Louis Calaferte

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Louis Calaferte

Activités écrivain français
Naissance
Turin (Drapeau de l'Italie Italie)
Décès
Dijon
Langue d'écriture française

Louis Calaferte est un écrivain français né le à Turin et décédé le à Dijon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Garçon de courses à treize ans dans une usine de piles électriques puis manœuvre, il part en 1947 pour Paris où il entre comme figurant au Théâtre de l'Odéon. Il écrit alors ses premières pièces. L'une d'elles est jouée en avant-première au Théâtre d'Angers, alors qu'il n'a que vingt ans, et lui vaut une ovation du public[1]. Sous l'égide de son « père en littérature »[2] Joseph Kessel, il publie Requiem des innocents en 1952 chez Julliard, souvenirs d'enfance où se laissent déjà entendre des accents de révolte. Ce premier livre, qui connaît un vif succès, est bientôt suivi de Partage des vivants en 1953. Ces deux œuvres de jeunesse seront sévèrement désavouées par l'écrivain vingt-cinq ans plus tard[3]. En 1956, il s'installe à Mornant dans les monts du Lyonnais[4] et y écrit Septentrion[5], ouvrage taxé de pornographie qui fut censuré, interdit à la vente et réédité seulement vingt ans plus tard, grâce à Gérard Bourgadier, chez Denoël. Dans ce récit à l'érotisme flamboyant, largement autobiographique, Calaferte relate à la première personne les errances d'un apprenti écrivain, ses premières lectures clandestines au cours de son travail d'ouvrier (il se réfugie encore enfant dans les toilettes de l'usine pour y lire avec passion) et ses rencontres avec les femmes, dont la plus importante dans le récit est sans conteste la hollandaise Nora, figure de l'émancipation féminine et de la réussite sociale. Ce livre subversif est un hymne au désir créateur et à la liberté de l'artiste, dans un contexte social à la fois rigide et fluctuant, celui de l'après-guerre. Calaferte continue de publier régulièrement des recueils de poésies et des récits à l'atmosphère intimiste et sensualiste, parfois onirique et étrange, souvent liés au monde de l'enfance. Dramaturge prolifique, il exploite dans ses pièces le thème de la relation familiale, en usant d'une tonalité drolatique et inquiétante. Selon le metteur en scène Patrick Pelloquet "les personnages de Louis Calaferte sont davantage des stéréotypes de comportements que des personnages au sens restrictif du terme"[6] évoluant dans un décor en huis clos.

Calaferte trouve un emploi à la radio de Lyon à partir de 1974 et à l'O.R.T.F. Il passe les dernières années de sa vie (1985-1994) près de Dijon, dans le village de Blaisy-Bas, avec son épouse, et ses animaux de compagnie auxquels il voue une profonde affection. Il compte parmi ses amis les plus proches l'écrivain Georges Piroué, le peintre Truphémus, ou encore le metteur en scène Jean-Pierre Miquel. Ses carnets nous offrent le témoignage unique de la vie d'un écrivain volontairement en marge, en même temps que celui d'un créateur en proie à l'angoisse et à la maladie, adorateur de Dieu, des femmes et de la nature. Ils nous renseignent également sur l'autre facette artistique de l'écrivain, passionné de peinture, et sur ses goûts littéraires, qui vont de Stendhal, Paul Léautaud et Marcel Jouhandeau, aux moralistes français et à Franz Kafka. La mécanique des femmes (1992), petit livre inclassable qu'il publia moins de deux ans avant sa mort, fut porté à l'écran en 2000 par Jérôme de Missolz et reçut un accueil très mitigé.

Écrivain souvent ignoré de ses pairs, homme d'enthousiasmes et de colères, mais tout autant homme de réflexion, réservé et secret, Louis Calaferte a construit une œuvre forte et personnelle. Il fut un poète vigoureux et sensible, à l'écriture précise et passionnée, violente et sans concessions. Son œuvre se compose d'une centaine de titres, principalement des recueils de poésie et de récits, des pièces de théâtre et des carnets. C'est surtout l'œuvre d'un mystique laïque, qui vécut intensément sa foi dans le siècle.

Louis Calaferte est décédé le 2 mai 1994 à Dijon. Son épouse Guillemette continue d'éditer les volumes restés inédits de son journal.

Citations[modifier | modifier le code]

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  • Tirées de Choses dites, Entretiens et choix de textes, le Cherche Midi, 1997 :
"Les idéologies m'importent peu. Je suis du côté de la dignité de l'homme."
"Les révoltants dessous organiques de la beauté."
"Amertume : Vice de vieillard."
"État : Gangstérisme officialisé."
"Touriste : Idiot de passage."
"Xénophobie : Démangeaison des prolétaires et des commerçants."
"Vacances : Drogue populaire."
"La guerre n'est rien que le produit de l'ignorance des uns, de la crapulerie des autres et de la férocité de tous."
"Ils croient le chaos inorganisé."
"Poésie : Musique intime."
"Moderne : Future vieillerie."
"Ou le siècle à venir sera celui du refus, ou il ne sera qu'espace carcéral."
"Elle avait un cou de cygne, des yeux de chatte, un regard d'aigle, une taille de guêpe, des jambes de gazelle, un tempérament de lion, un caractère de chien. Pourtant, ce n'était qu'une femme."

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Récits[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Carnets[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Aux armes, citoyens !, Baroquerie en un acte avec couplets 1986, Collection Romans français, Denoël, (ISBN 2207232735)
  • Théâtre complet, Éditions Hesse, 4 volumes (Pièces intimistes, 1993 et Pièces Baroques I, II et III, 1994, 1996 pour le dernier (23 pièces au total)

Poésie[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

  • Une vie, une déflagration (entretiens avec Patrick Amine), Denoël, 1985
  • L’Aventure intérieure, (entretiens avec Jean-Pierre Pauty), Julliard, 1994
  • Choses dites, Entretiens et choix de textes, le Cherche Midi, 1997
  • Correspondance 1969-1994, avec Georges Piroué, éditions Hesse, 2001

Récompenses[modifier | modifier le code]

Sur Louis Calaferte[modifier | modifier le code]

  • Revue Triages, no 3 « Louis Calaferte » (Louis Calaferte, Djamel Meskache, entretien avec Daniel Biga), mai 1992

Louis Calaferte fait partie des écrivains recensés par Alain Marc dans Écrire le cri[7].

film

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de Louis Calaferte.
  2. Ibid.
  3. "S'il y a deux livres de moi que j'abomine, ce sont les deux premiers, que je verrais disparaître avec plaisir" (Le spectateur immobile, à la date du 1er novembre 1978, Carnets 1978-1979, publiés en 1990, p. 147)
  4. Il y restera jusqu'en 1969
  5. "Au vrai, ma vie littéraire n'a commencé qu'avec Septentrion." (Le spectateur immobile, Ibid.)
  6. entretien autour de Calaferte, 2009.
  7. Écrire le cri, Sade, Bataille, Maïakovski…, préface de Pierre Bourgeade, l’Écarlate, 2000 (ISBN 978-2-910142-04-9).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]