Lucien Bazor

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Lucien Bazor en 1923
L'aile, différent de Bazor sur les pièces de monnaie.

Lucien Georges Bazor est un graveur français de monnaies et médailles, né en 1889 à Paris et mort en 1974.

Formé d'abord par son père, Albert Bazor, graveur, il est l'élève de Patey à l'École nationale supérieure des beaux-arts.

Il reçoit le grand prix de Rome en gravure de médailles en 1923.

En 1930, il succède à Jules Patey au poste de Graveur général des monnaies, qu'il occupe jusqu'en 1958[1].

Production monétaire[modifier | modifier le code]

Lucien Bazor est connu en particulier pour avoir gravé une pièce de 5 francs en 1933, surnommée « Bedoucette » (du nom du ministre des Finances de l'époque, Albert Bedouce), mais dite « Bazor » aujourd'hui. Cette pièce fut massivement rejetée par les Français et fut remplacée rapidement par la 5 francs Type Lavrillier.

Jusqu'en 1889, les pièces de 5 francs étaient en argent, au module de 37 mm, dans la lignée du franc Germinal institué par Napoléon en 1803. En 1898, une émission de 5 franc argent du Type semeuse avait avorté à cause de l'instabilité monétaire, puis la grande crise due à la guerre de 1914 et la crise de 1929 avait amené, de dévaluation en dévaluation, à la refonte complète du système monétaire français.

Le franc Poincaré est créé en 1928 et ses premières expressions monétaires sont les 10 et 20 francs Type Turin en argent bas titre. En 1933, la 5 francs Bazor est émise, mais cette pièce est en nickel et d'un petit module de 23,7 nm. La population n'accepte pas cette nouveauté trop brusque et plus de la moitié des 100 millions de pièces frappées ne sont même pas mises en circulation. Elle est démonétisée et retirée six mois plus tard, le numismate Victor Gadoury estime qu'il ne reste aujourd'hui que 100 à 150 milles exemplaires disponibles[2].

Lucien Bazor grave aussi la pièce de 100 francs or en 1935 et 1937, d'un poids de 6,55 gr et au module du Napoléon de 20 francs. Frappée à environ 14 millions d'exemplaires, elle n'est pas mise en circulation et refondue ; très peu d'exemplaires ont réchappé et cette monnaie est extrêmement rare.

Il a également gravé des pièces pour le régime de Vichy : 1 franc 1942 et 1943-1944 et 2 francs 1943-1944 à la Francisque et le 5 francs Pétain.

Bazor a aussi créé les pièces coloniales françaises suivantes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catalogue général illustré des éditions de la Monnaie de Paris, sans date (1985)
  2. Victor Gadoury, Monnaies française, catalogue, édition 1983.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]