Boucles d'or et les Trois Ours

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Boucles d'or et les Trois Ours
Image illustrative de l'article Boucles d'or et les Trois Ours
Illustration tirée du livre The Three Bears,
édité par Mc Loughlin Bros, New-York
Conte populaire
Titre Boucle d’or et les Trois Ours
Titre original The Story of the Three Bears
Folklore
Genre Conte d'animaux
Aarne-Thompson AT 171
Pays Angleterre (?)
Extension Europe
Amérique du Nord
Époque XIXe siècle
Version(s) littéraire(s)
Publié dans Robert Southey, The Doctor (1837)

Boucle d'or et les Trois Ours, ou Les Trois Ours, est un conte. Souvent considéré comme une histoire folklorique anonyme d'origine écossaise, ou comme l'une des créations de la collection des frères Grimm, il est découvert lors de sa première édition en 1909 sous la forme d'un texte en prose composé par Robert Southey et paru dans son ouvrage The Doctor. Probablement basé sur une version plus ancienne, il a bénéficié d'une grande notoriété après avoir été édité par Southey, et a été tellement souvent raconté par la suite que le lien à son auteur a été perdu. Il aborde la question de la place de l'enfant dans la fratrie et celle de la quête d'identité.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'histoire raconte la rencontre entre trois ours anthropomorphiques et une petite fille appelée « Boucles d'or » en raison de sa chevelure blonde.

Une famille de trois ours composée d'un père, d'une mère et de leur enfant vit dans une petite maison dans les bois. Un jour, attendant que leur repas refroidisse, les membres de la famille ours partent se promener. Boucles d'or découvre alors la maison vide.

Curieuse, elle entre et se mêle aux affaires de la famille. Ayant faim, Boucles d'Or goûte les bols de gruau, et se régale de celui de l'ourson, ni trop chaud, ni trop froid. Ayant ensuite envie de se reposer, elle essaye chacun des trois fauteuils, mais casse celui de l'ourson, ni trop dur, ni trop moelleux. Ayant enfin sommeil, Boucles d'Or décide d'aller dormir, et, après avoir testé les trois lits, s'assoupit finalement dans celui de l'ourson, juste à sa taille.

Les trois ours reviennent à la maison alors que Boucles d'Or dort toujours. Ils la réveillent, et selon la version de l'histoire, la tuent ou l'effraient avant de la mettre en fuite. Dans les versions les plus récentes, les trois ours effraient involontairement Boucles d'Or, alors qu'ils ne lui veulent aucun mal. Elle s'enfuit ensuite en courant ; la famille ours reprend son petit déjeuner interrompu, après que le père ours a réparé la chaise de leur enfant. Dans certaines versions, les ours vont jusqu'à indiquer à Boucles d'Or le bon chemin pour rentrer chez elle.

L'interprétation de l'histoire peut différer également, mais peut se résumer à l'idée que l'intimité des autres devrait être respectée.

Versions[modifier | modifier le code]

La version de Southey montre trois ours de tailles différentes, sans plus de précision. Ce n’est que plus tard, au début du XXe siècle, qu’ils constitueront une famille père-mère-enfant. L’intruse n’est pas une fillette, mais une méchante vieille femme. Dans des versions populaires, et peut-être à l’origine, c’est même un renard, faisant de ce conte un élément du cycle ours-renard (où l’ours se fait berner de différentes façons par le renard). Dans les versions anglaises c’est une renarde, en anglais vixen. Comme ce mot désigne aussi une femme acariâtre, le passage au personnage humain s’est fait naturellement. On retrouve un renard, nommé Scrapefoot, dans une version de 1894 par l’illustrateur John D. Batten.

Le personnage de la petite fille apparaît avec une adaptation du conte de Southey par Joseph Cundall (1849). Elle s’appelle d’abord Silver Hair, Silver-Locks, Golden Hair, Golden-Locks, et ce serait Flora Annie Steel qui aurait apporté le nom définitif Goldilocks en 1918.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Le pédagogue américain Bruno Bettelheim a étudié les implications psychanalytiques de Boucles d'or et les Trois Ours dans son ouvrage Psychanalyse des contes de fées. Selon lui, il manque à cette histoire quelques-unes des caractéristiques les plus importantes des contes de fées qu'il observe par ailleurs dans son essai : « quand elle se termine, il n'y a ni guérison ni réconfort ; aucun conflit n'est résolu ; et il n'y a pas de conclusion heureuse. » De fait, il considère néanmoins Boucles d'or et les Trois Ours comme une histoire très significative car certains problèmes majeurs de l'enfance y sont abordés : la lutte au sein des situations œdipiennes, la recherche d'une identité et la jalousie fraternelle[1].

Adaptations modernes[modifier | modifier le code]

Dans la version récente proposée par Victor Dixen (Animale, La malédiction de Boucle d'or, 2013), la petite fille devient une jeune femme qui disparaît dans les profondeurs de la forêt vosgienne, à l'époque des guerres napoléoniennes.

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim (ISBN 2266095781)
  2. Archive.org : https://archive.org/details/storyofthreebear00broo

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]