Marche du Nord

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La Marche du Nord vers l’an 1000

La Marche du Nord (en allemand Nordmark) a été créée en 965, suite à la division de la Marca Geronis (« la Marche de Gero ») en plusieurs parties.

À l’origine, la Marche du Nord correspondait au tiers septentrional de la Marca Geronis (ce qui correspond à l’actuel Brandebourg), un territoire conquis sur les Wendes. En 983, une révolte slave a fait perdre le contrôle de cette région aux Allemands jusqu’à la création de la Marche de Brandebourg par Albert l’Ours au XIIe siècle.

Le peuplement slave[modifier | modifier le code]

Les plateaux de Barnim et Teltow vers 1250.

La Marche du Nord a été fondée sur un territoire qui était désigné dans l’Antiquité par Magna Germania et qui s’étendait jusqu’à la Vistule. Pendant les Grandes invasions, de nombreux peuples germaniques migrent vers l’ouest et sont remplacés par des peuples slaves. Les premiers Slaves se sont installés dans le Brandebourg vers 720, suite à l’arrivée des Avars en Europe. Ces Slaves sont venus via la Moravie où ils sont arrivés à la moitié du VIIe siècle. Ces groupes slaves ont absorbé les Semnons qui étaient encore présents dans la région.

Les Slaves qui s’étaient établis près des rives de la Spree étaient connus sous le nom de Sprevane. Ils se sont installés à l’est de la ligne formée par les rivières Havel et Nuthe, dans les actuelles régions de Barnim et de Teltow. Ils ont érigé leur principale place forte au point de confluence entre la Dahme et la Spree, à Köpenick. Les Hevelli (ou Stodoranie) vivaient à l’ouest de cette ligne, dans les actuelles régions de Havelland et de Zauche. Ils ont construit leur principale place forte à Brenna (aujourd’hui Brandebourg). Ils avaient aussi un important avant-poste sur le site de l’actuelle citadelle de Spandau à Berlin. Les Sprevane et les Hevelli étaient en guerre en permanence avec leurs voisins germains et slaves.

Après sa victoire sur les Saxons au début du IXe siècle, Charlemagne a offert aux tribus slaves qui étaient alliées avec lui les territoires saxons qui se trouvaient entre l’Elbe et la mer Baltique. La paix est revenue dans la région. Les diocèses de Brandebourg et d’Havelberg ont été fondés vers 940 et la christianisation des Slaves païens a commencé.

La Marche du Nord[modifier | modifier le code]

Henri Ier de Germanie a conquis le Brandebourg en 928-929 et soumis les tribus jusqu’à l’Oder. Vers 948, son fils Othon Ier a pris le contrôle des autres territoires païens occupés par les Wendes. Des margraves se sont installés et ont pris le contrôle des implantations slaves comme Brenna, Bautzen ou Cottbus. La principale fonction du margrave étaient de protéger et de défendre les marches de la Germanie. Après la mort du margrave Gero en 965, sa marche (Marca Geronis) fut divisée en 5 parties : la Marche du Nord, la Marche de l’Est saxonne, la Marche de Misnie, la Marche de Zeitz et la Marche de Mersebourg. Dietrich d’Haldensleben (ou Théodoric d’Haldensleben) est devenu le margrave de la Marche du Nord.

La révolte slave[modifier | modifier le code]

Les tribus slaves se sont alliées et révoltées en 983, reprenant le contrôle de la région. Dietrich d’Haldensleben a dû s’enfuir. L’expansion allemande en direction de la Marche du Nord s'est arrêtée jusqu’à la moitié du XIe siècle. À l’est de l’Elbe, les Wendes resteront encore indépendants environ 150 ans.

La Marche de Brandebourg[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marche de Brandebourg.

Au début du XIIe siècle, les rois germaniques ont cherché à reprendre les territoires situés à l’est du Saint Empire. Suite à la croisade de 1147 contre les Wendes, Albert l’Ours a récupéré la Marche du Nord. La plupart des Slaves ont été assimilés (germanisation) mais certains groupes slaves ont survécu dans la région jusqu’à aujourd’hui, comme les Serbes blancs de Lusace. La région a été christianisée. La ville de Brandebourg a donné son nom à la marche. En 1150, Albert l’Ours a hérité officiellement du Brandebourg après la mort de son dernier souverain slave Pribislav.

Liste des margraves de la Marche du Nord[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Timothy Reuter, Germany in the Early Middle Ages 800–1056. New York: Longman, 1991.
  • James Westfall Thompson, Feudal Germany, Volume II. New York: Frederick Ungar Publishing Co., 1928.

Sources[modifier | modifier le code]