Houri

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Houri (homonymie).
Houris chevauchant des chameaux dans le paradis.

Les houris (masc. arabe ‫حور‬, ḥūr, fém. arabe ‫حورية‬, ḥūrīya, pl. ḥūrīyāt) sont selon la foi musulmane des vierges dans le paradis, qui seront la récompense des bienheureux[1]. Ce sont des personnages célestes[2].

Signification[modifier | modifier le code]

La véritable signification et le sens du mot dans le contexte du Coran est inconnue, mais le sens le plus souvent donné est bien celui de vierge. En particulier, la sourate 55 parle au verset 56[3] d'êtres féminins qui « n'ont été déflorées ni par des hommes ni par des djinns ».

  • les « houris aux grands yeux » (les vierges du paradis) sont mentionnées à quatre endroits[4],
  • les « houris de même âge » sont mentionnées à deux endroits[5],
  • les houris en général, apparaissent dans deux versets[6].

Le nombre de 70 ou 72 houris[7] a une fonction mythique ou magique, et signifie en quelque sorte à profusion. Les houris sont selon la description du Coran (sourate 55) d'une beauté inouïe (« comme des rubis et des perles »). Elles reposent sur des coussins verts et les plus beaux tapis, dans des tonnelles, dans des jardins toujours frais et bien irrigués.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon l'usage classique de l'arabe à l'époque où Mouhammad récita le Coran, Hur'in est composé des deux mots « hur » et « in ». Le mot 'hur est le pluriel des deux formes ahwar (masculine) et hawra (féminine) qui signifient « aux yeux blancs », ou bien qui désignent des personnes qui se distinguent par hawar, c'est-à-dire « une intense blancheur des orbites oculaires et des pupilles d'un noir brillant »[8], d'où la pureté. Le second mot, In, est le pluriel des deux formes ayan (masculine) et ainao (féminine). Ce mot désigne la beauté des yeux du buffle, qui sont blonds. En général, ce mot implique « les plus beaux yeux », quel que soit le sexe de la personne. Ainsi, la façon la plus fidèle de rendre le mot houri en français pourrait être : « compagnons purs, aux plus beaux yeux », compagnons s'appliquant à la fois à des hommes et à des femmes.

En hébreu, autre grande langue sémitique, l'adjectif חיוור (hiwer) a la même racine h-w-r, signifiant pâle, blanchâtre. Le mot correspondant pour œil est עין (ayin).

Par ailleurs, le mot houri est entré dans la langue française en 1654[9] avec la signification de femme belle et voluptueuse. Il est aussi entré dans la langue anglaise en 1737.

Autre traduction[modifier | modifier le code]

Sous le pseudonyme de Christoph Luxenberg, un spécialiste allemand du Coran publie en 2000 un livre intitulé Lecture syro-araméenne du Coran : une contribution pour décoder la langue du Coran dans lequel une lecture syro-araméenne du Coran le conduit à penser à une utilisation erronée du mot houri. Le texte original ferait référence à des « raisins blancs » plutôt qu'à des « vierges » en guise de récompenses célestes[10].

Représentation[modifier | modifier le code]

Les descriptions des houris dans le Coran ont été enjolivées et remplies de détails dans la première période de la tradition et de l'exégèse. À partir du verset qui dit qu'elles n'ont été déflorées ni par des hommes ni par des djinns, certains commentateurs ont conclu à l'existence de deux sortes de houris, une de nature humaine, l'autre de la nature des djinns. Sur leur poitrine seraient inscrits deux noms : le nom d'Allah, et le nom de leur époux. Elles-mêmes sont nommées d'après la forme féminine du nom de leur mari. Leur jeune âge et leur virginité sans cesse renouvelée sont toujours mis en avant. Comme elle ne porte pas d'enfant, la houri, dans sa pureté, ne connaît pas les douleurs des règles, ni le besoin humain, ni les douleurs.

Les représentations de la vie dans l'au-delà se différencient nettement dans les différentes branches de l'islam. Cela tient à ce que les houris (mot masculin dans la langue arabe), n'ont rien à voir avec la féminité dans les différentes branches de l'islam, ainsi qu'à ce que ce qu'on appelle les gilmans (arabe : غِلْمانُ الْجَنَّةٌ), qui seraient destinés réciproquement aux femmes pieuses. Des réflexions contre une signification à la fois matérialiste et spirituelle de la jouissance du paradis furent exprimées dès le début de l'histoire de l'islam. L'exégète chaféite du Coran Al Baidawi, au XIIIe siècle, est d'avis que les substances à la fois de ces femmes et des nourritures du paradis, se différencient fondamentalement de leur correspondances terrestres respectives. Une interprétation semblable est défendue par les philosophes musulmans et par les soufis : les indications concrètes du Coran cachent pour eux un sens ésotérique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sourate 44, verset 54, voir la traduction de Kazimirski sur Wikisource.
  2. Dictionnaire des symboles musulmans, Malek Chebel, Edition Albin Michel, 1995, p.205
  3. Voir la traduction de Kazimirski sur Wikisource.
  4. Sourate 37:48, sourate 44:54, sourate 52:20 et sourate 56:22.
  5. Sourate 38:52 et sourate 78:33.
  6. Sourate 55:72 et sourate 56:35.
  7. Ibn Khatir évoque dans Les délices du Paradis un hadith sûr qui parle de 70 houris et deux femmes de la descendance d'Adam.
  8. D'après le site de lexicographie arabe Qamus.
  9. Voir l'article dans le Trésor de la langue française informatisé.
  10. La thèse et les références sont détaillées dans l'article Wikipedia sur Christoph Luxenberg