Cancer du rein

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Cancer du rein
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CIM-10 C64
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Le cancer du rein est un cancer relativement rare, se développant à partir des cellules rénales.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Le cancer du rein représente 2 à 3 % de l'ensemble des cancers[1]. En 2000, on a dénombré plus de 8 000 nouveaux cas de cancer du rein.

L’âge moyen de survenue est 62 ans et plus de 80 % des patients ont plus de 50 ans au moment du diagnostic.

Le cancer du rein est deux fois plus fréquent chez l'homme que chez la femme (sex-ratio : 2,1/1)

L'incidence du cancer du rein est, en 2003, de 5,7/100 000 chez la femme et 12,2/100 000 habitants chez l'homme. Elle est en augmentation régulière dans les pays industrialisés, du fait de l'amélioration des techniques diagnostiques, mais probablement aussi du fait des changements de mode de vie (augmentation de l'obésité, de l'HTA pour les deux critères les mieux évalués).

Facteurs de risque[modifier | modifier le code]

Les principaux facteurs de risque du cancer du rein sont le tabac et l'hypertension artérielle. Les autres facteurs connus sont :

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Micrographie d'un carcinome rénal, à la droite de l'image; le rein non tumoral est à la gauche de l'image.
  • Beaucoup de cancers du rein sont aujourd'hui de diagnostic fortuit sur une imagerie rénale (environ 45 %).
  • D'autres diagnostics sont portés sur des signes loco-régionaux (sang dans les urines ou hématurie, douleur ou masse lombaire) (45 %) ou généraux (fièvre) (10 %).
  • Lorsqu'on suspecte un cancer du rein, il faut réaliser des examens complémentaires et un bilan d'extension. (cf arbre diagnostic en cours de réalisation).

Clinique[modifier | modifier le code]

Symptômes généraux[modifier | modifier le code]

  • Céphalées, hypertension artérielle
  • Signe en faveur d'un syndrome paranéoplasique, en particulier hypercalcémie
  • Fièvre inexpliquée
  • Altération de l'état général : l'état général du patient sera évalué par une échelle standardisée (ECOG, OMS, Karnofsky).

Symptômes loco-régionaux[modifier | modifier le code]

La triade classique associant hématurie, douleur lombaire et masse lombaire n'est retrouvée que dans 10 % des cas.

Examens complémentaires[modifier | modifier le code]

L'examen fondamental pour le diagnostic est le TDM abdominal. L'examen est suffisamment discriminant pour conduire directement à une chirurgie rénale. Le diagnostic positif de cancer du rein sera ensuite porté sur l'examen de la pièce opératoire. Le bilan diagnostic initial permet de déterminer l'extension de la tumeur, la présence de métastase et donc de définir une stratégie thérapeutique précise. Une IRM abdominale est parfois utile pour préciser l'extension de la lésion dans la loge rénale et déterminer la présence éventuelle d'un caillot tumoral dans la veine rénale et la veine cave inferieure.

Anatomopathologie[modifier | modifier le code]

Carcinome de 8 cm du pôle inférieur d'un rein montrant une prolongation au-delà de la surface corticale, mais sans infiltration dans le tissu adipeux périnéphrotique.

La classification anatomo-pathologique des tumeurs du rein est la classification UICC.

Classification anatomo-pathologique des tumeurs rénales[modifier | modifier le code]

Tumeurs malignes du rein

90 % des cancers du rein sont des carcinomes à cellules rénales, répartis en différents types histologiques[1] :

Autres types de tumeur malignes

Les autres types de tumeurs malignes retrouvées dans le rein sont les sarcomes, les lymphomes ou d'exceptionnelles métastases.

Tumeur bénigne du rein

Classification TNM des carcinomes rénaux[modifier | modifier le code]

À l'issue du bilan initial, l'extension de la tumeur est évaluée selon la classification TNM de 1997.

  • T (Tumeur)
    • Tx non déterminée
    • T0 pas de tumeur
    • T1 limitée au rein et 7 cm
      • T1a < 4 cm
      • T1b > 4 et < 7 cm
    • T2 limitée au rein et > 7 cm
    • T3
      • T3a envahissement de la graisse périrénale et/ou de la surrénale
      • T3b envahissement de la veine rénale et/ou de la veine cave sous-diaphragmatique
      • T3c envahissement de la veine cave sus-diaphragmatique
    • T4 franchissement du fascia de Gerota
  • N (Adénopathies régionales)
    • Nx non déterminé
    • N0 pas de métastase ganglionnaire
    • N1 métastase au niveau d'un ganglion unique
    • N2 métastases au niveau de plusieurs ganglions
  • M (Métastases à distance)
    • Mx non déterminé
    • M0 pas de métastase
    • M1 métastase(s) à distance

Pronostic[modifier | modifier le code]

Le pronostic du cancer du rein au moment du diagnostic dépend du stade TNM, du grade de Furhman, de l'état général du patient et de l'invasion des parois vasculaires. Lorsque les métastases apparaissent secondairement, après une première prise en charge du cancer à un stade localisé, le pronostic dépend de l'état général du patient, le délai entre la néphrectomie initiale et la rechute et le nombre de sites métastatiques.

  • T1T2N0M0 = 45 % (survie à 5 ans 65 %)
  • T3 = 25 % (survie à 5 ans 40 %)
  • T4 et/ou N1N2 et/ou M1 = 30 % (survie à 5 ans 10 %)[1]

Grade nucléaire de Fuhrman

Le grade nucléaire de Furhman distingue 4 grades selon la taille du noyau et du nucléole.

Traitement[modifier | modifier le code]

Modalités thérapeutiques[modifier | modifier le code]

Le traitement du cancer du rein est multimodal, il repose sur les traitements locaux (chirurgie, radiofréquence et cryoablation) et les traitements généraux (thérapies ciblées et immunothérapie)

Traitement chirurgical du cancer du rein[modifier | modifier le code]

Le traitement curatif du cancer du rein est basé sur la chirurgie qui consiste à assurer l'exérèse de la tumeur primitive. Ce geste est appelé : néphrectomie. La néphrectomie peut être pratiquée par voie chirurgicale à ciel ouvert ou par laparoscopie. La néphrectomie peut être radicale et totale, ou partielle pour conserver une partie du parenchyme rénal normal. Initialement réservée aux cancers du rein sur rein unique la néphrectomie partielle a vue ses indications élargies progressivement.

Traitement médical du cancer du rein[modifier | modifier le code]

En cas de situation métastatique le traitement a été longtemps limité à l'immunothérapie par l'interféron alpha et/ou l'interleukine 2. Plus récemment (2005-2006), les traitements anti-angiogéniques, s'opposant au développement de la néo-angiogenèse, ont révolutionné la prise en charge des patients.

Thérapeutiques ciblées[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'essais cliniques de par le monde sont en cours pour essayer de combiner entre eux les principaux traitements, pour tirer bénéfice de leurs modes d'actions respectifs, mais également pour les positionner en post-opératoire (traitement adjuvant) ou en pré-opératoire (traitement néo-adjuvant).

Bévacizumab[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Bévacizumab.

Les tout premiers résultats, rompant avec des années de stagnation, ont été obtenus avec le bévacizumab (Avastin) (anticorps bloquant dirigé contre le VEGF), utilisable aussi dans les cancers du colon, du sein et du poumon, tous au stade de métastases. Comparé à l'interféron seul, l'association bévacizumab-interféron double le temps de survie sans progression. celui-ci passe de 5 à 10 mois[2]. Le bévacizumab a obtenu son AMM dans le cancer du rein avancé et/ou métastatique le 14 décembre 2007 (voir site emea)

Sorafenib[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Sorafenib.

Le sorafenib (nom commercial Nexavar), inhibiteur de plusieurs Tyrosine kinases: RAF, PDGFR, VEGFR2 & VEGFR3 et c-Kit/CD117, est le premier à avoir été disponible par voie orale, en juillet 2006 en France, après avoir démontré, dans une large étude le comparant à l'interferon-alpha (IFNA), une supériorité sans équivoque, et un grand nombre de maladies métastatiques stabilisées. Le sorafenib a obtenu en France l'Autorisation de Mise sur le Marché dans "le traitement du carcinome rénal avancé après échec d’un traitement à base d’interféron alfa ou d’interleukine 2 ou chez des patients pour lesquels ces traitements sont considérés comme inadaptés". Dans la mesure où aucune étude n'a jamais démontré de supériorité nette, en gain de survie globale par exemple, des cytokines, il est aisé de les considérer comme inadaptées et de pouvoir, ainsi, prescrire le sorafenib sans attendre l'échec (qui n'est pas forcément immédiat ni constant, c'est là toute la difficulté des choix thérapeutiques) d'un traitement par interferon[3].

Sunitinib[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Sunitinib.

Le sunitinib (nom commercial : Sutent) inhibe différents récepteurs tyrosine kinases : PDGFR, VEGFR, c-Kit, RET, CSF-1R, FLT3 et entraîne notamment un taux de réponses objectives en première ligne supérieur à 30 %, une augmentation de la survie sans progression de la maladie et probablement un gain de survie en comparaison des traitements antérieurs. Le sunitinib a obtenu l'autorisation de mise sur le marché en France dans « le traitement des cancers du rein avancés et/ou métastatiques » le 23 mai 2007[4].

Temsirolimus[modifier | modifier le code]

Le temsirolimus (nom commercial Torisel) est un inhibiteur de la mammalian target of rapamycin (mTor), autre cible privilégiée de la voie intracellulaire conduisant à la prolifération cellulaire, l'invasion tumorale, la néoangiogénèse. Le temsirolimus est la seule molécule disponible qui ait démontré une activité statistiquement significative par rapport à l’interféron, chez les malades souffrant d'un cancer du rein métastatique de mauvais pronostic (selon la classification de Motzer)[5]. Il est également le seul, pour le moment, à démontrer cet avantage en termes de survie globale.

Evérolimus[modifier | modifier le code]

L'evérolimus (nom commercial Afinitor) actuellement disponible pour les patients en échec d'une première ligne de traitement par thérapie ciblée, est issu de la même famille de molécules ciblant la voie mTor. L'essai RECORD-1, présenté en 2008 au congrès de l'ASCO, a montré une supériorité (en termes de survie sans progression) de l'evérolimus versus placebo, pour les patients dont la maladie évoluait malgré un traitement initial par sunitinib, bevacizumab ou autre.

Pazopanib[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Pazopanib.

Le pazopanib (nom commercial : Votrient) est une molécule autorisée à prescription aux États-Unis dans les cancers du rein métastatiques après la présentation d'une étude randomisée versus placebo (ce qui a été largement critiqué, à l'heure ou beaucoup de molécules auraient pu servir de comparateur, mais l'essai avait été construit avant la mise à disposition du sunitinib et du sorafenib, en particulier dans certains pays, incluant, de ce fait, bon nombre de malades dans ce protocole). L'efficacité semble similaire à celle des principaux inhibiteurs de tyrosine kinase, et la tolérance meilleure, mais seulement par le jeu de comparaisons indirectes. Un essai comparant sunitinib et pazopanib, avec cross-over obligatoire, et large enquête de qualité de vie, est désormais clos en attente des résultats d'efficacité et de tolérance, ainsi qu'une étude anglo-saxonne similaire, comparant là encore, le sunitinib au pazopanib.

Axitinib[modifier | modifier le code]

L'axitinib semble produire un taux de réponse et de survie sans progression plus importants que ses devancières et va probablement enrichir les possibilités thérapeutiques à venir.[réf. nécessaire]

Girentuximab[modifier | modifier le code]

Girentuximab est un anticorps monoclonal chimérique utilisée dans le traitement du carcinome à cellules rénales (CCR).

Stratégie thérapeutique[modifier | modifier le code]

Traitement du cancer du rein localisé[modifier | modifier le code]

Le traitement du cancer du rein localisé repose sur la chirurgie.

Traitement du cancer du rein métastatique[modifier | modifier le code]

Lorsque les métastases sont découvertes au moment du diagnostic (métastases synchrones), il est justifié de réaliser la néphrectomie, si cette chirurgie n'est pas trop délabrante. Plusieurs études ont en effet démontré l'intérêt de l'ablation de la tumeur primitive dans ce contexte. Il existe des observations rares de régression spontanée des métastases pulmonaires chez certains patients. Toutefois, l'intérêt de la néphrectomie chez le patient métastatique n'a jamais été comparé aux traitements antiangiogéniques. Ainsi, un essai européen sera prochainement ouvert, comparant en deux bras sunitinib seul vs sunitinib + néphrectomie pour les patients avec un carcinome à cellules claires.

Il faut toujours discuter d'une exérèse chirurgicale des métastases chez un patient en bon état général, avec une maladie d'évolution lente et des sites métastatiques accessibles à la chirurgie. En effet, seul le traitement chirurgical du cancer du rein métastatique semble permettre, dans un nombre limité de cas, de guérir ce cancer. Le traitement médical ne permet que de ralentir l'évolution de la maladie.

En l'absence de possibilité de traitement curatif, le traitement du cancer du rein métastatique repose sur un traitement médical. en première ligne :

  • bevacizumab (I.V.) + interféron (sous-cutané)
  • sunitinib (oral)
  • temsirolimus (I.V.) en particulier pour les patients de mauvais pronostic (cf. critères de Motzer)

en deuxième ligne, après échec de l'interféron :

  • sorafénib (oral)

en deuxième ligne de traitement après échec d'une thérapie ciblée :

  • everolimus (oral)

Suivi des patients[modifier | modifier le code]

Les patients opérés pour un cancer du rein doivent être suivis durant 10 ans, chaque 6 mois pendant 5 ans, puis chaque année les années suivantes. Cette surveillance doit être clinique, biologique et radiologique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]