Hawk-Eye

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Le Hawk-Eye, utilisé lors du Tournoi de Wimbledon 2011.

Hawk-Eye (littéralement « œil de faucon ») est un système informatique propriétaire destiné à l'arbitrage et réalisé par la société Hawk-Eye Innovations Ltd. Il est utilisé sur les circuits professionnels de tennis WTA et ATP, ainsi que pour certains matchs de cricket, ou de billard.

L'usage du Hawk-Eye pour le football, à l'étude depuis 2008 pour régler les litiges liés à la ligne de but[1], sera effectif dès la saison 2013-2014 en Premier League anglaise[2]. Ce système est utilisé depuis juin 2013 dans le championnat de football gaélique irlandais [3], exclusivement pour déterminer si le ballon est bel et bien passé entre les poteaux.

Historique[modifier | modifier le code]

Une des caméras utiles au système Hawk-Eye.

Le système a été initialement développé en 1999 au sein de la société Roke Manor Research. Le projet a été dirigé par le Dr Paul Hawkins (qui a donné son nom au système[4]) et financé par la compagnie de télévision britannique The Television Corporation[5]. Après 18 mois de développement, le système est utilisé pour la première fois par la chaine britannique Channel 4 en 2001[5].

Au tennis, ce système a été inauguré à l'occasion du Masters ATP de Miami en 2006, à Key Biscayne par Jamea Jackson[6]. Le 14 juin 2006, un groupe d'investisseurs menés par le Wisden Group achète Hawk-Eye Innovations[7] et promeut son utilisation. Le premier investisseur du Wisden Group est Mark Getty.

Mardy Fish est le premier joueur à avoir fait appel, à tort, à l'arbitrage vidéo en Grand Chelem, le 28 août 2006 à l'US Open.

En France, et malgré l'opposition de l'arbitre Jacques Navarre qui prétendait « ne pas avoir besoin de ce truc pour juger des balles fautes », l'œil a été officiellement utilisé pour la première fois lors du Masters de Paris-Bercy en 2006.

À ce jour, trois tournois de Grand Chelem utilisent le système Hawk-Eye (Wimbledon, l'Open d'Australie et l'US Open). Le tournoi de Roland-Garros, disputé sur terre battue, ne l'utilise pas pour l'arbitrage car la balle laisse une trace sur la terre battue, ce qui permet à l'arbitre de juger par lui-même si la balle est faute ou non lors d'un coup litigieux. Néanmoins, cela n'empêche pas les protestations, d'autant que sur terre battue il est fréquent que plusieurs traces soient proches. L'un des avantages du Hawk-Eye est qu'il met un terme aux contestations à répétition lors des rencontres dont l'enjeu est important. Une majorité de joueurs aimerait que le Hawk-Eye fasse son apparition à Roland Garros. Du côté des spectateurs et des téléspectateurs, la tendance est nettement en faveur du Hawk-Eye qui fait partie intégrante du spectacle[réf. nécessaire]. Le Hawk-Eye à Roland Garros est utilisé uniquement dans le cadre des retransmissions télévisées. Mais le résultat n'est connu que des téléspectateurs devant leur télévision et n'est pas retransmis sur les écrans géants.

"L'exception culturelle française" concernant Roland-Garros, seul tournoi du Grand Chelem à ne pas disposer du Hawk-Eye, suscite quelques railleries. C'est ainsi que début 2012, Eurosport, avec son émission Watts, ainsi que des sites Internet ont diffusé un petit spot humoristique en noir et blanc, montrant des joueurs contestant une trace sur la terre battue. Le tout fait à la façon d'un film comique de Charlie Chaplin.[réf. nécessaire]

En septembre 2010, Mark Getty propose la société Hawk-Eye Innovations à la vente et en mars 2011, Sony s'en porte acquéreur[8].

Caractéristiques techniques et juridiques[modifier | modifier le code]

Le système Hawk-Eye comprend :

Hawk-Eye est également une marque déposée par la société Hawk-Eye Innovations Ltd et exploitée par sa filiale Hawk-Eye Sensors Ltd[11].

Applications[modifier | modifier le code]

Principe de l'arbitrage au tennis avec le Hawk-Eye[modifier | modifier le code]

Les joueurs peuvent contester une décision de l'arbitre en faisant appel au système Hawk-Eye. Ils bénéficient de trois recours (challenges, dans la terminologie anglaise) à l'assistance-vidéo pour chaque set, et d'un recours supplémentaire en cas de jeu décisif (Tie-break). La réaction du joueur doit être immédiate. Il doit arrêter de jouer et lever la main (ou sa raquette) de façon à être vu par l'arbitre de chaise. Celui-ci prononce alors en anglais une phrase qui indique que le joueur fait appel au "challenge" pour une balle annoncée faute (the ball called OUT) ou bonne (the ball called IN) selon les cas. Par exemple, s'il s'agit d'un ace annoncé faute par erreur, le point va au serveur. Si au cours d'un échange qu'aucun des joueurs n'a perdu, la balle est annoncée faute alors qu'elle est bonne après challenge, on rejoue le point. Dès que les images ont montré l'impact de la balle (IN ou OUT), l'arbitre annonce le score. Puis il indique le nombre de challenges restants au joueur qui vient de faire appel à la vidéo.

  • Si la contestation est confirmée par la machine (qui reproduit la trajectoire de la balle en image de synthèse et la diffuse sur deux grands écrans placés sur le court), le joueur conserve son capital de challenges.
  • En revanche, chaque contestation infirmée par Hawk-Eye supprime une chance.
  • Le Hawk-Eye a l'avantage d'offrir le même traitement aux joueurs qui en bénéficient. Par conséquent, le "jugement" est mieux accepté par le joueur, qui ne perd plus sa concentration (ni celle de son adversaire) en contestant une balle litigieuse.

Réactions à l'introduction du Hawk-Eye[modifier | modifier le code]

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Cet arbitrage électronique est contesté pour de nombreux motifs : on lui reproche d'être réservé aux seuls courts principaux, et non pas aux courts annexes, générant un traitement inégalitaire entre les vedettes du circuit et les autres. Cette situation est probablement inévitable, du fait des coûts élevés, environ 70 000  la semaine (2010) et des contraintes matérielles engendrées (nécessité de l'installation d'écrans géants).

D'autres voix (notamment celles de Roger Federer et de Rafael Nadal)[12],[13],[14] ont remis en question la précision de la machine.

Comparaison balle et impact
Comparaison balle / impact

On peut notamment reprocher à ce système de visualiser toujours le même impact, proche des dimensions de la balle (environ 6,5 cm de diamètre) alors que même si celle-ci est déformée par l'impact, sa surface de contact avec le sol restera toujours nettement inférieure. À noter d'une part que la balle peut parfois glisser sur le sol (notamment sur terre battue et sur gazon) avec un contact de forme elliptique et d'autre part qu'une balle peut s'enfoncer plus ou moins dans le sol (en cas de smash notamment) donc avec une surface de contact bien plus importante que lors d'un contact avec une ligne. Sachant qu'une balle out peut parfois être considérée comme bonne par le Hawk-Eye, certains joueurs peuvent être tentés de faire appel à cet arbitrage en cas de décision de l'arbitre de chaise en leur défaveur. Néanmoins il est avéré que le système Hawk-Eye réduit les erreurs d'appréciation humaines. Dans les premiers temps, les joueurs qui faisaient appel au "challenge" avaient raison dans 75 % des cas. À terme, il est possible que la baisse des coûts liés à l'informatique et à la vidéo (2010) profite au Hawk-Eye. Cela permettrait de généraliser ou tout au moins d'étendre ce système à tous les courts des principaux tournois de tennis du circuit professionnel.

En 2011, Nadal et Federer ont eu des propos plus favorables à l'égard du Hawk-Eye. L'impartialité du système vidéo semble être de plus en plus reconnue et admise.

Exemple de litige à Roland Garros, lors de la finale dames 2011 : Francesca Schiavone est peut-être passée à un point d'un second titre à cause d'une faute d'arbitrage. "A 6-5 en faveur de l'Italienne dans le deuxième set et à 40 partout sur le service de Li Na, la Chinoise a expédié un coup jugé "out" par le juge de ligne. Mais la juge de chaise, la Suédoise Louise Engzell, descendue sur le court central vérifier la marque, a déjugé la décision et accordé le point à Li Na. Une balle pour revenir à un set partout en faveur de la tenante du titre italienne s'est transformée en balle de 6-6 pour la Chinoise. Li Na n'a pas laissé passer l'aubaine et aligné neuf points de rangs pour s'adjuger la deuxième manche et le match 6-4, 7-6 (0). Après cette balle contestée, l'Italienne n'a plus inscrit le moindre point."[15].

Un match ne se joue pas sur un point unique. Mais il y a des points qui comptent plus que d'autres et peuvent faire basculer le cours d'une partie en faisant passer la confiance d'un camp à l'autre. De ce point de vue, le Hawk-Eye, même s'il n'est pas parfait et ne règle pas tous les cas de figure, permet aux joueurs de ne pas rester sur une sensation d'injustice.

Cricket[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Hawk-Eye prêt pour le foot », sur football365.fr,‎ 5 juillet 2010 (consulté le 19 mars 2011)
  2. [1], Premier League clubs choose Hawk-Eye to provide new goalline technology, Owen Gibson, The Guardian, publié le 11/04/2013, consulté le 23/04/2013
  3. « Le Hawk-Eye réussit ses débuts », sur hoganstand.com,‎ 2 juin 2013 (consulté le 23 aout 2013)
  4. (en) www.smh.com.au
  5. a et b (en) Hawkeye - Historique
  6. (en) http://www.highbeam.com/doc/1P2-16023329.html
  7. (en) « Cricinfo - Hawk-Eye bought by Wisden Group », Content-usa.cricinfo.com (consulté en 2009-06-01)
  8. (en) « Hawk-Eye ball-tracking firm bought by Sony », BBC News,‎ 7 March, 2011 (consulté en 2011-03-07)
  9. (en) Hawk-Eye est un logiciel propriétaire.
  10. (en) Le site officiel cite quatre brevets sur les composants de son système.
  11. (en) 'Hawk-Eye Sensors Ltd est une filiale de la société Hawk-Eye Innovations Ltd.
  12. (en) «  Federer: Hawk-Eye must be scrapped » sur www.thisislondon.co.uk, 9 juillet 2007.
  13. (fr) « Nadal doute de l'efficacité du «Hawk-eye» » sur www.cyberpresse.ca, 7 juillet 2007.
  14. (fr) « « Youzhny et Nadal s’étrillent sur le Hawk-Eye » » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-07 sur www.grandchelem.net, 2 mars 2007.
  15. (art. de jlc/jp du 4 juin 2011 Paris AP)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Système similaire[modifier | modifier le code]

  • Le système PointTracker (en) d'IBM fonctionne de manière similaire, mais est seulement utilisé à des fins de statistiques et pour la télévision.

Liens externes[modifier | modifier le code]