Mosaïque d'Alexandre

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Mosaïque de la bataille d'Issos, maison du Faune (it) à Pompéi, Musée archéologique national de Naples
Détail sur Alexandre le Grand
Détail de la mosaïque. Le reflet du visage du soldat perse est visible dans son bouclier.

La Mosaïque d'Alexandre se trouvait dans la maison du Faune, à Pompéi en Italie, et date approximativement du IIe siècle av. J.-C. C'est une composition de 5,12 m sur 2,71 m en opus vermiculatum, déposée et désormais transférée au Musée archéologique national de Naples en Italie.

Cette mosaïque serait une copie d'un tableau réalisé à la fin du IVe siècle av. J.-C. par Philoxénos d'Érétrie[1] pour le compte du diadoque Cassandre. Elle représente la bataille d'Issos qui opposa en 333 av. J.-C. les troupes d'Alexandre le Grand à l'armée perse de Darius III.

Sur cette scène, se détachent les deux principaux protagonistes que l'on identifie facilement : Alexandre le Grand, nu-tête, chevauchant son cheval Bucéphale et Darius III sur son char, coiffé de la mitra, coiffure perse traditionnelle.

Alexandre le Grand porte sur sa cuirasse la tête du personnage mythologique de Méduse. Les Perses ont l'air affolés : c'est la tête de Méduse qui met en déroute l'armée de Darius.

La composition relativement simple de la scène — avec les deux têtes qui se détachent de la mêlée — s'oppose à l'abondance des personnages, et met surtout l'accent sur l'aspect tragique de l'épisode. Darius est comme écartelé entre les mouvements divergents de son char et ceux des lances qui conduisent le regard du spectateur vers Alexandre.

Trois aspects techniques principaux peuvent être retenus :

  • La succession des plans et la profondeur avec la superposition des soldats, la présence d'armes disséminées au sol au premier plan, un arbre à l'arrière-plan et le cheval dans une position transversale à la scène.
  • Le travail sur la lumière est très cohérent, avec de forts jeux d'ombres et de lumière, grâce à l'utilisation des dégradés qui permet un effet de modelé inédit jusque là.
  • Un réalisme saisissant des équipements militaires et surtout des expressions du visage, caractéristique de l'art hellénistique.

D'après Paolo Moreno, la peinture d'après laquelle la mosaïque a été réalisée serait du célèbre Apelle et représenterait une autre bataille majeure, celle de Gaugamèles (331 av. J.-C.), à laquelle il pourrait avoir assisté. Une silhouette représentant Hadès et proche de celle de Darius est ébauchée dans une fresque de Philoxénos d'Érétrie(Hadès enlevant Perséphone, Vergina, Grand Tumulus, tombe de Perséphone). Il s'agit plutôt d'une posture connue d'un aurige dans une scène de bataille qui ne concerne pas la bataille[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mary Beard, Pompéi. La vie d'une cité romaine, Éditions du Seuil, 2012, p. 190
  2. Moreno, op. cit., p.87-88.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Roland Martin, L'art Grec, Paris, Livre de Poche, Pochothèque, 1994 (ISBN 2-253-06573-0)
  • Paolo Moreno, La Bataille d'Alexandre, Skira/Seuil, Paris, 2001.

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