Henri Poncet

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Officier général francais 4 etoiles.svg Henri Poncet
Naissance (64 ans)
Oran, Algérie
Origine Drapeau de la France France
Grade Général de corps d'armée
Commandement 3e RPIMa
11e brigade parachutiste
BMN (Kosovo)
COS
Opération Amaryllis
Opération Licorne

Le général de corps d'armée Henri Poncet (né le 4 octobre 1949 à Oran, Algérie[1]) est un officier général français ayant dirigé plusieurs opérations en Afrique, notamment au Rwanda et en Côte d'Ivoire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Poncet est issu de l'arme des troupes de marine, spécialité parachutiste.

En 1994, il dirige l'opération Amaryllis, pour l'évacuation des étrangers présents au Rwanda, au début du génocide.

En octobre 2000, il commande la Brigade multinationale nord de l’OTAN au Kosovo.

À partir de février 2001, il dirige le commandement des opérations spéciales.

De mai 2004 à juin 2005, il dirige l'opération Licorne en Côte d'Ivoire. Il est en poste durant les affrontements opposant l'armée française aux partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo en novembre 2004, après l'attaque surprise de la base de Bouaké par deux Soukhoï Su-25S pilotés par des mercenaires biélorusses ou ukrainiens. Sous son commandement, l'armée française reprend le contrôle de l'aéroport et de la capitale ivoirienne aux forces gouvernementales. Près de 8 000 ressortissants étrangers sont évacués par les forces armées françaises et celles des Nations Unies qui empêchent les forces rebelles (FAFN) de profiter de la situation pour ajouter au chaos. Par son action, le général Poncet favorise la médiation du Président sud-africain Mbeki.[réf. nécessaire]

Le 13 juillet 2005, il est décoré par le Président de la République Jacques Chirac. Le général Poncet est commandeur de la Légion d’honneur et de l'Ordre national du Mérite.

Le 13 décembre 2005, Poncet est mis en examen pour « complicité d'homicide volontaire » dans le cadre de l'affaire Mahé. Le 17 mai 2010, le procureur du Tribunal aux armées de Paris (TAP) requiert un non-lieu en faveur d'Henri Poncet. Le 16 juillet 2010, le juge d'instruction chargé du dossier prononce une ordonnance de non-lieu.

Il a également été « conseiller Afrique » des ministres de la défense Charles Millon, puis Alain Richard.

Affaire Mahé[modifier | modifier le code]

Le 13 mai 2005, un civil ivoirien de 30 ans, Firmin Mahé, recherché pour différents crimes et violences sur les populations locales, meurt alors qu'il est détenu par trois soldats de l’opération Licorne. Son exécution sommaire par ces soldats a été reconnue par la justice française en décembre 2012[2].

Une plainte pour assassinat est déposée par Me Ndoumou[3], avocat camerounais. Pour la partie plaignante, Mahé aurait été assassiné par asphyxie, à l’aide d’un sac plastique posé sur son visage, le 13 mai 2005.

Version initiale de la force Licorne[modifier | modifier le code]

Selon la version de l'armée française, le 13 mai 2005, Firmin Mahé, accusé d'être à la tête d'une bande de coupeurs de route, est localisé. Il est recherché pour plusieurs crimes (au moins cinq morts, neuf blessés et quatre viols) ; il réussit à s'enfuir, et les militaires de Licorne mettent en place un dispositif de surveillance. Vers 18 heures, Mahé ouvre le feu sur les militaires français, ces derniers répliquent et blessent grièvement Mahé, qui meurt durant son transfert vers l'hôpital de Man.

Enquête interne de l'armée française[modifier | modifier le code]

Le 11 octobre le général Bernard Thorette, chef d'état-major de l'armée de terre française, apprend par l'appel du général de corps d'armée Gérard Bezacier, commandant de la région terre nord-ouest (Rennes) que la version officielle pourrait ne pas être exacte et avoir été en partie couverte par le général Poncet. Cette information provient de son neveu, capitaine en service à Montpellier. Le général Thorette prend contact le lendemain avec Jacques Baillet, le procureur du Tribunal aux armées de Paris (TAP), seul tribunal français pouvant instruire des crimes commis par des militaires français à l'étranger.

Selon la revue Le Point, une source militaire aurait indiqué à l’Agence France-Presse (AFP), que Firmin Mahé, « blessé légèrement à la jambe » a été « étouffé avec un sac plastique par un soldat français puis transféré à l’hôpital de Man, à l’ouest de la Côte d’Ivoire ».

Suspension du général Poncet[modifier | modifier le code]

Le 17 octobre, le général Poncet est suspendu par le ministre de la Défense, Madame Michèle Alliot-Marie, pour « manquements graves à la loi, aux règlements militaires et aux ordres ». Deux autres militaires sont suspendus : un colonel, chef de corps du 13e bataillon de chasseurs alpins, et un adjudant-chef, chef de la section qui aurait tiré sur Mahé.

Sanctions et suites judiciaires[modifier | modifier le code]

Le 2 novembre 2005 le général Poncet, et son adjoint opérations, le général Renaud de Malaussène reçoivent un blâme et une mutation. Le général Poncet a été muté à un poste de chargé de mission à la Direction du renseignement militaire (DRM).

Les responsables présumés du meurtre de Firmin Mahé, l'adjudant-chef Raugel et deux hommes du rang (le brigadier-chef Schnier et le brigadier Ben Youssouf), ont été suspendus et seront traduits devant un Conseil d'enquête militaire. Leur chef de corps, le colonel Éric Burgaud, sera entendu par le Conseil d'enquête militaire pour savoir si l'ordre a été donné de tuer Firmin Mahé.

Le 28 novembre, après que le Conseil d'enquête militaire a établi que l'adjudant-chef et les deux hommes du rang étaient bien présent dans le blindé au moment du décès de Firmin Mahé, ils sont placés en garde à vue pour homicide volontaire. Le lendemain, le colonel Éric Burgaud est à son tour placé en garde à vue. Il met en cause le général Poncet qui lui aurait donné l'ordre de tuer Mahé[4].

Le général Poncet qui avait été mis en examen pour « complicité d'homicide volontaire » le 13 décembre 2005 a été blanchi par la justice. Après la phase d'instruction, le procureur du Tribunal aux armées de Paris (TAP) a requis le 17 mai 2010 un non-lieu en faveur du général Henri Poncet et le 16 juillet 2010 le juge d'instruction a prononcé une ordonnance définitive de non-lieu

Le 7 décembre 2012, la Cour d’assises de Paris a prononcé son verdict à l’égard des deux principaux accusés. Le colonel Burgaud reconnu comme le donneur d’ordres a été condamné à 5 ans de prison avec sursis. L’adjudant-chef Raugel qui a reconnu avoir étouffé Firmin Mahé a été condamné à 4 ans de prison avec sursis[5]. Le brigadier-chef Schnier est condamné à 1 an avec sursis pour avoir aidé Raugel lors de l'assassinat de Mahé. Le conducteur du véhicule, Ben Youssouf, est acquitté[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Zecchini, « Henri Poncet, un "chef de guerre rugueux, déterminé", un "patron" comme le nomment ses pairs », Le Monde.fr,‎ 27 octobre 2005 (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  2. Affaire Mahé : "J'assume avoir donné un ordre illégal", dit le colonel Burgaud, Nathalie Guibert, Le Monde.fr, 29 novembre 2012
  3. Affaire Mahé : la thèse du crime gratuit, François Soudan, Jeune Afrique, 29 novembre 2005
  4. Nathalie Guibert, « Affaire Mahé : la défense plaide l'humanité des soldats », Le Monde,‎ 6 dcembre 2012
  5. « Entretien avec Guy Raugel : "À ce moment-là, la fin justifiait les moyens" », Le Dauphiné libéré,‎ 27 novembre 2012
  6. Nathalie Guibert, « Procès Mahé : un militaire acquitté, trois autres condamnés avec sursis », Le Monde,‎ 7 décembre 2012