Stylo à bille
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Un stylo à bille (parfois appelé stylo-bille, pointe-bille, bic ou stylo-bic) est un outil servant à écrire, plus spécifiquement un stylo, proche d'un crayon dans la forme et la dimension. Les stylos-bille possèdent une réserve interne d'encre visqueuse qui est étalée sur le papier lors de l'écriture par l'intermédiaire d'une petite bille (en général entre 0,7 et 1 mm de diamètre) qui est en rotation ; l'encre sèche presque immédiatement après le contact avec le papier. Peu chers, sûrs et ne nécessitant pas d'entretien, ils ont fortement remplacé le stylo-plume.
Sommaire |
L'invention et les frères Bíró [modifier]
Si l'idée du stylo à bille est à mettre au profit d'un américain, John J. Loud, et cela dès 1888, il faudra attendre trente ans pour voir cette idée se concrétiser. Un journaliste hongrois du nom de László Bíró, aidé de son frère György, chimiste, va améliorer trois axes de l'idée initiale : l'encre, la bille et le dispositif d'alimentation[1].
Au niveau de l'encre, László Bíró remarque que l'encre à séchage rapide utilisée pour l'impression des journaux permet d'éviter les taches par frottement. Il essaie alors cette encre dans un stylo à plume dont un certain Slavoljub Penkala a inventé le principe en 1907 - en vain : la viscosité de l'encre l'empêche de s'écouler.
C'est en observant des enfants jouant avec des billes que Bíró a l'idée de mettre une bille à l'intérieur du stylo : il remarque en effet que lorsque les enfants font passer la bille dans une flaque d'eau, elle entraîne derrière elle un mince filet d'eau... C'est ainsi qu'il a l'idée de concevoir ce qui va devenir le « stylo à bille »[2]
Travaillant avec son frère György, chimiste, il développe en 1938 une nouvelle pointe, constituée d'une bille qui, en tournant librement dans un alvéole, entraîne l'encre d'une cartouche et la dépose sur le papier.
Les frères Bíró déposent le brevet de leur invention en 1938 : le « stylo à bille » est véritablement né.
En 1943, Bíró et son frère György doivent se réfugier en Argentine, du fait des lois anti-juives sévissant alors en Hongrie. László Bíró change de nom, devenant Lisandro José.
Les deux frères déposent un nouveau brevet, le 10 juin de la même année. Ils créent alors la société des stylos Biro, qui commercialise leur produit sous le nom de Birome resté en usage dans ce pays[3]. La Royal Air Force britannique l'adopte pour ses pilotes, en vertu de ses performances en altitude[réf. nécessaire].
Premier développement commercial [modifier]
Eversharp, fabricant de portemines aux États-Unis, s'associe avec Eberhard-Faber en mai 1945 pour exploiter une licence de fabrication du Birome.
Dans le même temps, Edmond Regnault (1898-1982) rachète en 1945 l’ensemble des brevets de l’industriel américain Milton Reynolds. Edmond Regnault fonde, sous la marque Reynolds, son entreprise installée à Valence (Drôme) depuis 1945. L’usine est délocalisée en Chine par la société Newell Rubbermaid en 2006. The Rocket, lancé le 29 octobre 1945 au prix de 12,5 US$, se répand très largement aux États-Unis, et poursuit aussitôt sa carrière commerciale au Royaume-Uni, puis en Europe continentale[réf. nécessaire].
Le modèle du Baron Bich [modifier]
Négociant le brevet avec Bíró, le baron Marcel Bich fait le pari de commercialiser une pointe-bille jetable à 50 centimes. Pour cela et après deux ans de recherches, il va améliorer le modèle des frères Biro sur deux points importants : la formule d’encre parfaite et l’ajustage entre la bille et le tube-réservoir. En 1950, il lance le modèle Cristal, sous la marque Bic[4]. Il ressemble à un crayon muni d'un capuchon dont la couleur annonce la couleur de l'encre, tandis que la consommation peut être suivie grâce à la transparence des matières plastiques du tube souple qui la contiennent et du tube rigide à section hexagonale qui en constitue l'enveloppe. En 1961, le carbure de tungstène de la bille remplace l'acier inox employé jusque-là et lui garantit un fonctionnement sans crachotements. Le stylo à bille s'efforce de franchir les portes de l'école et y réussit en 1965 en France.
Bic entre dans le club très fermé des marques devenues noms communs. Il conquiert le monde et inaugure l'ère du jetable et la société de consommation. Il devient monnaie d'échange pour les touristes occidentaux qui visitent les pays du bloc soviétique. Il est l'auxiliaire modeste de l'alphabétisation des pays pauvres.
Aujourd'hui, le Bic Cristal a été vendu à plus de 100 milliards d'exemplaires à travers le monde. Il est aussi entré dans les collections de design contemporain de plusieurs musées. Ce succès est dû en partie à sa forme proche du crayon à papier .
Le stylo-bille et le dessin [modifier]
Bien qu'il ait été conçu pour l'écriture et plus tard en couleur pour réaliser des graphiques plus clairs, le stylo à bille a trouvé d'autres utilisateurs.
Les artistes l'utilisent aujourd'hui à travers le monde pour illustrer leurs visions. Plus précis et contrasté que le crayon de couleur, le stylo bille offre au graphiste un rendu intéressant. Grâce à une gamme de dix couleurs (bleu, rouge, vert, jaune, orange, marron, rose, bleu, vert clair et violet) multiplié par les différents tons entre chaque marque et nuançable avec le noir, les stylographistes parviennent à réaliser toutes les couleurs dont ils ont besoin pour créer portraits, paysages et illustrations en tous genres[réf. nécessaire].
Références et liens [modifier]
- http://lagalerie.inpi.fr/le-stylo-a-bille-1938/
- Comment c'est fait? : les secrets de fabrication des objets qui t'entourent. - Paris : Gallimard, 2008.. ISBN 978-2-07-061660-2
- http://lagalerie.inpi.fr/le-stylo-a-bille-1938/
- http://lagalerie.inpi.fr/le-stylo-a-bille-1938/