Constant Montald

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Constant Montald, né à Gand le 4 décembre 1862 et mort à Bruxelles le 5 mars 1944, est un peintre et sculpteur belge.

Biographie[modifier | modifier le code]

1862-1893[modifier | modifier le code]

Pendant qu'il suivait en journée des cours de peinture décorative à l'école technique de Gand, Montald fut inscrit dès 1874 pour les cours du soir de l'Académie des Beaux-Arts de Gand. C'est là qu'il obtient le Grand Prix et qu'il reçoit une bourse d'études de la ville.

Avec le peintre et affichiste Privat Livemont, il réside à partir de 1885 à Paris comme élève de l'École des Beaux-Arts. À Paris, il peint cette année-là sa première toile monumentale, Le Combat humain (5 × 10 m), qu'il offre plus tard à sa ville natale. Elle y est destinée au grand hall (la salle des pas-perdus) du palais de Justice. Plus tard, l'œuvre est abritée au dépôt du Musée des beaux-arts de Gand.

Montald gagne le prix de Rome en 1886 avec Diagoras porté en triomphe par ses fils, vainqueurs des Jeux olympiques de la Grèce ancienne. Ceci lui valut un hommage appuyé de sa ville natale.

Ensuite, il effectua son grand voyage en Italie, où il fut impressionné par la Chapelle Sixtine et par Giotto. Il traversa tout le pays jusqu'à s'établir à Florence où il fit des pré-études pour une grande œuvre qu'il a finie à Rome. Cette œuvre, Contradictions sociales, se retrouva enroulée dans les caves des Musées royaux d'art et d'histoire à Bruxelles, après avoir été exposée en 1890 comme contribution à Rome.

Dans son atelier romain, il peint en 1889 une œuvre décorative monumentale intitulée Les Harpes Éoliennes, qui sera exposée au salon de Gand en 1892 (actuellement au dépôt des Musées royaux d'art et d'histoire). En 1891, Montald retourne en Belgique après un voyage en Égypte.

Le 9 août 1892 il épouse Gabrielle Canivet (1867-1942), également artiste qui s'était spécialisée en compositions décoratives d'étoffes.

1894-1913[modifier | modifier le code]

En 1894, il participe avec Jean Delville, Auguste Donnay et Léon Frédéric à une exposition à Bruxelles, organisée par le groupe d'étude ésotérique Kumris.

En 1896, il termine premier de l'épreuve de professeur à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles, orientation arts décoratifs.

La Villa Montald à Woluwe-Saint-Lambert

La même année, il participe au premier Salon d'Art Idéaliste de Jean Delville. Victor Rousseau et Léon Frédéric y exposent également. Il créa aussi la décoration du tympan dans la façade du Koninklijke Nederlandse Schouwburg (Gand) (1897-98), un édifice de l'architecte De Vigne.

C'est à cette époque que l'art de Montald subit une révolution. Dans les cercles ésotériques, où il se produit, l'on voulait élever l'art au-dessus de la réalité pour exprimer l'idée. Après avoir été impressionné par l'imposante et mystérieuse Basilique Saint-Marc de Venise, l'artiste s'est ouvert à la forte interaction qu'ont les arrière-fonds dorés des peintures sur la couleur. Sous cette influence, il peint vers 1907 des œuvres comme Le Bateau de l'Idéal et La Fontaine de l'inspiration. Ensuite, il peint L'Arbre bénit. Lorsqu'il expose ces trois œuvres à Bruxelles en 1906, il obtint une médaille d'Or.

Si la première de ces œuvres était influencée par les Préraphaélites, chemin faisant l'artiste se focalisa sur une intégration plus poussée des personnages humains dans leur environnement végétal : des arbres aux branches torsadées, rideaux de fleurs et buissons et pelouses semées de végétation irréelle s'imposaient à l'homme, réduit à un rôle insignifiant. Il s'agissait ici d'un monde de rêve élyséen de parcs et de fontaines exécuté dans un dessin ornemental, avec l'accent sur les teintes or et bleu d'origine byzantine, portées par un rythme serein. C'est la peinture comme musique visuelle.

En 1909-10 Montald se fait construire une villa à Woluwe-Saint-Lambert. Elle devient rapidement un lieu de rencontre d'une élite intellectuelle, parmi lesquels des amis comme Émile Verhaeren et Stefan Zweig. Montald peint différents portraits d'Émile Verhaeren.

1914-1944[modifier | modifier le code]

Le billet de 10 000 francs de 1929 dessiné par Montald.

La Première Guerre mondiale empêcha Montald de peindre des œuvres monumentales. Il se concentra alors sur des œuvres de chevalet : parmi celles-ci, des paysages dans les environs de sa villa de Woluwé.

Avec entre autres Jean Delville, Émile Fabry, Albert Ciamberlani, Émile Vloors et Omer Dierickx, Montald fut en 1920 cofondateur du groupe L'art monumental, qui promut un art décoratif monumental, lié à l'architecture.

Il dessine pour la Banque nationale de Belgique le billet de 10 000 francs (1929).

Pendant 37 ans (jusque 1932), Montald eut une influence considérable comme chargé de cours à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. Parmi ses nombreux élèves, on compte René Magritte, Paul Delvaux, Jan De Cooman, Joseph Lacasse, Armand Bonnetain ou Edgard Tytgat.

Veuf depuis 1942, Constant Montald est décédé le 5 mars 1944 dans la rue à la suite d'une attaque d'apoplexie.

Son dernier grand projet décoratif, les peintures murales pour le mur du cimetière de l'abbaye d'Orval, fut terminé par son élève Anto Carte.

Son légataire universel, Jean Goffin, neveu de son épouse, a vendu sa propriété à la commune de Woluwe-Saint-Lambert. Le testament, outre des legs eux descendants de son frère et autres personnes, prévoyait la création d'un prix bisannuel Constant Montald afin d'encourager l'art pictural monumental.

La commune de Woluwe-Saint-Lambert a donné son nom à une avenue.