Lettre « Dear Boss »

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Fac-similé du recto et du verso de la lettre « Dear Boss ». Fac-similé du recto et du verso de la lettre « Dear Boss ».
Fac-similé du recto et du verso de la lettre « Dear Boss ».

La lettre « Dear Boss » est un message reçu par la Central News Agency de Londres le 27 septembre 1888, et dont l'auteur anonyme, qui a signé sous le surnom de « Jack the Ripper » (« Jack l'Éventreur »), affirme être l'auteur de meurtres particulièrement violents survenus dans l'East End londonien le mois précédent. La lettre a été transmise à Scotland Yard le 29 septembre et fait l'objet de publications dans la presse. Elle a eu un retentissement particulièrement prononcé, au point que le surnom « Jack the Ripper » dans celle-ci a été dès lors utilisé pour désigner le meurtrier à l'identité inconnue auquel ont été attribués cinq meurtres de la fin août à novembre 1888. Plusieurs pistes sur l'origine de la lettre ont été explorées, dont celle d'un journaliste ayant voulu profiter des meurtres commis quelques semaines auparavant pour créer un scandale par son intermédiaire, et ainsi augmenter les tirages de presse. La Central News Agency a considéré dans un premier temps cette lettre comme un canular.

Contenu[modifier | modifier le code]

La lettre s'adresse à un destinataire inconnu, désigné sous le terme de « patron » (« Boss »). Il pourrait s'agir du directeur de la Central News Agency. Elle est écrite avec une encre rouge. La lettre comporte de très nombreuses fautes d'orthographe. Un post-scriptum a été rajouté et écrit verticalement. La lettre comporte le message suivant (les fautes d'orthographe et les passages soulignés sont reproduits) :

« Dear Boss,

I keep on hearing the police have caught me but they wont fix me just yet. I have laughed when they look so clever and talk about being on the right track. That joke about Leather Apron gave me real fits. I am down on whores and I shant quit ripping them till I do get buckled. Grand work the last job was. I gave the lady no time to squeal. How can they catch me now. I love my work and want to start again. You will soon hear of me with my funny little games. I saved some of the proper red stuff in a ginger beer bottle over the last job to write with but it went thick like glue and I cant use it. Red ink is fit enough I hope ha. ha. The next job I do I shall clip the ladys ears off and send to the police officers just for jolly wouldn't you. Keep this letter back till I do a bit more work, then give it out straight. My knife's so nice and sharp I want to get to work right away if I get a chance. Good Luck.

Yours truly

Jack the Ripper

Dont mind me giving the trade name

PS Wasnt good enough to post this before I got all the red ink off my hands curse it No luck yet. They say I'm a doctor now. ha ha »

L'une des traductions en français provient du jeu d'aventure Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur :

Traduction française de la lettre « Dear Boss » dans Sherlock Holmes contre Jack l'Éventreur (Frogwares, 2009).

Retentissement[modifier | modifier le code]

Dans sa lettre, l'auteur (qui se désigne comme le meurtrier) affirme qu'il attaquera prochainement une autre femme, et lui tranchera les oreilles. Or, le 30 septembre, soit trois jours après la réception de la lettre par la Central News Agency, le corps de Catherine Eddowes est retrouvé mutilé, et le lobe d'une de ses oreilles a effectivement été entaillé. La lettre a alors pris une importance notable dans l'affaire, et a fait l'objet d'une publication dans la presse dans l'espoir qu'une personne reconnaitrait l'écriture d'un de ses proches.

Auteur supposé[modifier | modifier le code]

Selon Andrew Cook, dans son livre Jack the Ripper: Case Closed, la lettre n'a pas été écrite par l'Éventreur mais par un journaliste du journal The Star nommé Frederick Best. En publiant des comparaisons graphologiques entre la lettre et des échantillons de son écriture par la graphologue Elaine Quigley. Une correspondance entre le rédacteur en chef du journal Thomas P. O'Connors et le propriétaire du journal laisse entendre, selon Andrew Cook, que Best était couvert par son rédacteur, cependant le nom de Best n'est pas mentionné[1],[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

lien externe[modifier | modifier le code]