Antigène prostatique spécifique

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L'antigène prostatique spécifique (PSA pour prostate-specific antigen) est une protéine fabriquée exclusivement par la prostate ; il sert à liquéfier le sperme afin de faciliter le déplacement des spermatozoïdes. On suppose également qu'il aide à dissoudre la muqueuse cervicale, favorisant ainsi l'entrée du sperme.

Dosages[modifier | modifier le code]

Le PSA est présent dans le sang de tous les hommes. Le dosage de son taux sanguin est utilisé pour le diagnostic ou le suivi du cancer de la prostate.

De hauts taux de PSA sont associés à l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) et au cancer de la prostate. Le PSA est normalement présent dans le sang des hommes à un taux infime. De hauts taux de PSA suggèrent la présence d'un cancer de la prostate. Le PSA peut également être augmenté en cas d'infection de la prostate, d'irritation, d'hypertrophie bénigne de la prostate, d'éjaculation récente, de toucher rectal, etc.

Le taux considéré normal de PSA est 4 ng/ml, même si des taux plus bas ont été proposés, sans preuve d'une amélioration du rapport bénéfices/risques[1]. Des taux entre 4 et 10 ng/ml sont considérés comme suspects.

PSA libre et PSA conjugué[modifier | modifier le code]

Ces normes dosent le PSA total qui est la somme des deux composantes du PSA : libre et conjugué à des protéines comme l'alpha 1-antichymotrypsine ou l'alpha-2 macroglobuline. La fraction du PSA libre, qui représente environ 10% est abaissée en cas de cancer. Le calcul du ratio PSA libre/total permet ainsi de distinguer les augmentation du PSA dues à une cancer de celles dues à une hypertrophie bénigne de la prostate[2].

Vélocité du PSA[modifier | modifier le code]

La vélocité du PSA est la différence entre 2 PSA total mesurées à environ 1 an d'intervalle. Elle s'exprime en ng/ml/an, une valeur élevée serait prédictive d'un cancer de la prostate mais cela reste controversé[3]. En effet les valeurs du PSA peuvent beaucoup varier au cours du temps[4].

PSA et dépistage du cancer de la prostate[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2014, l'utilisation du PSA, en tant qu'outil de dépistage systématique du cancer de la prostate, n'avait pas fait la preuve de son intérêt[5]. En France, la Haute Autorité de santé a même publié en 2012 une recommandation déconseillant « le dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA [qui] présente un intérêt non démontré chez les hommes présentant des facteurs de risque »[6].

Cependant le 7 août 2014, une étude randomisée européenne sur le dépistage du cancer de la prostate (en anglais : European Randomised study of Screening for Prostate Cancer, ERSPC) révèle une réduction importante de la mortalité liée au cancer de la prostate attribuable au test PSA, avec une nette augmentation de l’effet absolu à 13 ans par rapport aux résultats après 9 et 11 ans[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prostate Specific Antigen Levels in the United States: Implications of Various Definitions for Abnormal, Journal of the National Cancer Institute, 2005;97:1132–37
  2. http://www.labolecerf.fr/pro/psalibre.htm
  3. http://www.lequotidiendumedecin.fr/information/cancer-de-la-prostate-la-velocite-des-psa-n-est-pas-un-bon-marqueur
  4. http://www.oncoprof.net/Generale2000/g03_Depistage/Index/index_dp13a.php
  5. Djulbegovic M, Beyth RB, Neuberger MM et Als. « Screening for prostate cancer: systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials », BMJ, 2010;341:c4543
  6. Prostate : la fausse piste du test, Libération 4 avril 2012, consulté le 18 juin 2013.
  7. (en) Fritz H Schröder, Jonas Hugosson, Monique J Roobol, Teuvo L J Tammela, Marco Zappa, Vera Nelen, Maciej Kwiatkowski, Marcos Lujan, Liisa Määttänen, Hans Lilja, Louis J Denis, Franz Recker, Alvaro Paez, Chris H Bangma, Sigrid Carlsson, Donella Puliti, Arnauld Villers, Xavier Rebillard, Matti Hakama, Ulf-Hakan Stenman, Paula Kujala, Kimmo Taari, Gunnar Aus, Andreas Huber, Theo H van der Kwast, Ron H N van Schaik, Harry J de Koning, Sue M Moss, Anssi Auvinen, « Screening and prostate cancer mortality: results of the European Randomised Study of Screening for Prostate Cancer (ERSPC) at 13 years of follow-up », The Lancet,‎ 7 août 2014 (lire en ligne)