Bogdan IV Lăpușneanu

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Bogdan IV Lăpusneanu

Bogdan IV Lăpușneanu (né en août 1553 - mort en 1577), est prince de Moldavie de 1568 à 1572. En principauté de Moldavie la monarchie était élective, comme en Pologne, Transylvanie et Valachie voisines, et le prince (voïvode, hospodar ou domnitor selon les époques et les sources) était élu par (et le plus souvent parmi) les boyards : pour être nommé, régner et se maintenir, il s'appuyait fréquemment sur les puissances voisines, habsbourgeoise, polonaise ou ottomane.

Origine[modifier | modifier le code]

Bogdan IV est le fils d'Alexandru IV Lăpușneanu et de Ruxandra, fille du prince Pierre IV Rareș. Il est proclamé prince de Moldavie à l'abdication de son père le 16 mars 1568.

Règne[modifier | modifier le code]

Bogdan IV Lăpușneanu se trouve d'abord sous la régence de sa mère Ruxandra jusqu'au décès de cette dernière le 21 novembre 1570 ; il prête en 1569 un serment de vassalité au roi de Pologne Sigismond Ier le Vieux[1].

Bogdan IV gouverne ensuite seul, mais faible et inexpérimenté, il est renversé en février 1572 par Ioan II Voda, qui avait obtenu l'investiture des Ottomans (la Moldavie étant alors tributaire de la « Sublime Porte »[2]). Bogdan se retire à Hotin auprès du palatin de Pologne Jazlowieski. Il passe ensuite à Vienne, puis se rend en Saxe à Dresde, à Paris, à Copenhague. Il gagne enfin Moscou, où l'on prétend que le tsar Ivan le Terrible, devenu paranoïaque et l'accusant d'hérésie, l'aurait fait coudre dans un sac et jeter à l'eau vers 1575.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Il avait épousé vers 1571 une princesse Paniczewska, sœur d'un noble polonais Kaspar Paniczewski, dont il eut :


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À plusieurs reprises dans son histoire, la Principauté de Moldavie avait été vassale et alliée de la Pologne mais cela ne signifie pas, comme l'affirment par erreur certains auteurs (voir [1] et [2]) qu'elle soit devenue une province polonaise ou un fief du roi de Pologne. Ces erreurs sont dues d'une part à la confusion sémantique chez certains historiens modernes, entre voïvodie (province, en polonais) et voïvode (prince régnant, en roumain), ou encore entre suzeraineté et souveraineté, et d'autre part à la rétroprojection nationaliste de l'histoire. L'expression « rétroprojection nationaliste », du Pr. Jean Ravenstein de l'Université de Marseille, désigne la tendance historiographique moderne à projeter dans le passé les nationalismes modernes, comme s'ils étaient apparus dès le Moyen Âge ou l'Antiquité.
  2. Le fait qu'entre 1455 et 1859 la Principauté de Moldavie se soit reconnue vassale de la « Sublime Porte » ottomane ne signifie pas, comme le montrent par erreur beaucoup de cartes historiques, qu'elle soit devenue une province turque et un pays musulman. Seuls certains territoires moldaves sont devenus ottomans : en 1484 la Bessarabie alors dénommée Boudjak, au nord des bouches du Danube (ce nom ne désignait alors que les rives du Danube et de la mer Noire), en 1538 la raya de Tigina alors dénommée Bender, et en 1713 la raya de Hotin. Le reste de la Principauté (y compris la partie entre Dniestr et Prut qui sera appelée Bessarabie en 1812, lors de l'annexion russe) a conservé ses propres lois, sa religion orthodoxe, boyards, princes, ministres, armées et autonomie politique (au point de se dresser plus d'une fois contre le Sultan ottoman). Les erreurs cartographiques et historiques sont dues à l'ignorance ou à des simplifications réductrices. Voir Gilles Veinstein et Mihnea Berindei : L'Empire ottoman et les pays roumains, EHESS, Paris, 1987.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Grigore Ureche Chronique de Moldavie. Depuis le milieu du XIVe siècle jusqu'à l'an 1594 Traduite et annoté par Emile Picot Ernest Leroux éditeur Paris 1878. Réédition Kessinger Legacy Reprints (ISBN 9781167728846) p. 469-473.
  • (ro) Constantin C. Giurescu & Dinu C. Giurescu, Istoria Românilor Volume II (1352-1606), Editura Ştiinţifică şi Enciclopedică, Bucureşti, 1976, p. 296-298.
  • Jean Nouzille La Moldavie, Histoire tragique d'une région européenne, Ed. Bieler, (ISBN 2-9520012-1-9).