Big five (chasse)

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Les Big five ou big 5 sont un ensemble de cinq mammifères africains mis en relief par les autorités touristiques dans le cadre des safaris photographiques ou de chasse. Les cinq animaux choisis sont le lion, le léopard, l'éléphant d'Afrique, le rhinocéros noir et le buffle d'Afrique[1]. Les big 5 ont été « choisis » par Ernest Hemingway dans Les Neiges du Kilimandjaro[2]. Dans le cadre d'une chasse, chacun de ces animaux apporte un trophée.

Les big five[modifier | modifier le code]

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Lion d'Afrique[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la cible la plus prisée des chasseurs. Les trois quarts de la population des lions, estimée à 20 000 individus en 2011 se trouvent à l'Est et au Sud de l'Afrique. La protection du lion est maximale dans les réserves, mais la situation est préoccupante en-dehors de celles-ci[1]. Trophée : la peau du lion, plus la crinière est grande, plus prestigieux est le trophée.

Éléphant d'Afrique[modifier | modifier le code]

L'éléphant d'Afrique a pu être sauvé par l'action de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) qui a interdit le commerce de tout ou partie de l'éléphant (notamment son ivoire). La population sauvage est estimée en 2011 entre 472 000 et 500 000 individus. Cependant, dans certaines régions africaines, comme en Tanzanie ou en Zambie, les éléphants causent des dégâts considérables aux cultures[1]. Trophée : les défenses.

Buffle d'Afrique[modifier | modifier le code]

Le buffle d'Afrique a une population estimée à plus d'un million d'individus[1]. C'est de loin le plus dangereux du Big 5, puisqu'il peut attaquer en premier, avant même que le chasseur ait pu ouvrir le feu. Et s'il est blessé, il chargera de toute manière, ce qui implique l'utilisation de munition de chasse de grande puissance, comme le .458 Winchester Magnum. Il est plus facile de lui tendre une embuscade près d'un point d'eau tôt le matin. Trophée : les cornes, plus la distance entre ses deux pointes est grande, plus prestigieux est le trophée.

Cape Buffalo Head, Stuffed.JPG

Léopard[modifier | modifier le code]

Les populations du léopard sont estimées à environ 700 000 individus dans toute l'Afrique, hormis l'Afrique du Nord où il a disparu. Chasseur nocturne, il doit son abondance à son caractère discret. Les principales menaces pesant sur l'espèce sont la chasse pour sa peau et les représailles des éleveurs lorsqu'il s'attaque au bétail[1]. Le chasseur safari peut l’appâter avec une carcasse de babouin ou d'antilope accroché à une branche solide, et se poster à l'est de l'arbre, de sorte que la silhouette de l’appât soit visible au crépuscule. Trophée : la peau.

Rhinocéros noir[modifier | modifier le code]

La corne du rhinocéros noir à longtemps été recherchée comme aphrodisiaque ou signe de virilité. Les populations ont été chassées à outrance, mais grâce aux efforts de conservation, il est à présent considéré comme sauvé par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)[1]. Lors des safaris du début du XXe siècle, le Rhinocéros fût relativement facile à chasser, puisqu'il laisse facilement s'approcher, contrairement au buffle. Trophée : la tête avec corne.

Dérives[modifier | modifier le code]

Les safaris peuvent être atteints de dérives graves pour le bonheur de riches chasseurs prêts à payer pour tuer l'un des big 5. Ainsi, dans certaines chasses privées, les animaux sauvages peuvent être drogués pour être plus facilement tués, ou alors des animaux élevés en captivité peuvent être présentés comme des animaux sauvages[2].

L'élevage d'animaux en captivité à des fins de chasse (la chasse close ou en anglais canned hunting) n'est pas considéré comme interdit par la Cites car il ne s'agit pas d'animaux sauvages. Cependant, les petits sont souvent prélevés dans la nature. En 2006, une loi interdit cette pratique. Toutefois, comme il s'agit d'animaux captifs, il est impossible de les relâcher dans la nature. Le gouvernement ne pouvant tous les recueillir (seulement 1 000 places disponibles pour 5 000 lions captifs), les éleveurs de fauve ont pu continuer leur activité[2].

Des failles administratives sur la distribution des permis de chasse sont également exploitées afin d'obtenir le maximum de permis[2].

Même pour les safaris plus « écologiques », les dérives peuvent existent. Par exemple, lors des safaris photos au cratère du Ngorongoro où le nombre de véhicules est limité à cinq par animal, les guides se préviennent par radio pour s'approcher des animaux, peu importe le nombre de 4x4 sur le site[3]. La « chasse écologique », où les animaux sont endormis plutôt que tués, a été interdite car certains animaux avaient été tirés jusqu'à huit fois par mois, mettant leur santé en danger[2].

Chasse au big 5[modifier | modifier le code]

L'Afrique australe est le terrain de chasse privilégié en Afrique[2]. Dans les pays où la chasse au Big 5 est autorisé, un calibre minimal de 9.3x64 ou le .375 Holland & Holland Magnum et plus, est imposé par la juridiction, pour des raisons de prise de responsabilités par les autorités en cas d'accidents survenus lors d'utilisation de munitions de moyenne et faible puissance sur le gros gibier. En général on utilise des munitions tels que le .416 Rigby, .458, .470 Nitro Express, .500, .505 Gibbs et voire plus (le .577 Tyrannosaur ou encore le .700 Nitro Express). Le prix unitaire des cartouche peut varier entre 20-30 euros, et même plus. Les fusils de safari demeurent les plus chers parmi les fusils de chasse, ils s'achètent sur commande, et peuvent atteindre les 100 000 euros, d'autant plus qu'ils sont relativement lourds (6-7kg).

Conséquences économiques[modifier | modifier le code]

Pour les safari de chasse, 16 400 étrangers sont venus en Afrique entre octobre 2006 et octobre 2008 dépenser plus de 70 millions d'euros selon l'Association des chasseurs professionnels d'Afrique du Sud. L'exportation des trophées de chasse a augmenté de 1 500 pièces en 2000 à 4 000 pièces en 2008. L'engouement pour la chasse au gros gibier a entraîné le développement d'enchères aux animaux sauvages (Wildlife Auctions) organisées par les réserves où les animaux sauvages sont vendus au plus offrant (un rhinocéros peut atteindre 42 000 euros)[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (fr) Béatrice Leproux, « Le lion est mort ? », GEO, no 384,‎ février 2011 (ISSN 0220-8245)
  2. a, b, c, d, e, f et g (fr) Sylvain Lapoix, « Au bonheur des flingueurs », GEO, no 384,‎ février 2011 (ISSN 0220-8245)
  3. (fr) Laure Dubesset-Chatelain, « L'Afrique des safaris : Tanzanie - On en prend plein les yeux ! », GEO, no 384,‎ février 2011

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) « L'Afrique des Safaris », GEO, no 384,‎ février 2011 (ISSN 0220-8245)