John Entwistle

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John Entwistle

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John Entwistle sur scène en 1976.

Informations générales
Naissance 9 octobre 1944
Chiswick (Royaume-Uni)
Décès 27 juin 2002 (57 ans)
Paradise (États-Unis)
Genre musical rock
Instruments basse, cor, trompette, piano
Années actives 1964-2002
Labels MCA

John Entwistle est un musicien et producteur britannique né le 9 octobre 1944 et mort le 27 juin 2002. Il est le bassiste du groupe de rock The Who.

Il est considéré comme l'un des plus talentueux et importants bassistes de tous les temps. Virtuose, il a changé la perception et la place de la basse au sein d'un groupe de rock, marquant dès 1965 le premier succès des Who - My Generation - d'un solo exécuté à une vitesse étonnante.

En 2000, la revue anglaise Guitar magazine l'a consacré « meilleur bassiste du millénaire »[1], tandis qu'en 2011, les lecteurs de Rolling Stone Magazine l'ont élu meilleur bassiste de tous les temps[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

John Alec Entwistle est né à Chiswick, dans la banlieue de Londres, en 1944. Dans son enfance, il apprend en autodidacte à jouer de la trompette, du cor et du piano, instruments qui seront utilisés ultérieurement dans de nombreuses compositions des Who. Il apprend ensuite la guitare, mais se sent rapidement attiré par le son grave et puissant de la basse, et passe donc à la « quatre cordes ».

Son ami d'enfance Pete Townshend et lui-même sont recrutés par Roger Daltrey pour former, au début des années 1960, le groupe The Detours. En 1964, le batteur Keith Moon les rejoint et le groupe adopte son nom définitif, The Who. De bonne constitution[3], Entwistle acquiert le surnom d'Ox, « le Bœuf ». Sur scène, il adopte une posture parfaitement stoïque, qui contraste aussi bien avec le chaos causé par ses trois acolytes qu'avec la rapidité des mouvements de ses doigts qui lui ont valu un autre surnom, « Thunderfingers ».

John Entwistle a écrit quelques chansons pour les Who, comme Cousin Kevin, My Wife, Boris the Spider ou Heaven and Hell (cette dernière ouvre la plupart des concerts du groupe). Leurs paroles reflètent son goût pour l'humour noir. À côté de son travail avec les Who, Entwistle publie plusieurs albums solo au début des années 1970.

John Entwistle meurt le 27 juin 2002 à Las Vegas, la veille du premier concert d'une tournée des Who aux États-Unis. Le médecin légiste de Las Vegas a déclaré que cette mort était due à une crise cardiaque, à la suite d'une prise de cocaïne. Le bassiste gallois Pino Palladino le remplacera sur scène.

Caractéristiques musicales[modifier | modifier le code]

La contribution majeure d'Entwistle au rock est d'avoir élevé la basse électrique au rang d'instrument de premier plan, en opposition à une approche plus conventionnelle. Doté d'une forte personnalité, il a su développer un jeu original, d'abord au médiator, puis aux doigts, pratiquant des arpèges et des riffs rapides, agressifs et très inventifs à un volume sonore assourdissant. Son jeu de basse prenait toute son ampleur sur scène, comme lors du passage des Who au Rolling Stones Rock and Roll Circus en 1968, ou lors de l'enregistrement du concert Live At Leeds en 1970. Lors des concerts, Entwistle et Pete Townshend échangeaient souvent leur rôle : Entwistle jouant rapidement des lignes mélodiques, comme un soliste, pendant que Townshend rajoutait des parties rythmiques au morceau. Entwistle a aussi été un pionner dans l'utilisation des roundwound steel bass strings développées spécialement pour lui, par la Rotosound company.

Entwistle maîtrisait, outre la basse, des instruments aussi différents et techniques que la trompette, le cor et le piano. Sa technique musicale était irréprochable. Entwistle ancrait le groupe dans le tempo lors des concerts, par sa régularité impeccable, donnant la mesure tout en accompagnant Pete Townshend dans ses improvisations.

Plus prosaïquement, Entwistle utilisait indifféremment le médiator ou le jeu aux doigts, parfois au sein de la même chanson[4].

Entwistle a aidé au développement du son percutant de la basse, créant une technique inhabituelle dite de typewriter, bien des années avant que le slap soit introduit par le pionner du funk Larry Graham. Ce son percutant est évident dans le solo de basse de 1964, enregistré sur le single des Who : My Generation (disponible sur l'album My Generation).

Entwistle chantait fréquemment sur scène et en studio, assurant le plus souvent les chœurs avec Pete Townshend, ou doublant le chant de Daltrey. Il a ainsi chanté les parties de falsetto très présentes notamment dans les chansons A Quick One, While He's Away, I Can't Explain, Happy Jack

Entwistle assurait, d'autre part, le chant principal sur la plupart de ses compositions, introduisant au sein des Who le chant guttural, présent notamment sur Boris The Spider.

le morceaux de l ' albums quadrophenia " the real me " ,la virtuosité de entwistle est exemplaire il joue comme un soliste sa ligne de basse utilise les notes aigus a la fois et aussi les notes graves .c 'est la ligne de basse la plus compliqué du groupe .

Par ailleurs, le musicien, qui s'était pourtant adapté au rock et au jazz, détestait le rap. On lui doit ces mots secs et sans équivoques : « Je ne peux pas supporter le rap… », « Ceux qui ne savent pas chanter rappent… », « On peut chanter la rébellion aussi bien que la parler… », « Hitler aurait été dans un groupe de rap »[5]

Influences[modifier | modifier le code]

Les influences de John Entwistle sont rapportées par lui-même, comme étant une combinaison de guitaristes de rock & roll comme Duane Eddy et Gene Vincent, de soul et de bassistes de R&B comme James Jamerson. Sa formation musicale l'a amené à savoir maîtriser le cor, la trompette et le piano. En amenant la basse au premier plan musical, Entwistle a été le modèle de très nombreux musiciens dont Lemmy Kilmister, Steve Harris, Les Claypool, Geddy Lee, et même certains de ses contemporains comme Noel Redding ou Chris Squire.

Matériel[modifier | modifier le code]

Entwistle fabrique son premier instrument (une copie de Fender Précision), en 1960, puis utilisera une grande variété de modèles : Rickenbacker Rose Morris, Gretsch 6070, Mosrite Ventures bass, Danelectro Longhorn, Fender Jazz Bass, Gibson EB-3, Fender Bass VI. À partir de 1966/67 il utilisera principalement des Fender Precision jusqu'en 1969 lors de l'enregistrement de Tommy. Puis la nécessité de fournir un son plus puissant pour de grandes salles avec un public de plus en plus nombreux va lui faire adopter la Gibson Thunderbird jusqu’en 1974. Enfin, il utilisera des Alembic conçues selon ses spécifications avec sortie stéréo de 1975 à 1984[6] et Warwick Buzzard depuis 1985.

Il se fit construire ou adapter de nombreux modèles "Frankenstein", "Explorer-Birds". Peter Cook lui a créé la “Flame” bass et la “Lightning Bolt” en forme d'éclair. Hans Peter Wilfer, le fondateur de la marque Warwick a conçu selon ses spécifications le modèle Buzzard dont la silhouette évoque celle d'un oiseau de proie.

Collectionneur compulsif d'instruments il possédait près de deux cent guitares et basses à sa mort. On peut en avoir un bon aperçu dans l'ouvrage : "Bass Culture : The John Entwistle Guitar Collection" Sanctuary Publishing, Ltd

Amplification : Au fur et à mesure de l'évolution technique du matériel, entwistle est passé du Vox AC15 aux amplis Marshall, Hiwatt, Sunn puis Ashdown. L'utilisation de la sortie stéréo des Alembics lui permit d'employer deux systèmes d'amplification avec des réglages différents. Pete Townshend dit d'Entwistle qu'il fut le premier à utiliser un ampli Marshall. "Once John had a Marshall he was so loud, I had to get one,"

Discographie solo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article et couverture
  2. Rolling Stone magazine "Rollin Stone Readers pick the top ten bassists of all time", consulté le 05/11/11
  3. Raphaël Garrigos, Isabelle Roberts, « S'il Who plaît », Libération,‎ 6 juin 2007 (consulté le 6 avril 2009) : « « The Ox » « le boeuf », en raison de sa robuste constitution capable de venir à bout de n'importe quelle substance, liquide, solide ou en poudre. »
  4. À ce titre, voir la chanson A Quick One, While He's Away sur le documentaire The Kids Are Alright
  5. Citation originale sur IMDb
  6. "Actually, I’ve had two major changes. Before I had the Thunderbird I used to use an extremely trebly sound and play lead figures, and I was OK with a Precision bass. Then we started playing stadiums and huge places that held up to 70000 people and the sound just didn’t carry — it sounded like a little click at the back of the audience. So I changed the whole equipment and the basses to the Thunderbird. In a way it was an advance for me because I’ve been in a rut ever since Tommy which was the last album where I used a Precision. I’d work out a series of lines that flowed into each other with the twang of the trebly sound and I’d find myself drifting into that every night, unless it was a bit of free form. So from there my whole style changed for about five years until recently when I’ve had another change onto the Alembics — the best change I ever did."