Maladie mitochondriale

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Les maladies mitochondriales ou mitochondropathies regroupent un ensemble disparate de maladies en rapport avec un trouble de chaîne respiratoire mitochondriale. Ce trouble est secondaire à une mutation de l'ADN nucléaire ou mitochondrial.

Certaines maladies plus générales comportent des mutations de l'ADN mitochondrial, même si le rôle exact de ces dernières n'est pas connu : c'est le cas en particulier de la maladie de Parkinson et de la maladie d'Alzheimer. D'autres maladies comportent probablement une participation mitochondriale dont la cause reste hypothétique. C'est le cas ainsi de certaines cardiomyopathies[1], de la maladie de Huntington[2] ou des obésités avec résistance à l'insuline[3]. On ne parle pas alors de « maladie mitochondriale », ce terme étant réservé aux maladies purement génétiques.

Mécanisme[modifier | modifier le code]

Les mitochondries sont des structures intra-cellulaires responsables de la production énergétique de celles-ci. Elles possèdent leur propre ADN. Elles sont toujours issues de la mère, le gamète mâle n'apportant en principe que de l'ADN nucléaire. La transmission des maladies mitochondriales ne se fait donc que de mère à enfants.

L'implication des mitochondries dans la chaine de production énergétique explique une atteinte préférentielle des organes dépendant fortement de cette dernière : neurones, muscles...

Plus de 1000 gènes interviennent dans le fonctionnement mitochondrial[4]. A la date de 2012, des mutations causales de maladie mitochondriale ont été décrites chez l'être humain sur plus de 200 gènes nucléaires et 13 gènes mitochondriaux[5].

Description[modifier | modifier le code]

Certaines maladies mitochondriales n'atteignent qu'un organe (comme l'œil dans la neuropathie optique héréditaire de Leber), mais la plupart impliquent de nombreux organes avec des signes neurologiques et musculaires souvent au premier plan.

Les manifestations de ces maladies surviennent à n'importe quel âge. D'une façon générale, les mutations de l'ADN nucléaire se manifestent plus tôt que les mutations de l'ADN mitochondrial.

Cependant, la très grande variabilité des manifestations cliniques ne permet pas toujours de poser un diagnostic précis. Les signes les plus fréquents d'une mitochondropathie sont un ptosis, une ophtalmoplégie externe, une myopathie ou une fatigabilité musculaire excessive, une cardiomyopathie, une diminution de la vision et de l'audition, une atrophie optique, une rétinite pigmentaire ou un diabète.
Les signes neurologiques les plus fréquents sont l'encéphalopathie, l'épilepsie, la démence, l'ataxie et des troubles spastiques.

Manifestations des mitochondropathies[modifier | modifier le code]

MANIFESTATIONS DES MITOCHONDROPATHIES
Nom Manifestations principales Manifestations secondaires
Ophtalmoplégie externe progressive Ophtalmoplègie externe
Ptosis bilatéral
Myopathie moyenne
Syndrome de Kearns-Sayre Ophtalmoplégie externe progressive avant 20 ans
Rétinite pigmentaire
Protéinorachie à 1 grammes par litre
Ataxie
Trouble de la conduction cardiaque
Surdité bilatétale
Myopathie
Dysphagie
Diabète
Hypothyroïdie
Démence
Syndrome de Pearson Anémie sidéroplastique
Pancytopénie
Insufissance exocrine du pancréas
Insuffisance rénale
Syndrome de Leigh
Syndrome NARP Neuropathie périphérique dans l'adolescence
Ataxie
Rétinite pigmentaire
Syndrome MELAS
Syndrome MERRF
Neuropathie optique de Leber
Myopathie infantile avec acidose

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hoppel CL, Tandler B, Fujioka H, Riva A, Dynamic organization of mitochondria in human heart and in myocardial disease, Int J Biochem Cell Biol, 2009;41:1949-1956
  2. Mochel F, Haller RG, Energy deficit in Huntington disease: why it matters, J Clin Invest, 2011;121:493-499
  3. Sleigh A, Raymond-Barker P, Thackray K et al. Mitochondrial dysfunction in patients with primary congenital insulin resistance, J Clin Invest, 2011;121:2457-2461
  4. Pagliarini DJ, Calvo SE, Chang B et al. A mitochondrial protein compendium elucidates complex I disease biology, Cell, 2008;134:112-123
  5. Koopman WJH, Willems PH, Smeitink JA, Monogenic mitochondrial disorders, N Engl J Med, 2012;366:1132-1141


Liens externes[modifier | modifier le code]