Assiette (vaisselle)

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Assiette avec ses couverts, à la Maison-Blanche.

Une assiette est une pièce de vaisselle qui permet de contenir et de servir des mets. Elle peut être en verre, en porcelaine, en bois, en mélamine ou en métal. Elle est composée d'un fond plat, appelé ombilic, et de bords inclinés (talus ou descente) généralement bordés par un marli, couronne horizontale ou oblique à contours variés et profil droit ou galbé.

Lors de pique-niques on utilise des assiettes jetables en mousse de polystyrène, en carton ou en matière plastique.

Par métonymie, l'assiette peut désigner son contenu (exemple : une assiette de bouillon).

L'assiette anglaise est composée de viandes froides.

Historique[modifier | modifier le code]

Assiette chinoise de la dynastie Ming, période Ming Yongle (1403-1424), Honolulu Academy of Arts.
Assiette en porcelaine de Sèvres du service du palais de Fontainebleau, 1836, décors d'après Monvoisin, Musée national de céramique (Sèvres, Hauts-de-Seine, France)

Des vestiges archéologiques d'assiettes en terre cuite, en bois, en métal et même en pâte de verre moulée, sont retrouvés dès l'Antiquité[1]. La vaisselle de la civilisation gréco-romaine est caractérisée par des récipients dont l'emploi et la forme peuvent être considérés avoir inspiré l'assiette, telle la phiale grecque ou la patère romaine[2]. Dans la civilisation arabo-andalouse, la pièce de vaisselle qui évoque le plus l'assiette est l'ataifor (es).

L'« assiette » au Moyen Âge désigne une succession de services au cours d'un repas : une assiette de viandes en sauce, une assiette de viande grillée, etc. Les aliments tels les viandes et légumes sont servis sur un tranchoir, appelé aussi tailloir : cette plaque ronde, rectangulaire ou carrée en bois, en verre ou en métal (argent ou or pour les plus riches), est garnie d'une ou de plusieurs épaisses tranches de pain rassis qui absorbent le jus des viandes, la sauce et les graisses[3]. Cette tranche de pain rassis est nommée progressivement tranchoir par métonymie. Le tranchoir est parfois partagé avec le voisin de table, d'où le terme de compagnon. Ce tranchoir imbibé de sauce est distribué à la fin du repas aux paysans, mendiants ou animaux[1]. Les tranchoirs à partir du XVe siècle subsistent uniquement sous la forme de cette plaque[4]. Les potages, bouillons et brouets sont mangés avec une cuillère dans des écuelles.

En Europe, l'assiette comme telle, qui n'est au fond qu'un tranchoir solide à bords relevés[5], fait son apparition sur les tables des rois au début du XVIe siècle mais les tranchoirs subsistent jusqu'au début du XVIIe siècle[1]. Sa forme plate "assise" est à l'origine de son nom.

François Ier en commande en étain, en argent, en or, en faïence. L'engouement pour la porcelaine de Chine au XVIe siècle incite ce pays à produire des modèles décorés à l'occidentale. Elles servent surtout de symboles de richesse, présentées sur des dressoirs. La légende veut que ce soit le cardinal Mazarin qui ramène l'assiette creuse (appelée « mazarine ») d'Italie en 1653[6].

Pour financer ses nombreuses et ruineuses guerres contre des puissances étrangères, Louis XIV demande que soient fondus tous les objets et meubles en or et en argent du royaume[7]. Cette décision touche directement les services de table de l'aristocratie, qui se tourne alors vers la faïence[8].

Sous le règne de Louis XV, l'industrialisation de la fabrication de pièces de vaisselle en faïence et en porcelaine permet de démocratiser l'utilisation de ces pièces. On retrouve ainsi ces assiettes sur les tables des gens du peuple qui jusque là mangeaient dans des écuelles d'abord en bois puis en terre et en métal, les gens plus riches se distinguant dès lors par la multiplication d'assiettes selon les services (assiettes à soupe, à dessert)[1].

Les assiettes en faïence, notamment celle de Nevers était un cadeau typique au XVIIIe et XIXe siècle[6].

Au XXe siècle, le marché de la vaisselle de table propose des assiettes aux formes (la ronde restant la plus répandue), matières (verre, porcelaine, bois, métal, céramique, mélamine, inox, etc.) et couleurs variées[1]. Au début du XXIe siècle, le marché des assiettes jetables (en mousse de polystyrène, en matière plastique ou en carton) à usage unique qui répondent à un besoin de praticité, connaît des difficultés en raison de la crise économique, d'un manque de merchandising et de valorisation[9].

Types[modifier | modifier le code]

  • assiette à dessert ;
  • assiette à soupe, également appelée « assiette creuse » en France et « assiette profonde » en Belgique ;
  • assiette montée : assiette munie d'un pied et qui est garnie de desserts divers ;
  • assiette plate ;
  • soucoupe : assiette de petit format (assiette à beurre, à pain).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Assiettes – Définition et historique
  2. Didier Viviers et Vinciane Pirenne-Delforge, « Chronique archéologique de la religion grecque », Kernos, no 17,‎ 2004, p. 268-277
  3. Tailloir
  4. L’art de la table du Moyen Age à nos jours
  5. Certains tranchoirs avaient déjà une bordure concave afin d'empêcher les sauces de couler
  6. a et b Jean-Louis Beaucarnot, Entrons chez nos ancêtres, JC Lattès,‎ 2010 (lire en ligne), p. 127
  7. Edits somptuaires de 1689,1699 et 1709.
  8. Bernadette Hourtolou, L'Alamanach du Landais 2009, éditions CPE, p.  122
  9. Marie Lejeune-Piat, « Le marché de la vaisselle jetable n’a guère le vent en poupe », sur Points de vente,‎ 2 juin 2009

Sources[modifier | modifier le code]

  • Michèle Barrière, « L'assiette », Historia,‎ novembre 2011, p. 8 (ISSN 0750-0475)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]