Aaron Kosminski

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Aaron KośmińskiAaron Mordke Kozminski , né le 11 septembre 1865 à Kłodawa, dans l'empire russe (aujourd'hui en Pologne) et décédé le 24 mars 1919, est un barbier londonien d'origine polonaise et de confession juive, connu pour être l'un des nombreux suspects dans l'affaire des crimes commis par Jack l'Éventreur entre août et novembre 1888[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Aaron Kośmiński émigre en Angleterre en 1882, peut-être pour fuir les pogroms en Russie. Puis il exerce le métier de barbier dans le quartier londonien de Whitechapel. Aaron Kośmiński est interné en 1891 et meurt en 1919.

1988 - Première accusation[modifier | modifier le code]

Après la série de meurtres, Kosminski aurait été arrêté puis confronté en 1890 à un témoin qui avait aperçu l'une des victimes en compagnie d'un homme peu avant qu'elle ne soit assassinée. Dans un premier temps il aurait d'abord identifié sans hésitation Kosminski, puis se serait ensuite rétracté[2].

Des notes manuscrites laissées par l'inspecteur en chef Donald Swanson (en) commentant un passage au sein du mémoire publié en 1910 par son ancien supérieur, le haut commissaire sir Robert Anderson, vont faire naître les premières accusations à l'encontre de Kosminski. En effet Anderson, dans son mémoire, écrit que le tueur serait un juif polonais de condition ouvrière. Rapidement identifié par un témoin au cours de l'enquête, ce dernier se serait par la suite rétracté, contraignant ainsi Anderson à libérer son suspect faute de preuve et de témoignage. Mais, à peine sorti de prison, son suspect sera interné dans un asile, à la demande de sa famille, asile au sein duquel il serait décédé en 1919[2]. À côté de ce passage, Donald Swanson annote au crayon le nom de Kosminski, annotation révélée au public en 1988[3],[4].

2014 - seconde accusation[modifier | modifier le code]

L'enquête de Russel Edwards[modifier | modifier le code]

Le Daily Mail du 6 septembre 2014[5],[6], annonce la levée du mystère grâce à l'ADN. À la base de cette information se trouve Russel Edwards, un homme d’affaires et enquêteur amateur. Déjà par le passé l'ADN avait été consulté mais sans grand succès, désignant à chaque fois un nouveau coupable tel Walter Sickert, et même une femme comme en témoigne l'analyse de 2006[7]. Russel Edwards affirme que, cette fois-ci, tout est différent puisqu'il détient un châle qui aurait été trouvé auprès d'une des victimes de Jack l’Éventreur- Catherine Eddowes assassinée en 1888[8].

Acquis en 2007 dans une salle des ventes, Russel Edwards accepte sans autre preuve les affirmations de son vendeur, bien qu'aucun châle n'ait jamais été référencé par Scotland Yard lorsque la liste des effets trouvés sur et auprès de Kate Eddowes fut dressée[2],[9]. Le vendeur explique cette absence par un vol commis au préalable par son aïeul alors policier, le sergent Amos Simpson. Malgré l' état maculé de l'étoffe, ce dernier aurait subtilisé le châle afin de l'offrir à son épouse, couturière de profession. Mme Simpson, le rangera dans un coin sans plus y revenir. Hérité de génération en génération sans que nul le touche, sa préservation sera ainsi assurée durant 126 ans[9],[7].

Un examen faisant apparaître des traces de spermes, Russel Edward décide de porter son attention sur Kosminski en raison des motifs du châle, typiques de l'Europe de l'Est. Contactant une descendante de la sœur de Kośmiński, elle accepte de fournir son ADN à cette fin. Analyse faite, le verdict tombe. Kosminski aurait été en contact avec la prostituée, Edwards d'en conclure qu'il s'agit donc du meurtrier et non simplement d'un client[10],[7]. Dès le 9 septembre, au lendemain d'une annonce très médiatisée de ses conclusions, un ouvrage retraçant son enquête sort en Grande-Bretagne sans plus attendre celles qui résulteront d'examens officiels[11].

Des incohérences pointées du doigt[modifier | modifier le code]

Rapidement sa conclusion est remise en cause par des spécialistes en médecine légale et en génétique ainsi que par des historiens et des experts en diverses disciplines. Le généticien Alec Jeffreys, développeur des techniques de recherches ADN exprime publiquement ses réserves [9]. Peter Gill, lui même chef de file dans la discipline du profilage ADN [12] souligne autant l'origine douteuse du châle que le manque de fiabilité des analyses en raison du nombre de personnes ayant manipulé l'étoffe [13],[14]. De plus selon les spécialistes de la médecine légale comme le docteur David Miller, il semble impossible de trouver des éléments exploitables au bout de 126 ans[5]. L'historien Donald Rumbelow, spécialiste de Jack l'Eventreur, constate de son côté que le policier voleur de châle, était en fonction hors de Londres et ne pouvait être sur les lieux[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il y a eu depuis 1888 une quarantaine de suspects recensés par la police, la presse ou divers auteurs. http://www.lefigaro.fr/international/2012/05/09/01003-20120509ARTFIG00542-et-si-jack-l-eventreur-etait-une-femme.php
  2. a, b et c Jack l'éventreur enfin identifié ?, Direct Matin, 8 septembre 2014.
  3. (en)Detective 'solved' Ripper mystery , Steven Shukor, BBC, 13 juillet 2006.
  4. (en)Ripper case notes given to museum, BBC, 13 juillet 2006
  5. a et b (en)Jack the Ripper unmasked: How amateur sleuth used DNA breakthrough to identify Britain's most notorious criminal 126 years after string of terrible murders, The Daily Mail, 6 septembre 2014.
  6. « Le mystère Jack l’Éventreur finalement élucidé? », sur Dernière Heure,‎ 07 septembre 2014
  7. a, b et c Jack l'Éventreur enfin démasqué grâce à un test ADN ?, François Maginiot, Maxisciences, 9 septembre 2014.
  8. Jack l'Eventreur identifié grâce à des tests ADN, 20 Minutes, 8 septembre 2014.
  9. a, b et c Nicolas Brouste, « De l'ADN aurait révélé l'identité de Jack l'Eventreur », L'Express,‎ 8 septembre 2014 (lire en ligne).
  10. L'identité démasquée de Jack l'Éventreur, Florentin Collomp, Le Figaro, 7 septembre 2014.
  11. (en) Russel Edwards, Naming Jack the Ripper. The biggest forensic breakthrough since 1888, Pan,‎ 2014, 320 p.
  12. (en)Britain's forensic scientists are the best in the world: So why is their elite force being disbanded?, Adam Luck, Daily Mail, 20 avril 2011
  13. http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2014/09/08/126-ans-apres-Jack-l-Eventreur-identifie-grace-a-un-chale-2038201
  14. http://latest.com/2014/09/dna-finally-identified-real-jack-ripper-depends-ask/
  15. http://www.eastlondonadvertiser.co.uk/news/historian_don_rumbelow_challenges_jack_the_ripper_dna_link_to_kosminski_1_3764740

Annexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]