Louise-Anne de Bourbon-Condé

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Mademoiselle de Charolais. Portrait par Alexandre-François Caminade.

Louise Anne de Bourbon, dite Mlle de Sens ou plus souvent Mlle de Charolais, est née à Versailles le 23 juin 1695 et morte à l'Hôtel de Rothelin-Charolais à Paris le 8 avril 1758.

Fille de Louis III de Bourbon-Condé et de Louise Françoise de Bourbon (1673-1743), dite Mlle de Nantes, Louise-Anne de Bourbon-Condé resta célibataire, préférant mener une vie libre, et même passablement dissolue. En l'absence de fille du duc d'Orléans, elle porta le titre de « Mademoiselle » jusqu'en 1726, puis le perdit et le reprit en 1728 à la mort de Louise Marie d'Orléans.

Parmi ses nombreux amants, elle fut la maîtresse du duc de Richelieu[1] dans la période suivant la conspiration de Cellamare, dans laquelle le duc avait été impliqué, tout comme sa tante la duchesse du Maine. Elle aimait à recevoir ses amants nue, sous un vêtement de moine cordelier, habit qu'elle pouvait ôter plus rapidement qu'une robe de cour. Elle inspira à Voltaire, ami du duc de Richelieu, ces vers :

Frère ange de Charolois
Dis nous par quelle aventure
Le cordon de Saint François
Sert à Vénus de ceinture

Peu soucieuse du scandale[2], mais désireuse de jouer un rôle politique, elle détourna son cousin Louis XV de ses devoirs conjugaux et chercha à le pourvoir en maîtresses [3], si bien que le comte d'Argenson l'appela « la maquerelle royale ».

En 1740, elle vendit la terre de Vallery où tous les Condé avaient été inhumés.

Elle possédait le château d'Athis à Athis-Mons (actuel département de l'Essonne) qu'elle acheta le 6 février 1743 à Suzanne-Andrée de La Brousse, sœur de Thibaud-Étienne de La Brousse et, depuis 1735, l'hôtel de Rothelin-Charolais, rue de Grenelle à Paris.

Elle mourut en 1758. Elle fut inhumée au couvent des carmélites du Faubourg Saint-Jacques.

Ascendance[modifier | modifier le code]


Iconographie[modifier | modifier le code]

Portrait en bure de franciscain (vers 1730), par Jean-Marc Nattier.

Portrait musical[modifier | modifier le code]

  • François Couperin, la Charoloise (I, 2ième Ordre) et la Princesse de Sens (II, 9ième Ordre, tendrement)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gaston Duchesne, Mademoiselle de Charolais, Procureuse du Roi. D'après des notes d'archives et les Mémoires de l'époque, Paris, H. Daragon, 1909.
  • Jacques Levron et Élisabeth Talandier, Mademoiselle de Charolais : la scandaleuse petite-fille de Louis XIV, Paris, Perrin, 2003.

Notes[modifier | modifier le code]

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  1. Le duc de Richelieu avait dû se battre deux fois en duel pour attirer son regard. Les deux amants se rencontraient à la porte des Cordeliers. La princesse Palatine rapporte « le duc de Richelieu a fait peindre toutes ses maîtresses revêtues des costumes de divers ordres religieux. Mlle de Charolais est peinte en récolette et on la dit parfaitement ressemblante » (cité par Jeffares, 2004, p. 15)
  2. Mathieu Marin, Saint-Simon, Barbier, le duc de Luynes nous décrivent ses aventures
  3. « afin de l'empêcher [disait-elle] de vivre plus longtemps en bourgeois »