syrie à Paris[1].

Une femme d'affaires[modifier | modifier le code]

En juillet 2003, elle rachète en Bourse 11 % du capital du groupe britannique de publicité Cordiant. Elle serait une importante actionnaire du groupe Publicis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Nahed Ojjeh, fille de général, sœur de défecteur, veuve de marchand d'armes, Syrienne... », L'Orient-Le Jour,‎ 12 juillet 2012
  2. a et b Ariane Chemin, « Les Dîners de madame Ojjeh », Le Monde, 3 octobre 2006.
  3. a et b Ariane Chemin, « L'“attachée de presse” de la Syrie », ibid.
  4. Pierre Barthélémy, « Une milliardaire syrienne veut faire d'un club parisien la “dream team” des échecs », Le Monde, 31 janvier 2002.
  5. « Pourquoi les journalistes ne parlaient pas de la vie privée de DSK », Rue89, 16 mai 2011.