Golfe de Gabès

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Golfe de Gabès
Image satellite du golfe de Gabès
Image satellite du golfe de Gabès
Géographie humaine
Pays côtiers Drapeau de la Tunisie Tunisie
Géographie physique
Type Golfe
Localisation Mer Méditerranée
Coordonnées 34° 05′ 37″ N 10° 26′ 13″ E / 34.09361, 10.43701234° 05′ 37″ Nord 10° 26′ 13″ Est / 34.09361, 10.437012  

Géolocalisation sur la carte : Tunisie (relief)

(Voir situation sur carte : Tunisie (relief))
Golfe de Gabès

Le golfe de Gabès (خليج قابس), appelé auparavant Syrte mineure (Minor Syrtis) ou Petite Syrte, est un golfe situé sur la côte est de la Tunisie. Il s'étend sur plus de 200 kilomètres entre la ville de Sfax et l'île de Djerba.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Il était aussi autrefois appelé en latin Syrtis Minor ou « Petite Syrte », appelé ainsi pour le différencier du Syrtis Maior c'est-à-dire la « Grande Syrte », désignant le golfe de Syrte.

Le nom de Syrtis est un emprunt au grec ancienSurtis (génitif Surtidos), mentionné par Hérodote, désigne un « amas de sable et de rochers » constitués le long des côtes par les courants et autres mouvements d'eau. Ce mot est à rapprocher du terme Sūrō signifiant « traîner », « charrier », « balayer », Surma pour « balayure », Surmos pour « rafale », Surtos pour « entrainé », « charrié »[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le golfe occupe une place privilégiée au centre de la Méditerranée, à la jonction entre les bassins oriental et occidental. L'une de ses caractéristiques principales est l'amplitude des marées, la plus forte de Tunisie (moyenne de deux mètres), due à la très grande largeur et à la très faible déclivité du plateau continental. Le marnage y est, avec la haute Adriatique, le plus fort de Méditerranée.

La salinité du golfe varie entre 38 et 39 pour mille et sa température entre 14 et 29 °C.

Il présente des caractéristiques topographiques et biologiques particulières qui lui confèrent l'aspect d'une zone d'élevage favorisant la reproduction et le développement de nombreuses espèces marines. Ben Othman[Qui ?][2] a décrit en 1971 l'existence de 208 espèces marines entre 0 et 300 mètres de profondeur. En effet, le golfe dispose d'un large plateau continental sans présence de relief et avec une pente très douce qui fait que l'isobathe des 200 mètres n'est atteinte qu'à 250 kilomètres de la côte[3].

Économie[modifier | modifier le code]

En dehors des ressources liées à l'industrie du phosphate et au transfert du pétrole algérien, la pêche peut être considérée comme le principal pourvoyeur d'emplois de la région (abritant 61 % de la flotte de pêche tunisienne), la zone figurant parmi les zones les plus productives de la mer Méditerranée, notamment en raison de conditions climatiques favorables ; elle est en effet omniprésente sous diverses formes.

Dans la zone littorale peu profonde, notamment au niveau des hauts fonds entourant l'archipel des Kerkennah (à l'est de Sfax) est pratiquée depuis des siècles une pêche traditionnelle aux pièges fixes : les charfias, technique ancestrale souvent considérée comme respectueuse de l'environnement, aussi bien du point de vue des matériaux utilisés pour la confection des pièges que pour le mode de pêche lui-même. Les autres techniques de pêche artisanales sont très nombreuses : pêche des poulpes à la gargoulette, pêche « à pied » pour le ramassage des palourdes, filets maillants avec de nombreuses variantes pratiquées sur l'ensemble des côtes, etc. La pêche hauturière est, quant à elle, effectuée au chalut : elle porte essentiellement sur la prise des crevettes royales (Penaeus kerathurus) qui, depuis une quinzaine d'années, est progressivement relayée par des crevettes venues de la mer Rouge telles que les Metapenaeus monodon, Trachypenaeus curvirostris ou plus récemment Metapenaeus stebbingi. Il faut aussi citer la présence de grands senneurs pour la pêche du thon rouge.

Environnement[modifier | modifier le code]

Le golfe est réputé comme la principale zone de pêche en Tunisie, la Côte des Barbaresques ayant été exploitée par les pêcheurs européens pour son corail et ses éponges dès avant le XIXe siècle. Ses eaux sont le siège d'une biodiversité élevée et originale, étudiée notamment lors des campagnes scientifiques de Jacques-Yves Cousteau en 1970, soit avant que ne soient installées, en 1972, les usines de traitement des phosphates de la zone de Gabès.

Toutefois, la situation du secteur a aujourd'hui nettement changé : le golfe subit de très fortes contraintes liées aux activités anthropiques et surtout à la forte industrialisation dans les zones de Sfax (partie nord du golfe) et de Gabès (partie centrale). La pollution engendrée, notamment par le déversement depuis plus d'une cinquantaine d'années, sur les rivages et en mer, de grandes quantités de phosphogypse issues des usines d'acide phosphorique et d'engrais chimiques de Sfax, Skhira et Ghannouch, a provoqué une très importante diminution des surfaces occupées par les herbiers de posidonies et leur éradication dans les fonds de plus d'une dizaine de mètres de profondeur.

Le programme de développement industriel mis en œuvre par l'État a ainsi entraîné une importante diminution de la biodiversité, la pollution des eaux et une catastrophe économique pour les pêcheurs locaux. De plus, le raclage permanent des fonds par les chaluts a abouti à une situation de surpêche pour de nombreuses espèces halieutiques.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Deroy et Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, éd. Le Robert, Paris, 1994 (ISBN 285036195X)
  2. Bulletin de l'Institut scientifique et technique d'océanographie et de pêche de Salammbô, no 3[réf. incomplète]
  3. (fr) [PDF] Scander Ben Salem, Ramon Franquesa et Amor El Abed, Indicateurs socioéconomiques pour la pêche au golfe de Gabès (Tunisie). Étude de cas, éd. INSTM, Carthage, 2002