Vallery

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Vallery
L'église.
L'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Yonne
Arrondissement Sens
Canton Chéroy
Intercommunalité Communauté de communes du Gâtinais en Bourgogne
Maire
Mandat
Annie Serdin
2008-2014
Code postal 89150
Code commune 89428
Démographie
Population
municipale
562 hab. (2011)
Densité 45 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 14′ 30″ N 3° 02′ 52″ E / 48.2417, 3.0478 ()48° 14′ 30″ Nord 3° 02′ 52″ Est / 48.2417, 3.0478 ()  
Altitude Min. 109 m – Max. 164 m
Superficie 12,43 km2
Localisation

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Vallery est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne.

Géographie générale[modifier | modifier le code]

Vallery, commune d'environ 500 habitants, est située au nord-ouest du département de l'Yonne, dans le Gâtinais et la vallée de l'Orvanne, rivière qui prend sa source non loin de Saint-Valérien. Son altitude est comprise entre 120 mètres et 160 mètres. Elle est entourée des communes de Chéroy, Dollot, Lixy, Villethierry en Bourgogne et Blennes en Île-de-France[1].

Le bourg jouit de la proximité des villes de Sens et Montereau-Fault-Yonne. Le fait que Vallery soit à seulement 100 kilomètres de Paris, permet au village d'accueillir des personnes travaillant en région parisienne; on assista donc dans les années 1970-1980 à une légère augmentation de la population de Vallery, atteignant à ce jour près d'un demi-millier d'habitants[2]. Les habitants de Vallery sont les vallériais.

Organisation de l'espace à Vallery[modifier | modifier le code]

Le bourg est édifié sur les rives de l'Orvanne.

La commune dispose de hameaux, tel est le cas de la Justice, à mi-chemin entre Chéroy (le chef-lieu de canton) et le village de Vallery. Les Servantières, Bichot, La Margottière, Le Bois-Blanchon, Bapaume et la ferme de la Fosse sont les autres lieux-dits de la commune, ils n'excèdent pas, exception faite de La Justice, une vingtaine de résidents.

Vallery est une commune avant tout rurale : les champs de blés, de tournesols ou de maïs constituent l'essentiel de la superficie du village. Les bois et sous-bois diversifiés occupent une place moins importante, mais toutefois notable dans la superficie totale de la commune. La présence du "Bois des Vallées" et du "Bois de la Fontaine" en est un exemple concret.

Hormis le secteur primaire avec l'agriculture, le secteur secondaire a fait son apparition à Vallery. En effet, dans le sud du village, on peut noter la présence de la zone d'activité de La Vieille Vigne et de quelques entrepôts industriels.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Vallery est inclus au XIIesiècle dans les domaines des vicomtes de Sens régentant alors 42 villages[3]. Il est hautement probable que Vallery ait été le siège de leur puissance. Bien entendu, les vicomtes se sont gardés de faire peser sur leur terre de Vallery tout signe de dépendance, ce qui a contrario rend la lisibilité de la situation locale difficile. En conséquence, le vicomte Salo (+1165), son fils Garin (+1168) et sa fille Ermensent n'apparaissent pas à Vallery.[4]

Ermensent est la dernière vicomtesse de Sens. Peu après 1202, son héritage est divisé entre ses descendants issus de ses deux mariages : le premier avec le Champenois Laurent de Vendeuvre ; le second contracté avant 1175 avec Galeran, qui tiendra du chef de son épouse la vicomté de 1175 à 1180[5]. C'est ainsi que son fils Bouchard de Vendeuvre, décédé entre 1208 et 1213, reçoit le lot de 17 villages centré sur Vallery.[6]

Alors que leur père Bouchard de Vendeuvre était resté très engagé en Champagne, ses deux fils Jean et Hugues font le choix de s'installer à Vallery dont ils prendront le nom de la terre. Ce changement de patronyme a fourvoyé les recherches jusque vers 1980. Le lignage de Vallery est donc champenois. Il poursuivra d'ailleurs cet ancrage lors des mariages (de Pougy) et des carrières religieuses (abbaye Notre-Dame-aux-Nonnains de Troyes).

Jean de Vallery est seigneur de Vallery à partir de 1219. En 1233, il porte aussi le titre de seigneur de Marolles, du chef de son épouse Agnès de Pougy. Son frère Hugues porte lui aussi le titre de seigneur de Vallery en 1238 et lui aussi aura part à Marolles, pour la même raison que son frère (devenu son beau-frère). Jean de Vallery suit de très près le souverain. Il est présent à Montpensier lors de la mort du roi Louis VIII. Il décède entre 1265 et 1269.

Erard de Vallery, fils de Jean, est un entrepreneur de guerre célèbre sous le règne de saint Louis. Sous son nom, il embauche des chevaliers, et les met au service des plus grands personnages européens. De 1257 à 1267, il est seigneur de Saint-Valérien, son père étant toujours en vie. Il n'entre en possession de la seigneurie de Vallery qu'en 1269. Erard de Vallery est sur les champs de bataille de Hollande, de Terre Sainte (où il sert le comte de Nevers), de Naples (où il sauve Charles d'Anjou, frère de saint Louis lors d'une bataille décisive), de Tunisie (où il est chargé d'exfiltrer l'armée française après la mort du saint roi), puis à nouveau en Terre Sainte. En conséquence, il est fait connétable de Champagne (1270-1276) et chambrier de France (1271). A son décès survenu en 1276 ou 1277, ses domaines de Vallery et de Marolles entrent en possession de la famille nivernaise de Thianges.

Le village de Vallery est dominé par ses deux châteaux : le premier date probablement du XIIIe siècle et fut édifié par les premiers seigneurs de Vallery; le second date du milieu du XVIe siècle et a été construit par Jacques d'Albon de Saint-André[7].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Lors des guerres de religion, le maréchal de Saint-André est un des piliers du parti catholique. Ce groupe apparu tardivement, et relativement faible[8] soutient les Valois aux prises à l'agitation (tentative de coup d'état d'Amboise en 1560) puis à la révolte (1562) des Protestants. Il est tué à la bataille de Dreux en 1562. Sa veuve, énamourée de Louis de Bourbon, prince de Condé, chef du parti réformé, donne à celui dont elle espère vainement se faire épouser, le château de Vallery.

La terre de Vallery fut donnée, parmi d'autres présents, à Louis de Bourbon, Prince de Condé, par la maréchale de Saint-André qui se ruina pour lui, espérant s'en faire épouser. Cette terre est depuis devenue la sépulture des princes de la Maison de Condé. (sources: La Henriade publiée chez De Bure - 1836).

Le prince de Condé fait de Vallery une base pour ses opérations militaires dans toute la contrée. Il s'appuie sur Courtenay (propriété du huguenot Anne de Boulainvilliers, qui sera décapité pour ses cruautés envers les civils), Château-Renard et Châtillon (propriété de Gaspard de Coligny, amiral, exécuté ou assassiné à la Saint Barthélémy à Paris) et Piffonds (propriété d'Anne de Terrières, avocat à Paris, huguenot, assassiné à la Saint Barthélémy). Il vient s'y reposer après sa campagne de 1567 qui ruine Bray-sur-Seine et Montereau, terrorise Nogent-sur-Seine, Provins et Sens, fait disparaître dans un massacre la population de Courlon. Il est assassiné en se rendant lors de sa défaite de Jarnac en 1569.

Les Condés étaient enterrés non pas dans leur château, mais dans l'église paroissiale construite grâce aux libéralités de Henri II de Bourbon-Condé, qui fit déposer vers 1614 un caveau destiné à cet effet sous le maître-autel. Le sanctuaire avait été dédié à Saint-Thomas de Cantorbéry.

Dès 1619, Éléonore de Bourbon sœur du fondateur, fut inhumée, ensuite en 1588 Henri Ier, dont les restes furent ramenés à Vallery, et enfin Louis Ier dit le Huguenot dans le cimetière extérieur attenant à l'église. Henri II rejoindra les siens en 1646, et le Grand Condé son fils, après avoir élevé un monument, fut à son tour inhumé en 1686, ce fut le tour successivement de Henri Jules de Bourbon-Condé un des fils du grand Condé, et de ses cinq enfants.

Le prince de Condé reçoit en qualité d'engagiste le comté de Sens. Ce don complète habilement l'emprise princière sur la région. Des agents du prince (dont la famille Caillet) décident d'investir dans la contrée où réside leur maître (achat des seigneuries de Champlost et de Theil). Le château de Vallery est activement utilisé jusqu'à l'issue de la Fronde. L'exil à Bruxelles du prince de Condé (1652-1659) fait entrer les lieux en sommeil. A son retour en France, le prince choisit de privilégier le château de Chantilly, provoquant de facto l'abandon du château. La seigneurie de Vallery se transmet dans sa descendance. Une descendante, Louise-Anne de Bourbon-Condé (°1695+1758), titrée Mademoiselle de Sens, aux moeurs dissolues la rendant impécunieuse, ne parvenant pas à tirer de plus grands profits du comté engagé de Sens, va utiliser le magnifique château en carrière de pierres. Elle supplie son cousin le roi de lui reprendre le comté de Sens pour en tirer encore quelque argent. Elle vend Vallery en 1750[9].

Révolution française[modifier | modifier le code]

En novembre 1792, informé des premières mutilations faites au mausolée, le conseil général du district de Sens nomma un peintre-sculpteur Pierson de Sens, afin d'établir un état des lieux. Pierson dressa un rapport notant la destruction d'écussons fleurdelisés, le vol de frises, chiffres et fleurs de lys, et une partie des guirlandes qui ornaient les tombeaux. Tous ces objets étaient en cuivre et furent retrouvés chez un horloger de Villeneuve-la-Guyard. Suite à l’enquête menée par la commission des monuments veillant à la conservation des objets d'arts, il apparut qu'un certain nombre d'habitants - y compris le maire de cette commune - avaient porté atteinte aux monuments et ôté ces ornements.

Le , sur ordre du comité de salut public, une douzaine de cercueils furent remontés à l'aide de cordes, ouverts et profanés. Les dépouilles retirées de leurs bières furent traînées dans le cimetière voisin, jetées pèle-mêle sous les yeux du maire Jambon et du procureur Bonnivet, dans des tranchées creusées près de la porte d'entrée (Témoignage de M. Pierre Farneault fossoyeur du cimetière).

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le village fut bombardé en juin 1940, tout comme la commune voisine de Villethierry[10].

Économie[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790        
1794   Jambon    
         
début XIXe siècle   Armand de Sade Mazan    
mars 2001 2014 Annie Serdin[11] Sans étiquette réélue pour le mandat 2008-2014

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 562 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
706 703 648 644 725 686 681 721 750
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
761 835 849 745 695 729 681 654 619
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
640 612 623 537 484 448 456 427 418
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
390 355 343 328 384 468 473 480 555
2011 - - - - - - - -
562 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13])
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le château de Vallery était considéré par Androuet du Cerceau comme un des plus excellents bastiments de France au XVIe siècle.
  • L'église de Vallery a été construite en 1614. Elle se situe sur un tertre au même niveau que le château. Son tympan représente le jugement dernier.
  • Les Jardins de Vallery, qui datent du XVIe siècle et ne sont pas ouverts au public, sont situés au bord de l'Orvanne.
  • Le monument aux morts occupe l'ancienne place des marronniers, il rappelle la trentaine d'habitants morts au front durant la Première Guerre mondiale, et les deux civils tués en 1940.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Évènements[modifier | modifier le code]

  • La ronde des 16 clochers est une animation sportive, voire une course sportive qui se déroule dans le Gâtinais, elle traverse seize villages, ce qui explique son nom.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://maps.google.fr/maps?hl=fr&q=vallery&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wl
  2. http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/recensement/populations-legales/commune.asp?annee=1999&depcom=89428
  3. Etienne Meunier. Le patrimoine des vicomtes de Sens au Moyen Age. Bulletin de la Société archéologique de Sens, 31 , 1989 (1990)
  4. Etienne Meunier. Les vicomtes de Sens, reconstitution d'un lignage noble médiéval. CSGY 2, 1984)
  5. Etienne Meunier. Apogée et déclin des vicomtes de Sens. Congrès de l'ABSS tenu à Villeneuve-sur-Yonne, 1985 (1986)
  6. Etienne Meunier. les chevaliers de Vendeuvre et de Vallery. Cahier de la Société généalogique de l'Yonne, XIX, 2013
  7. http://www.weddingchateau.com/histoire/mariage-vishist.html
  8. Il ne doit pas être confondu avec la Ligue, apparu bien plus tard, et issu de l'exaspération de la bourgeoisie face aux louvoiements et renoncements de Catherine de Médicis
  9. François Huot. Vallery. BSAS
  10. http://www.arory.com/index.php?id=30
  11. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 3 janvier 2014.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  14. http://books.google.fr/books?id=9gBeAAAAIAAJ&q=EDOUARD+DRUMONT+VALLERY&dq=EDOUARD+DRUMONT+VALLERY&lr=&pgis=1
  15. il fit don de sa bannière à la fanfare municipale du village