Louis Calaferte

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Louis Calaferte

Naissance 14 juillet 1928
Turin (Drapeau de l'Italie Italie)
Décès 2 mai 1994
Dijon
Activité principale
écrivain français
Auteur
Langue d’écriture française

Louis Calaferte est un écrivain français né le 14 juillet 1928 à Turin et mort le 2 mai 1994 à Dijon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Garçon de courses à treize ans dans une usine de piles électriques de Lyon, puis manœuvre, il part en janvier 1947 pour Paris où il entre comme figurant au Théâtre de l'Odéon. Il écrit alors ses premières pièces. L'une d'elles est jouée en avant-première au Théâtre d'Angers, alors qu'il n'a que vingt ans, et lui vaut une ovation du public[1]. Sous l'égide de son « père en littérature »[2] Joseph Kessel, il publie Requiem des innocents en 1952 chez Julliard, souvenirs d'enfance où se laissent déjà entendre des accents de révolte. Ce premier livre, qui connaît un vif succès, est bientôt suivi de Partage des vivants en 1953. Ces deux œuvres de jeunesse seront sévèrement désavouées par l'écrivain vingt-cinq ans plus tard[3]. En 1956, il s'installe à Mornant dans les monts du Lyonnais[4] et y écrit Septentrion[5], ouvrage taxé de pornographie qui fut censuré, interdit à la vente et réédité seulement vingt ans plus tard, grâce à Gérard Bourgadier, chez Denoël. Dans ce récit à l'érotisme flamboyant, largement autobiographique, Calaferte relate à la première personne les errances d'un apprenti écrivain, ses premières lectures clandestines au cours de son travail d'ouvrier (il se réfugie encore enfant dans les toilettes de l'usine pour y lire avec passion) et ses rencontres avec les femmes, dont la plus importante dans le récit est sans conteste la hollandaise Nora, figure de l'émancipation féminine et de la réussite sociale. Ce livre subversif est un hymne au désir créateur et à la liberté de l'artiste, dans un contexte social à la fois rigide et fluctuant, celui de l'après-guerre. Calaferte continue de publier régulièrement des recueils de poésies et des récits à l'atmosphère intimiste et sensualiste, parfois onirique, souvent liés au monde de l'enfance. Dramaturge prolifique, il exploite dans ses pièces le thème de la relation familiale, en usant d'une tonalité drolatique et inquiétante. Selon le metteur en scène Patrick Pelloquet "les personnages de Louis Calaferte sont davantage des stéréotypes de comportements que des personnages au sens restrictif du terme"[6] évoluant dans un décor en huis clos.

Calaferte trouve un emploi à la radio de Lyon à partir de 1974 et à l'O.R.T.F. Il passe les dernières années de sa vie (1985-1994) près de Dijon, dans le village de Blaisy-Bas, avec son épouse, et ses animaux de compagnie auxquels il voue une profonde affection. Il compte parmi ses amis les plus proches l'écrivain Georges Piroué, le peintre Truphémus, ou encore le metteur en scène Jean-Pierre Miquel. Ses carnets nous offrent le témoignage unique de la vie d'un écrivain volontairement en marge, en même temps que celui d'un créateur en proie à l'angoisse et à la maladie, adorateur de Dieu, des femmes et de la nature. Ils nous renseignent également sur l'autre facette artistique de l'écrivain, passionné de peinture, et sur ses goûts littéraires, qui vont de Stendhal, Paul Léautaud et Marcel Jouhandeau, aux moralistes français et à Franz Kafka. La mécanique des femmes (1992), petit livre inclassable qu'il publia moins de deux ans avant sa mort, fut porté à l'écran en 2000 par Jérôme de Missolz et reçut un accueil très mitigé.

Écrivain souvent ignoré de ses pairs, et pour cause s'en tenait-il à l'écart avec détermination, homme d'enthousiasmes et d'indignation, mais tout autant homme d'inquiétude, réservé et secret, Louis Calaferte a construit une œuvre étonnante de complexité. Sa poésie métaphysique, où il excelle, témoigne de l'homme derrière l'écrivain, de la puissance de ses énergies esthétiques et son désir de ne pas les dissimuler. Il fut un poète vigoureux et sensible, dont l'écriture passionnée peut avoir une précision violente et sans concessions. Son œuvre se compose d'une centaine de titres, principalement des recueils de poésie, des récits, des pièces de théâtre et ses fameux carnets qui couvrent presque quarante ans de vie. C'est surtout l'œuvre d'un mystique anti-clérical, qui vécut intensément sa superstition chrétienne dans le siècle, animé des forces contradictoires et radicales que sont le doute existentiel et l'orgueil littéraire.

Louis Calaferte est décédé le 2 mai 1994 à Dijon. Son épouse Guillemette a continué d'éditer les volumes restés inédits de son journal. Le dernier, Le jardin fermé (1994), a été publié en 2010 chez L'arpenteur. Guillemette Calaferte préside aujourd'hui l'association S.CA.R.A.B.E.E. qui gère ses archives.

Citations[modifier | modifier le code]

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  • Tirées de Choses dites, Entretiens et choix de textes, le Cherche Midi, 1997 :
"Les idéologies m'importent peu. Je suis du côté de la dignité de l'homme."
"Les révoltants dessous organiques de la beauté."
"Amertume : Vice de vieillard."
"État : Gangstérisme officialisé."
"Touriste : Idiot de passage."
"Xénophobie : Démangeaison des prolétaires et des commerçants."
"Vacances : Drogue populaire."
"La guerre n'est rien que le produit de l'ignorance des uns, de la crapulerie des autres et de la férocité de tous."
"Ils croient le chaos inorganisé."
"Poésie : Musique intime."
"Moderne : Future vieillerie."
"Ou le siècle à venir sera celui du refus, ou il ne sera qu'espace carcéral."
"Elle avait un cou de cygne, des yeux de chatte, un regard d'aigle, une taille de guêpe, des jambes de gazelle, un tempérament de lion, un caractère de chien. Pourtant, ce n'était qu'une femme."

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Récits[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]


Carnets[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Aux armes, citoyens !, Baroquerie en un acte avec couplets 1986, Collection Romans français, Denoël, (ISBN 2207232735)
  • Théâtre complet : Clotilde du Nord, Éditions Hesse
  • Théâtre complet : La mort du prince ; Créon, éditions Hesse
  • Théâtre complet : Pièces intimistes (Trafic ; Chez les Titch ; Les miettes ; Mo ; Tu as bien fait de venir, Paul ; L’Entonnoir ; Les derniers devoirs ; L’Aquarium), 1993, Éditions Hesse
  • Théâtre complet : Pièces Baroques I (Mégaphonie ; Les Mandibules ; L’Amour des mots ; Opéra bleu ; Le roi Victor), Éditions Hesse
  • Théâtre complet : Pièces Baroques II (La bataille de Waterloo ; Aux armes, citoyens ! ; Le serment d'Hippocrate ; Une souris grise ; Un riche, trois pauvres ; Les oiseaux), 1994, Éditions Hesse
  • Théâtre complet : Pièces Baroques III (Black out ; Les veufs ; Clap ; Le délinquant), 1996, Éditions Hesse

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Rag-Time, 1972, éditeur : Collection Romans français, Denoël, (ISBN 2207217248)
  • Paraphe, 1974, éditeur : Collection Romans français, Denoël, (ISBN 2207220524)
  • Londoniennes, 1985
  • Décalcomanies, 1987
  • A.B.C.D., Enfantines, avec les illustrations de Jacques Truphémus, Éditions Belle-fontaine, 1987
  • Haïkaï du jardin, 1991, éditeur : Collection L'Arpenteur, Gallimard, (ISBN 2070780392)
  • Les métamorphoses du révolver, 1993
  • Ouroboros, 1995
  • Non-lieu, 1996
  • Pile ou face, 1996
  • Terre céleste, 1999
  • Imagerie, magie, 2000

Divers[modifier | modifier le code]

  • Une vie, une déflagration (entretiens avec Patrick Amine), Denoël, 1985
  • L’Aventure intérieure, (entretiens avec Jean-Pierre Pauty), Julliard, 1994
  • Choses dites, Entretiens et choix de textes, le Cherche Midi, 1997
  • Correspondance 1969-1994, avec Georges Piroué, éditions Hesse, 2001

Récompenses[modifier | modifier le code]

Sur Louis Calaferte[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de Louis Calaferte.
  2. Ibid.
  3. "S'il y a deux livres de moi que j'abomine, ce sont les deux premiers, que je verrais disparaître avec plaisir" (Le spectateur immobile, à la date du 1er novembre 1978, Carnets 1978-1979, publiés en 1990, p. 147)
  4. Il y restera jusqu'en 1969
  5. "Au vrai, ma vie littéraire n'a commencé qu'avec Septentrion." (Le spectateur immobile, Ibid.)
  6. entretien autour de Calaferte, 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]