Léon Théry

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Léon Théry

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Théry en 1908 (GP de l'A.C.F. à Dieppe)

Date de naissance 16 avril 1879
Date de décès 8 mars 1909
Nationalité Drapeau de France Français
Qualité Pilote automobile
Nombre de courses 14 (1899-1905, 1908)
Podiums 7
Victoires 6

Léon Théry (16 avril 1879 - 8 mars 1909[1]), dit Le Chronomètre pour ses temps en course[2], est un pilote automobile français vainqueur, notamment, à deux reprises de la coupe automobile Gordon Bennett.

Biographie[modifier | modifier le code]

De formation mécanicien (déjà embarqué à 19 ans sur le Paris-Amsterdam-Paris en juillet 1898 sans piloter, interpelant alors André Michelin d'un fameux « voilà Bibendum, vive Bibendum »[3] qui devait définitivement populariser ce tout récent personnage alors qu'il ne connaissait pas le latin), Léon Théry effectue six compétitions sur voitures Decauville entre 1899 et 1903, obtenant avec ce constructeur une deuxième place lors du premier Tour de France automobile dans la catégorie Voiturettes en 1899, une victoire face à son compatriote Dumond lors du Richmond Motor Show anglais la même année en catégorie professionnel[4], une victoire dans la Coupe des Voiturettes en 1900[5] (le 11 mars[6]) suivie d'une deuxième place dans le deuxième Critérium des Voiturettes (le 17 mai, derrière Louis Cottereau[7]), puis se classant encore au Paris-Bordeaux 1901 (18e), au Paris-Vienne 1902[8] (72e malgré une chute dans l'Arlberg), et au meurtrier Paris-Madrid en 1903 (26e)[9]. Il doit abandonner au Paris-Bordeaux 1899[10], au Paris-Arras-Paris 1902, et au circuit des Ardennes de Bastogne en 1902.

Il est alors renommé pour sa documentation méthodique, et son « journal de course » est scrupuleusement tenu, avec des détails nombreux sur les circuits, l'état des routes, les pneumatiques, la fiabilité des moteurs, la performance des voitures... en respectant ensuite le plus scrupuleusement possible les vitesses estimées qu'il avait noté dans son carnet de bord.

Bientôt pilote vedette du constructeur Charles-Henri Brasier, il gagne en 1904 la course des Ardennes françaises en Champagne-Ardenne ainsi qu'une première fois les Éliminatoires Françaises de la Coupe Internationale le 20 mai au circuit d'Argonne à près de 100 kilomètres par heure[11], et il est la même année aussi vainqueur une première fois le 17 juin avec son mécanicien embarqué Muller de la coupe internationale Bennett au Taunus en Allemagne près de Hombourg (course à laquelle assiste dans une région montagneuse et boisée l'empereur Guillaume II, devant Camille Jenatzy le vainqueur 1903 et des représentants de huit nations) sur une Richard-Brasier 80 HP[12], puis une seconde fois le 5 juillet de l'année suivante avec désormais une 96 HP, sur un circuit en Auvergne près de Clermont-Ferrand[13] à parcourir quatre fois (en tout 548 km): il pilote en 1905 une Brasier de onze litres, et il obtient la victoire dans cette course de renommée mondiale –lors de la dernière des six éditions de celle-ci– toujours avec Muller en 7 heures et 6 minutes sur le circuit dit Michelin, soit une moyenne de presque 80 km/h, alors que ses pneumatiques Michelin ont subit un traitement de vulcanisation spécial. En cette même année 1905 Théry a aussi remporté pour la seconde fois les Éliminatoires Françaises de la Coupe Internationale le 16 juin, déjà en Auvergne, en réalisant une première fois sur le circuit Michelin le meilleur temps au tour à 82 km/h de moyenne[14].

Ses deux succès contribuent à la décision de l'Automobile Club de France d'organiser un premier Grand Prix automobile de France en 1908,

Il essaie alors de monter durant deux ans sa propre structure de course, sans succès: ayant beaucoup investi, il doit travailler comme chauffeur du reporter de La Vie au Grand Air lors de la course cycliste Paris-Bordeaux, en mai 1908.

Il participe encore sur une Brasier au grand prix de l'ACF à Dieppe en 1908, un retour en compétition effectué à la demande de Charles-Henri Brasier, malgré l'évolution de sa maladie rénale (pneu éclaté au dixième tour, alors qu'il était 4e et premier français). Théry avait alors de nouveau mis son expérience technique et sa popularité au service de la firme Michelin, mais il décède à près de trente ans d'albuminurie[15] quelques mois plus tard, en lien avec une tuberculose rénale, ayant pu cependant durant sa carrière effectuer 13 courses en 7 saisons (hors GP de France).

Il est inhumé le 11 mars 1909 au cimetière du Père-Lachaise[16].

Léon Théry et Charles-Henri Brasier avaient été accueillis en héros à travers les rues de Paris après leur deuxième Gordon Bennett Cup, avant d'être reçus au Palais de l'Élysée par le Président Émile Loubet.

En 2005, pour le centième anniversaire de la seconde victoire dans la Bennett Cup[17], de nombreuses manifestations ont été organisées, l'administration postale éditant pour l'occasion un timbre[18][19], et la Monnaie de Paris frappant une médaille commémorative avec Léon Théry au volant de sa Brasier[20], ainsi qu'une coupelle argentée[21] avec son médaillon[22].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

Théry posant...
  • Médaille d'Officier d'Académie en 1904 (pour sa victoire allemande dans la coupe Bennett).

Notes et références[modifier | modifier le code]

...avant le départ du GP de France 1908.
  1. Le Figaro, 9 mars 1909
  2. Article Brasier, une ambition démesurée (par Éric Favre, sur Gazoline).
  3. Marketing Michelin: Advertising and Cultural Identity in Twentieth-Century France (Stephen L. Harp, éd. Johns Hopkins University, 2001, 376p. (page 24) (ISBN 978-0801866517)).
  4. Motor Show de Richmond en 1899) (GracesGuide).
  5. (première épreuve spécifiquement organisée pour ce type de véhicules)
  6. 1900 Grand Prix (team DAN).
  7. ' (AutoSport, Hans Etzrodt, historien de l'automobile, le 14 janvier 2007).
  8. Courses françaises de 1896 à 1902.
  9. 1903 Grand Prix (team DAN).
  10. (état d'épuisement et amnésie)
  11. 1904 Grand Prix (team DAN).
  12. À son retour à Paris, des milliers de parisiens l'acclament au balcon de l'Automobile Club de France et Fernand Charron fait augmenter ses primes ainsi que celles de ses trois mécaniciens déplacés en Allemagne pour l'occasion; puis il part avec Brasier pour une tournée de gala en Amérique.
  13. (organisation en France du fait de la précédente victoire de Théry)
  14. 1905 Grand Prix (team DAN).
  15. Le Figaro, 10 mars 1909.
  16. Le Figaro, 12 mars 1909
  17. La France remporte définitivement le trophée que lui offre son créateur, après quatre victoires dont deux pour un même homme. Il n'est plus remis en jeu.
  18. Timbre 2005 de la Coupe Gordon Bennett 1905.
  19. Tampon d'oblitération premier jour 2005 de la Coupe Gordon Bennett 1905.
  20. Médaille 2005 de la Coupe Gordon Bennett 1905.
  21. Coupelle argentée 2005 de la Coupe Gordon Bennett 1905.
  22. Médaillon avec la coupelle argentée 2005 de la Coupe Gordon Bennett 1905.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard de Perrodil, Les Champions de l'automobile : Léon Théry, P. Dupont,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]