Bataille de Trans

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Bataille de Trans
Informations générales
Date 1er août 939
Lieu Trans-la-Forêt (Bretagne)
Issue victoire bretonne décisive
Belligérants
Bretons
Francs
Vikings
Commandants
Alain Barbetorte
Juhel Bérenger de Rennes
Hugues Ierdu Maine
inconnus
Forces en présence
2 000 hommes inconnues

La bataille de Trans est une victoire remportée par les Bretons sur les Vikings, à Trans-la-Forêt, vers le 1er août 939. Elle met fin à l’occupation du sol breton par les Normands.

Contexte[modifier | modifier le code]

La Bretagne est occupée par les Normands depuis la mort d’Alain le Grand, en 908. Venant d'Angleterre, Alain Barbetorte, fils de Mathuedoï, comte du Poher, et petit-fils d’Alain le Grand, débarque près de Dol en 936. Il remporte plusieurs victoires, comme celle de Dol, ou comme celle de Kastel-Auffret, à Plourivo, contre le chef viking Incon. Il prend Nantes en 937 et chasse les Normands de l’estuaire de la Loire[1], tandis que le comte Even[2] débarrasse le Léon des pirates[3].

Mais des Normands, restes des armées de Seine de Guillaume Longue-Épée[4], retranchés dans la forêt de Villecartier, dévastent encore le pays de Dol et le Pays rennais[5]. Juhel Bérenger, comte de Rennes, les combat vigoureusement. N’en venant pas à bout, il réclame l’appui, en 939, de son rival[6] Alain Barbetorte, et celui d’Hugues Ier, comte du Maine.

La Bataille[modifier | modifier le code]

Les Normands sont retranchés au vieux M’na, près de Trans. Les Bretons établissent leur camp en contrebas, aux Haies. On estime l’armée de Juhel Bérenger à quelque 500 hommes, celle d’Alain Barbetorte (essentiellement de la cavalerie) à 1 000 hommes. On ignore l’effectif aux ordres d’Hugues Ier, tout comme celui de l’ennemi[4]. Les Bretons attaquent de trois côtés à la fois[4]. Ils écrasent les Normands, qui doivent repasser le Couesnon.

Des traces de deux camps fortifiés subsistent aux environs de l'étang de Ruffien[5].

Le combat aurait eu lieu le 1er août, jour qui correspond à peu près à la grande fête du dieu solaire et chef des armées, Lug[7]. Selon Pierre Le Baud, les Bretons auraient célébré le jour de cette bataille : « Au jour des Kalendes du mois d'août, jour que les Bretons décrétèrent être solennisé par la gent de Bretagne, par toutes les générations, parce que de là et après, commença derechef la Bretagne à être habitée par ses natifs et Bretons user des lois de leurs ayeux[8]. »

Si cette bataille met fin à l'occupation, elle n’arrête pas les incursions normandes[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Telle est la tradition la plus connue du retour d’Alain Barbetorte. Elle est popularisée par La Borderie, qui s’appuie sur Le Baud, lequel dit avoir traduit la Chronique de Nantes. Mettant en doute cette version guerrière et s’appuyant sur des textes plus anciens, André Chédeville et Hubert Guillotel préfèrent voir dans le retour de souveraineté, tant en Bretagne qu’en France, le fruit d’une action diplomatique d’Athelstan, roi d’Angleterre, auprès de Guillaume Longue-Épée. André Chédeville, Hubert Guillotel, La Bretagne des saints et des rois : Ve-Xe siècle, Ouest-France, 1984, p. 398-402.
  2. Even, comte de Léon, nous est connu par une notice du cartulaire de Landévennec, en date du 31 mars 955.
  3. Yann Brekilien, Histoire de la Bretagne, France-Empire, 1993, p. 110 et 111.
  4. a, b, c et d « Bataille de Trans contre les Normands », Les batailles de l’Histoire de Bretagne, Skol-Uhel Ar Vro, Institut Culturel de Bretagne.
  5. a et b « La balade du jour : forêt de Villecartier, Trans », La lettre de l’Abrec, n° 33, 28 octobre 2007.
  6. André Chédeville, Hubert Guillotel, op. cit., p. 402.
  7. Ardennes, Bretagne, les sœurs lointaines, Abécédaire de la mythologie celte.
  8. Pierre Le Baud, Cronicques & Ystoires des Bretons.