Henri Perrot

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Henri Perrot (1883-1961) est un ingénieur français qui fait partie des pionniers de l'automobile de la fin du XIXe et du début du XXe siècles.

Il est dépositaire et détenteur de nombreux brevets dans le domaine du freinage automobile. Ses principes seront ensuite étendus à l'aéronautique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts[modifier | modifier le code]

Henri Perrot est né le 21 août 1883 à Paris 15e, 50, place Saint-Charles. Fils de Françoise Esterle et de François Perrot, mécanicien chez le constructeur automobile Brasier.

Henri fait ses études au lycée Jean-Baptiste Say et entre comme boursier à l'école des arts et métiers en 1888, à l'âge de 16 ans.

Années en France[modifier | modifier le code]

À sa sortie d'école, en 1902, il rentre chez Brasier et participe à la conception de la voiture qui remportera en 1904 et 1905, la coupe automobile Gordon Bennett. La voiture est conduite par Léon Théry. À cette occasion, Henri Perrot reçoit la Grande Médaille de Bronze de la Chambre Syndicale de l'Automobile, "en récompense pour le service que vous avez rendu à l'Industrie Française de l'Automobile, en contribuant dans une large mesure à la construction de la voiture qui nous a conservé la coupe automobile Gordon Bennett."

Années en Écosse et en Angleterre[modifier | modifier le code]

En 1908, Henri Perrot quitte Brasier pour rentrer cher Argyll à Alexandria en Écosse. Il dépose là son premier brevet concernant le freinage des roues avant (brevet anglais 6807 du 18-03-1910 Henri Perrot et Rubury).

Au salon Olympia de Londres (Olympia Hall) en novembre 1910, une 12 CV Argyll avec commande des freins avant par pédale et commande des freins arrière par levier est exposée.

Au même salon, en mars 1912, Argyll présente une voiture de 15 CV, dont les freins sur les quatre roues sont commandés simultanément par pédale ou par levier au choix du conducteur. Ce système fut ensuite breveté aux États-Unis le 21 octobre 1913.

En 1912 et 1913, Henri Perrot dessine chez Argyll une voiture avec moteur sans soupape et avec un pont arrière à vis sans fin qui bat, en mai 1913, les records du monde de temps et de distance sur 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14 heures et sur 600, 700, 800, 900 et 1 000 miles.

En août 1914, à la déclaration de la guerre, 1 500 Argyll circulent au Royaume-Uni équipées du système de freinage dit « intégral » Henri Perrot.

Généralisation du système de freinage intégral[modifier | modifier le code]

En 1919, Delage, constructeur automobile, installe le système de freinage sur ses châssis 6 cylindres, ainsi qu'Hispano-suiza sur une voiture dessinée par Marc Birkigt avec servo-freins mécaniques.

Talbot, en juin 1919 obtient une licence pour le système de freinage. En 1925, plus de 50 marques automobiles dans le monde utilisent ce système de freinage.

Des négociations ont lieu dès 1920 avec Renault, mais elles n'aboutissent pas. Cependant, au Salon Automobile de 1920, Henri Perrot fait une saisie arrêt sur un véhicule Renault comportant un dispositif de freinage intégral dérivé des brevets Henri Perrot. Ce dernier obtient gain de cause et une licence est ensuite accordée à Renault en 1921.

En 1924, le Grand Prix d'Endurance du Mans, voit les trois premières voitures (1er Bentley, 2e et 3e Lorraine-Dietrich) munies des freins Perrot.

Années américaines[modifier | modifier le code]

Albert Champion (bougies A.C.) présente Henri Perrot à la General Motors en juin 1922, et une Cadillac est équipée en prototype avec le système de freinage intégral. Un contrat de licence est signé le 23 septembre 1922, mais ce contrat ne sera pas respecté par General Motors.

En 1923, les premières Buick sont fabriquées avec le système de freinage Perrot.

En août 1924, Henri Perrot crée, en association avec Vincent Bendix, la Perrot Brake Company, qui obtient tous les droits sur les brevets Perrot pour les États-Unis, à la suite de quoi Vincent Bendix obtient un accord avec General Motors[1].

Ford sera la dernière société aux USA à adopter le système de freinage Henri Perrot.

Fin de carrière, reconnaissance et publications[modifier | modifier le code]

Henri Perrot prend sa retraite en 1949 des Établissements Perrot Piganeau, transformés en 1936 en Société Anonyme Bendix. Il reste Ingénieur-Conseil pour la société française des freins hydraulique Lockheed, à Saint-Ouen et pour la société Ame du Ferodo. Il est président de la Société des ingénieurs de l'automobile de 1950 à 1953.

Il est fait chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur le 13 février 1949 et commandeur du Mérite Civil Espagnol en octobre 1952.

En 1956, il est le coauteur d'un ouvrage important sur Le Freinage des Véhicules Automobiles, publié par Eyrolles, bd Saint Germain, Paris. Cet ouvrage est classé hors concours au Grand Prix de la mécanique de 1955. Il meurt en 1961 à Monte Carlo.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bendixbrakes, site officiel.