Eyal Sivan

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Eyal Sivan (en hébreu אייל סיון) est un producteur, réalisateur, essayiste et scénariste israélien, né en 1964 à Haïfa (Israël).

Biographie[modifier | modifier le code]

Eyal Sivan passe son enfance à Jérusalem, devient photographe à Tel-Aviv, puis rejoint la France en 1985[1]. Il est l'auteur ou le producteur de plusieurs documentaires, dont certains ont été primés. Eyal Sivan dirige la société de production Momento ! et la société de distribution Scalpel. Ayant enseigné à la Sorbonne puis à l'Université Lille III, il reçoit en 1990 le Prix de Rome du ministère de la culture et réside un an à la Villa Médicis. Plus récemment, Eyal Sivan enseigne à l'Institut universitaire Sapir en Israël et à l'École arabe de cinéma de Nazareth.

Abordant l'utilisation politique de la mémoire en Israël et de la Shoah[2], Eyal Sivan se fait remarquer pour ses positions antisionistes[3] et pour les sujets qu'il aborde, comme la question de la désobéissance civile[4]. Il participe par ailleurs à la campagne de Boycott, désinvestissement et sanctions[5].

Eyal Sivan collabore à la revue de l'UJFP, De l'autre côté[6].

Procès contre Finkielkraut[modifier | modifier le code]

Dans un procès qui se tient en 2006, Eyal Sivan poursuit en diffamation l'intellectuel Alain Finkielkraut, lequel avait déclaré que le réalisateur israélien était « l'un des acteurs » de « l'antisémitisme juif » actuel. Évoquant également « la haine de Eyal Sivan à l'égard des juifs », Alain Finkielkraut considérait que, pour Sivan, « il s'agit de les tuer, de les liquider, et de les faire disparaître ». Débouté en première instance le 27 juin 2006, Eyal Sivan a fait appel. La Cour estimait en effet que Finkielkraut n'imputait à Sivan que « des attitudes intellectuelles et, ce faisant [ndlr: ne lui avait jamais imputé] un fait précis dont la vérité pourrait être prouvée »[7]. Bernard-Henri Lévy a témoigné en faveur de Finkielkraut lors du procès[7]. La Cour d'appel ne devait pas trancher sur le fond, mais seulement sur les intérêts des parties civiles[7].

Menace de mort[modifier | modifier le code]

Il a reçu en 2003 une lettre contenant une balle de 22 mm accompagnée de cet avertissement « la prochaine n’arrivera pas par la poste », n'écoutant que son courage, il se résout à quitter la France[8].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Programmes télévisés[modifier | modifier le code]

  • Réalisation de onze spots télévisés pour la Liste progressiste pour la paix, Israël, 1988.
  • Conception d'une soirée thématique sur Jérusalem, Jérusalem, Jérusalems, 1994.
  • Direction artistique de Scalpel, une série de 13 émissions de 45 minutes pour Arte, 2001.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Éloge de la désobéissance, coauteur avec Rony Brauman, publié par Éditions Le Pommier/Fayard
  • Un État commun : entre le Jourdain et la mer, coauteur avec Éric Hazan, Éditions La Fabrique, 2012.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix Procirep et mention spéciale du Jury FIPA 1991 ; Prix de l'investigation à la Biennale européenne du documentaire Marseille 1991 ; Objectif d'or, Tel Aviv 1991, pour Izkor: Les esclaves de la mémoire.
  • Sélection officielle États Généraux du documentaire, Lussas 1991, pour Israland.
  • Merit Winner au San Francisco International Film Festival 1997 ; mention spéciale au Festival cinéma documentaire de Bilbao 1997, pour Itsembatsemba, Rwanda un génocide plus tard.
  • Sélection officielle au Festival de Berlin 1999 ; Prix Adolf Grimme, Allemagne 2001 ; Prix de la 7e quinzaine du jeune cinéma français, Gênes 2000 ; Prix du festival France cinéma, Florence 1999, pour Un spécialiste, portrait d'un criminel moderne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Momento production - les archives
  2. « [Israël est] un État qui a peu de choses à voir avec le judaïsme mais qui utilise et manipule la mémoire juive en fonction de ses intérêts socio-politiques », voir [1].
  3. « Je suis anti-sioniste parce que je trouve que le sionisme est une idéologie qui croit résoudre les rapports entre les hommes », écrit-il. Voir http://www.momento-production.com/article.php3?id_article=105
  4. Notamment dans l'ouvrage Éloge de la désobéissance
  5. Eyal Sivan, « Pourquoi je ne participerai pas au festival de films israéliens »,‎ 6 octobre 2009
  6. Télérama, 26 septembre 2010
  7. a, b et c BHL soutient Finkielkraut, Nouvel Observateur, 23 juin 2008
  8. Mona Chollet, Olivier Cyran, Sébastien Fontenelle et Mathias Reymond, Les éditocrates, La Découverte 2009, p. 189