Eyal Sivan

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Eyal Sivan (en hébreu אייל סיון) est un producteur, réalisateur, essayiste et enseignant israélien, né en 1964 à Haïfa (Israël).

Biographie[modifier | modifier le code]

Eyal Sivan à grandi à Jérusalem, devient photographe à Tel-Aviv, puis rejoint la France en 1985 et s'installe à Paris[1]. Depuis, il partage sa vie entre l'Europe et Israël. Il est l'auteur plusieurs films documentaires reconnus et primés à travers le monde et en a produit beaucoup d'autres. Eyal Sivan dirige la société de production Momento ! et la société de distribution Scalpel. Il reçoit en 1990 le Prix de Rome du ministère de la culture et réside un an à la Villa Médicis. Plus récemment, Eyal Sivan enseigne à l'Institut universitaire Sapir dans le sud d'Israël .

Il a fondé et dirige la société de production et de distribution Momento. Il est le fondateur et le rédacteur en chef de 'Makhbarot Kolnoa Darom' (Cahiers du Cinéma Sud), revue israélienne decinéma et politique, édité par Sapir Academic College. Il est membre du comité éditorial des éditions La Fabrique. Pendant plusieurs années, Eyal Sivan était professeur à la School of Arts and Digital Industries de l'University of East London, où il a été chargé du master Film & New Media. Aujourd'hui, il enseigne à l’École des Arts du Son et de l'Image à l'Académie Sapir en Israël, à la NABA (Nova Academia di Bella Arti) à Milan et à la Film Academy d'Amsterdam (NFTA) et est Honorary Fellow au European Center of Palesitne Studies a L'université d'Exeter. Eyal Sivan collabore à la revue de l'UJFP, De l'autre côté[2].

Connu pour ses films controversés, ses travaux cinématographiques ont été projetés et primés dans des festivals internationaux prestigieux. Outre leur diffusion en salles et à la télévision, les films de Eyal Sivan sont régulièrement exposés dans le cadre d'importantes expositions d'art à travers le monde.

Abordant l'utilisation politique de la mémoire en Israël et de la Shoah[3], Eyal Sivan se fait remarquer pour ses positions antisionistes[4] et pour les sujets qu'il aborde, comme la question de la désobéissance civile[5]. Eyal Sivan est régulièrement invité à donner des cours, des séminaires et des conférences à travers le monde sur la représentation du conflit israélo-palestinien, le documentaire et l'éthique, le crime politique et sa représentation, l'usage politique de la mémoire, la représentation des génocides, etc.

Procès contre Finkielkraut[modifier | modifier le code]

Dans un procès qui se tient en 2006, Eyal Sivan poursuit en diffamation l'intellectuel Alain Finkielkraut, lequel avait déclaré que le réalisateur israélien était « l'un des acteurs » de « l'antisémitisme juif » actuel. Évoquant également « la haine de Eyal Sivan à l'égard des juifs », Alain Finkielkraut considérait que, pour Sivan, « il s'agit de les tuer, de les liquider, et de les faire disparaître ». Débouté en première instance le 27 juin 2006, Eyal Sivan a fait appel. La Cour estimait en effet que Finkielkraut n'imputait à Sivan que « des attitudes intellectuelles et, ce faisant [ndlr : ne lui avait jamais imputé] un fait précis dont la vérité pourrait être prouvée »[6]. Bernard-Henri Lévy a témoigné en faveur de Finkielkraut lors du procès[6]. La Cour d'appel ne devait pas trancher sur le fond, mais seulement sur les intérêts des parties civiles[6].

Menace de mort[modifier | modifier le code]

Au printemps 2003, alors qu'il rentrait d'Israël où il avait participé à un séminaire de cinéastes arabes et israéliens, Eyal Sivan a reçu une lettre contenant un balle de 22mm, accompagnée de ces mots : "la prochaine n'arrivera pas par la poste". Le cinéaste met en cause les personnalités qui l'attaquent, les accusant d'entretenir un climat de haine à l'égard de ceux qui critiquent la politique israélienne. Il a déposé plainte pour ces menaces[7].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Programmes télévisés[modifier | modifier le code]

  • Réalisation de onze spots télévisés pour la Liste progressiste pour la paix, Israël, 1988.
  • Conception d'une soirée thématique sur Jérusalem, Jérusalem, Jérusalems, 1994.
  • Direction artistique de Scalpel, une série de 13 émissions de 45 minutes pour Arte, 2001.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Éloge de la désobéissance, coauteur avec Rony Brauman, publié par Éditions Le Pommier/Fayard
  • Un État commun : entre le Jourdain et la mer, coauteur avec Éric Hazan, Éditions La Fabrique, 2012.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix Procirep et mention spéciale du Jury FIPA 1991 ; Prix de l'investigation à la Biennale européenne du documentaire Marseille 1991 ; Objectif d'or, Tel Aviv 1991, pour Izkor: Les esclaves de la mémoire.
  • Sélection officielle États Généraux du documentaire, Lussas 1991, pour Israland.
  • Merit Winner au San Francisco International Film Festival 1997 ; mention spéciale au Festival cinéma documentaire de Bilbao 1997, pour Itsembatsemba, Rwanda un génocide plus tard.
  • Sélection officielle au Festival de Berlin 1999 ; Prix Adolf Grimme, Allemagne 2001 ; Prix de la 7e quinzaine du jeune cinéma français, Gênes 2000 ; Prix du festival France cinéma, Florence 1999, pour Un spécialiste, portrait d'un criminel moderne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Momento production - les archives.
  2. Télérama, 26 septembre 2010.
  3. « [Israël est] un État qui a peu de choses à voir avec le judaïsme mais qui utilise et manipule la mémoire juive en fonction de ses intérêts socio-politiques », voir [1].
  4. « Je suis anti-sioniste parce que je trouve que le sionisme est une idéologie qui croit résoudre les rapports entre les hommes », écrit-il. Voir http://www.momento-production.com/article.php3?id_article=105.
  5. Notamment dans l'ouvrage Éloge de la désobéissance.
  6. a, b et c BHL soutient Finkielkraut, Nouvel Observateur, 23 juin 2008.
  7. Libération du 22 mars 2003.