Hannah Arendt (film)

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Hannah Arendt

Réalisation Margarethe von Trotta
Scénario Pam Katz
Margarethe von Trotta
Acteurs principaux
Sociétés de production Heimatfilm
Amour Fou Luxembourg
Mact Productions
Sophie Dulac Productions
Metro Communications
ARD Degeto
Pays d’origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de la France France
Genre Drame biographique
Sortie 2013
Durée 113 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Hannah Arendt est un drame biographique franco-allemand réalisé par Margarethe von Trotta, sorti en 2013.

Synopsis[modifier | modifier le code]

1961. Hannah Arendt est une philosophe américaine respectée. Elle est juive d'origine allemande et a fui l'Allemagne nazie en 1933. Elle est envoyée à Jérusalem par le New Yorker pour assister au procès d'Adolf Eichmann, criminel de guerre nazi responsable de la déportation de millions de juifs. Ses prises de position quant au procès, aux motivations et à la personnalité d'Eichmann et à l'implication des institutions juives d'alors (Judenräte) lui attirent de vives réprobations et d'inimitiés non seulement parmi les rescapés de la Shoah, mais aussi parmi ses proches. Son obstination et l’exigence de sa pensée se heurtent à une incompréhension et provoquent son isolement.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source et légende : Version française (V. F.) sur le site d’AlterEgo (la société de doublage[1]) et sur le carton de doublage.

Accueil[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Dans Le Monde : « Au cinéma tout particulièrement, le portrait de philosophe n'est pas un exercice facile. Ainsi que le souligne la réalisatrice, il y a quelque chose de paradoxal à filmer quelqu'un qui s'occupe principalement d'observer, et de construire une pensée à partir de sa récolte mentale[2]. »

Dans Le Figaro, la réalisatrice déclare : « C'est Le Septième Sceau de Ingmar Bergman qui m'a donné envie de faire des films, parce que c'était une œuvre très complète[3]. »

Dans Le Monde diplomatique : « Il n’y a pas de judaïsme hors, d’une part, l’orthodoxie et, d’autre part, le peuple juif produisant un folklore et parlant yiddish », affirme Hannah Arendt dans une lettre du 7 septembre 1952 au philosophe allemand Karl Jaspers. Ce qui incite à se demander s’il est bien pertinent de lui attribuer des textes « juifs », alors qu’elle s’est contentée de faire porter sa réflexion sur ce qu’ont vécu les Juifs et sur la judéité. Avec ce recueil intitulé Écrits juifs, la voilà placée, pour ainsi dire, à côté de Franz Rosenzweig, auteur en 1921 de L’Étoile de la rédemption, que Walter Benjamin définissait comme un « système de la théologie juive ». (...) Ainsi, comment déchiffrer sa « Lettre ouverte à Jules Romains » d’octobre 1941 sans disposer du texte qui a suscité son indignation ? Même interrogation à propos de sa protestation d’avril 1943 contre l’abrogation par le général Giraud, nommé commandant en chef à Alger par la grâce du gouvernement américain, du décret Crémieux, qui avait accordé en 1870 la nationalité française aux juifs d’Algérie[4]. »

Sur Rue89 : « (le concept de la banalité du mal) reprenant la vision kantienne de La Religion dans les limites de la simple raison selon laquelle l’homme n’est pas diabolique, est largement acceptée aujourd’hui : Rony Brauman et Eyal Sivan, en 1999 reprennent, dans le film Un spécialiste, portrait d'un criminel moderne, les images du procès Eichmann à la lumière des écrits d’Arendt, lors de situations similaires comme les procès de Khmers rouges au Cambodge[5]. »

Dans La Croix : « Le travail des historiens a depuis fait évoluer la lecture du personnage. « On sait aujourd’hui qu’Eichmann a vraiment participé à son procès, il a préparé lui-même sa défense en écrivant des milliers de pages. Lors des audiences, il est très présent, il prend la parole, se défend », nuance l’historien Henry Rousso, commissaire de l’exposition « Juger Eichmann », présenté au Mémorial de la Shoah en 2011[6]. »

Dans Télérama : « Contrairement à ce que le titre peut laisser croire, Hannah Arendt n'est pas un biopic. On reprochera à la réalisatrice son didactisme. En revanche, après L'Honneur perdu de Katharina Blum (qu'elle cosigne avec Volker Schlöndorff) ou Rosa Luxemburg, Von Trotta continue, avec force, à ouvrir les yeux des Allemands sur leur lourd passé, et leurs grandes figures féminines[7]. »

Dans Paris Match : « Alternant fiction et images d’archives, la cinéaste restitue l’engagement et la rigueur de cette philosophe jusqu’au-boutiste, tout en dessinant avec sagacité (rien à voir avec la calamiteuse Dame de fer thatchérienne de Phyllida Lloyd) le portrait d’une femme exceptionnelle. (...) D’ailleurs, Claude Lanzmann (Shoah) vient de réaliser Le Dernier des injustes, un film documentaire contredisant certaines assertions de Hannah Arendt[8]. »

Sur Slate : « Hannah Arendt est « un film sûr ». Cela se voit à sa manière redondante de montrer et de faire énoncer par les acteurs et actrices, à commencer par Barbara Sukowa dans le rôle-titre. Cela se voit à la mécanique simpliste des enchainements, aux machineries du passage du psychologique au collectif, au recours terriblement lourd aux flashbacks, aux costumes, à la musique, aux décors… Bref ça se voit partout, coulant le film dans une gangue si pesante qu’il s’en faut de peu que cela ne se transforme en expérimentation sur une forme de théâtre surfilmé, brechtisme stylisé que la vocation «grand public» du projet interdit sans retour[9]. »

Dans Le Nouvel Observateur : « Platon reconnaît que les philosophes sont assez mal à l’aise dans les tribunaux et les assemblées publiques. La monstruosité du mal humain, c’est sa banalité. Banalité du mal que l’Expérience de Milgram tentera de démontrer scientifiquement, expérience à son tour reprise dans une fameuse scène du film d’Henri Verneuil, I... comme Icare[10]. »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]