Ismaïl Omar Guelleh

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Ismaïl Omar Guelleh
(ar) اسماعيل عُمر جليه
Ismaïl Omar Guelleh, en 2010.
Ismaïl Omar Guelleh, en 2010.
Fonctions
2e président de la République de Djibouti
En fonction depuis le 8 mai 1999
(15 ans, 3 mois et 25 jours)
Élection 9 avril 1999
Réélection 8 avril 2005
8 avril 2011
Premier ministre Barkat Gourad Hamadou
Dileita Mohamed Dileita
Abdoulkader Kamil Mohamed
Prédécesseur Hassan Gouled Aptidon
Biographie
Nom de naissance Ismaïl Omar Guelleh
Date de naissance 27 novembre 1947 (66 ans)
Lieu de naissance Dire Dawa (Éthiopie)
Parti politique Rassemblement populaire pour le progrès
Conjoint Kadra Mahamoud Haid
Religion Islam sunnite

Ismaïl Omar Guelleh
Présidents de la République de Djibouti

Ismaïl Omar Guelleh (en somalien, Ismaaciil Cumar Geelle ; en arabe, اسماعيل عُمر جليه), également désigné par ses initiales « IOG », né le 27 novembre 1947 à Dire Dawa, en Éthiopie, est un homme politique djiboutien, président de la République depuis 1999.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Ismaïl Omar Guelleh (à droite) et Donald Rumsfeld (à gauche), en 2002.

Ismaïl Omar Guelleh est le fils d’Omar Guelleh, un des premiers instituteurs autochtones dans les années 1930 avant de travailler pour le compte de la Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien. Il est le petit-fils de Guelleh Ahmed, plus connu sous le nom de Guelleh Batal, et sous le nom de Guellé Mohammed un des notables signataires de l'«accord franco-issa» du 30 août 1917 qui ratifie la «cession en toute propriété au Gouvernement français des côtes, hâvres, rades, îles et territoires occupés de temps immémorial par les tribus issas» (art. 2) [1]. Le grand père de ce dernier, Oumar Ali Adal, «serait un des premiers Issas à avoir rejoint le Pingouin mouillé en face de ce qui deviendra Djibouti» [2].

Jusqu'à l'indépendance[modifier | modifier le code]

En 1964, à l’âge de 18 ans, Ismail Omar Guelleh occupe son premier emploi au sein de la police du Territoire français des Afars et des Issas. Il fait preuve par ailleurs d'un engagement très actif dans la mouvance indépendantiste[réf. nécessaire], ce qui entraîne en 1974 son éviction de la sûreté générale. Il s'investit alors dans la Ligue populaire africaine pour l'indépendance (LPAI) présidée par Hassan Gouled Aptidon (qui appartient au même groupe familial élargi, ou «clan»), tentant de sensibiliser ses compatriotes aux bienfaits de l'indépendance[réf. nécessaire].

Ismaïl Omar Guelleh fait partie de la délégation[réf. nécessaire] de la Ligue populaire africaine pour l'indépendance qui participe en 1977 à Paris aux négociations préparatoires à l'indépendance du territoire.

En juin 1977, à l’indépendance, le président de la République Hassan Gouled le nomme de chef de son cabinet. Il est donc impliqué dès le début dans la gestion du pays confronté à un conflit externe, la guerre de l'Ogaden entre la Somalie et l'Ethiopie, et des tensions internes.

L'homme politique[modifier | modifier le code]

Ismaïl Omar Guelleh ne tarde pas à coiffer aussi les services de sécurité, s’attirant rapidement une réputation d’« homme fort »[réf. nécessaire], tout dévoué à son clan des mamasans (Issas) selon ses adversaires. C'est à ce titre qu'il est accusé d'être impliqué dans l'affaire Borrel.

Membre du parti présidentiel, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), dès sa création en 1979, il en est élu président du comité central et de la commission culturelle en 1981.
À la fin des années 1980, Djibouti n’échappe pas au vent de démocratisation qui touche le continent africain. Au sein de l’opposition multiforme au régime, un mouvement armé actif apparaît dans le Nord : le Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD). Pour Ismaïl Omar Guelleh, qui participe aux pourparlers avec l’opposition pour introduire le multipartisme et la démocratie, la rébellion est « un complot fomenté par les socialistes français », alors au pouvoir en France. Il parvient à diviser le FRUD, mais l’augmentation des effectifs de l’armée nationale de 3 000 à 15 000 hommes met le pays dans une situation financière désastreuse, qui pousse Djibouti à faire appel au Fonds monétaire international (FMI).

Président de la République[modifier | modifier le code]

Après le retrait d'Hassan Gouled, Ismaïl Omar Gelleh est investi par le RPP, puis élu président de la République le 9 avril 1999, avec officiellement plus de 74 % des suffrages.

Le nouveau chef de l’État bénéficie d’un contexte international favorable, bien que l’opposition ne cesse de grandir face au clientélisme et au tribalisme dont elle accuse le pouvoir. Le 12 mai 2001, une partie du FRUD restée dans l'opposition signe à son tour un accord de paix.

À partir de l'an 2000, Ismaïl Omar Guelleh poursuit une politique de développement de l'économie nationale, dans l'objectif de sortir le pays de la crise économique des années de guerre[réf. souhaitée]. À travers une politique de privatisation massive tel le Port Autonome International de Djibouti (PAID) qui a vu sa gestion privatisée le 1er juin 2000[réf. nécessaire] sous la forme d’une concession au profit du Dubaï Port International et une série de projets analogues, la situation économique du pays se transforme. Les retards des salaires se régularisent[réf. nécessaire].

Une réforme globale du système éducatif est mise en place avec la création des nombreux établissements éducatifs et l'ouverture de la première université djiboutienne qui voit le jour en 2000. La création d'emploi est mise au cœur de la politique de l'État et le taux de chômage régresse[réf. nécessaire] bien qu'il persiste toujours.

Ismaïl Omar Guelleh est réélu avec officiellement 94 % des suffrages exprimés lors des élections présidentielles du 8 avril 2005, l'opposition ayant appelé au boycot. La participation a été officiellement de 79 % (20 % selon l'opposition [3]), mais le corps électoral ne représente qu'un quart de la population (environ 200 000 électeurs pour 800 000 habitants estimés).

En avril 2010, le Parlement vote une réforme constitutionnelle permettant à Ismaïl Omar Guelleh de se briguer un troisième mandat. Il est donc réélu président de la République au premier tour le 8 avril 2011, obtenant 80,6 % des suffrages exprimés contre 19,4 % à Mohamed Warsama Ragueh, avec un taux de participation de 69,7 %.

En août 2014, il aurait été la cible de tirs d'un membre de sa garde lors d'une cérémonie à l'aéroport, sans être atteint[4].

L'affaire Borrel[modifier | modifier le code]

À partir de 2004, l'implication d'Ismaïl Omar Guelleh dans l'affaire Borrel complique les relations avec la France. En effet, Elisabeth Borrel, veuve du juge mort à Djibouti, alors accuse le président djiboutien d’être l’un des commanditaires de l’assassinat de son mari en 1995.

En 2005, six coopérants français sont expulsés à cause de «la décision de la justice française de demander l’audition du chef des services secrets djiboutiens dans le cadre de “l’affaire Borel”» [5].

Le 14 février 2007, la juge d'instruction Sophie Clément demande à entendre IOG comme témoin alors qu'il devait participer au sommet Afrique-France à Cannes, le 16 février 2007. Le ministère français de la Justice précise alors qu'en raison de son immunité, il « ne pouvait être contraint de témoigner ».

La juge d'instruction engage également des poursuites contre deux hauts responsables djiboutiens (Djama Souleiman, procureur général, et Hassan Saïd, chef des services secrets) pour subornation de témoins [6] mais, après une condamnation en première instance en mars 2008 [7], en mai 2009, la Cour d'appel de Versailles relaxe les deux hommes [8], défendus par maître Francis Szpiner. En juin 2008, la Cour internationale de justice de La Haye rend une décision nuancée sur le dossier [9]. Depuis, cette affaire tend à disparaître des relations entre la France et Djibouti.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bertin (Francine) [1973], «Les chefs Issas signataires des traités avec le gouvernement français», Pount, n° 12, 4e trimestre, pp. 19-30.
  2. Bertin (Francine) [1973], p. 24.
  3. Le Monde, 12/4/2005.
  4. EthiopiaObserver.com, 25/8/2014.
  5. «Crise ouverte entre Djibouti et Paris», Le Monde, 21/1/2005.
  6. Alain Salles, «Deux proches du président djiboutien renvoyés devant la justice française dans le cadre de l’affaire Borrel», Le Monde, 29/8/2007.
  7. Le Figaro, 29 mars 2008.
  8. Le Figaro, 28 mai 2009.
  9. «Décision nuancée de la CIJ sur l’enquête concernant la mort du juge Borrel», Le Monde, 6/6/2008.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Roger East et Richard Thomas, « Ismaïl Omar Guelleh », in Profiles of People in Power: The World's Government Leaders, Europa Publications, Taylor & Francis, 2003, p. 141-142 (ISBN 9781857431261)
  • (en) « President Guelleh: a peacemaker or pawnbroker? », in Djibouti Foreign Policy & Government Guide, USA International Business Publications, 2006, p. 103-106 (ISBN 9780739737484)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • « Le président djiboutien convoqué dans l’affaire Borrel », Le Figaro, 14 février 2007
  • « Relaxe de deux dignitaires djiboutiens dans l'affaire Borrel, Le Figaro, 28 mai 2009