Elizabeth Stride

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Elizabeth Stride

Nom de naissance Elisabeth Gustafsdotter
Alias
Long Liz
Naissance 27 novembre 1843
Drapeau : Suède Torslanda, Göteborg
Décès 30 septembre 1888 (à 44 ans)
Drapeau : Angleterre Dutfield's Yard, Londres
Ascendants
Gustaf Ericsson
Beata Carlsdotter
Conjoint
John Thomas Stride
Descendants
9 enfants

Elizabeth Stride (née Elisabeth Gustafsdotter ; 27 novembre 1843 – 30 septembre 1888[1]) est la troisième des cinq victimes habituellement attribuées au tueur en série surnommé Jack l'Éventreur[2]. Ce dernier, dont l'identité est restée inconnue, a assassiné plusieurs prostituées de l'East End londonien d'août à novembre 1888. Le corps d'Elizabeth Stride a été retrouvé à Dutfield's Yard, dans le quartier de Whitechapel.

Elizabeth Stride était surnommé « Long Liz », pour une raison difficile à établir. Certains pensent que cela provient de son nom de mariée, « Stride », qui signifie « grand pas »[3], d'autres pensent simplement que cela était dû à sa taille supérieure à la moyenne[4] ou à la forme de son visage.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cliché mortuaire d'Elizabeth Stride

Elizabeth Stride est la fille d'un fermier suédois, Gustaf Ericsson, et de sa femme Beata Carlsdotter. Elle naît Elisabeth Gustafsdotter (son patronyme signifiant littéralement « la fille de Gustaf ») le 27 novembre 1843 dans la paroisse de Torslanda située à l'ouest de Göteborg en Suède. En octobre 1860 (16 ans), elle déménage dans la paroisse de Carl Johan (toujours à Göteborg), étant employée comme domestique par Lars Frederick Olofsson, un ouvrier ayant 4 enfants. Elle déménage de nouveau en 1862 dans une autre paroisse de Göteborg avant d'aller habiter dans la banlieue de la ville en 1865. En mars 1865 (22 ans), la police locale lui connaît une activité de prostituée. Le 21 avril 1865, elle accouche d'un enfant mort-né, et en octobre-novembre de la même année, elle reçoit un traitement pour soigner une maladie vénérienne.

En février 1866, la jeune femme émigre et vient vivre à l'est de Londres, où elle figure dans les registres en tant que personne célibataire, et semble avoir de nouveau exercé une activité de domestique. Le 7 mars 1869, elle se marie avec John Thomas Stride, un charpentier de navire originaire de Sheerness de 13 ans son aîné. Le couple tient peu après un café à Poplar, à l'est de Londres. En 1877, dans une situation de grande pauvreté, Elizabeth Stride est admise dans un workhouse, suggérant que le couple est alors séparé, leur liaison étant difficile à établir jusqu'en 1882, date à laquelle le couple est définitivement séparé et où Elizabeth Stride déménage dans un appartement communautaire à Spitalfields au 32, Flower and Dean Street, une rue réputée pour sa mauvaise fréquentation.

Après la mort de son mari, Stride vit la plupart du temps avec Michael Kidney, un ouvrier des docks de 7 ans plus jeune qu'elle, logeant à Devonshire Street. Leur liaison est tumultueuse, Kidney affirmant qu'elle était souvent absente et ivre. Stride gagne difficilement sa vie en réalisant des travaux de ménage et de couture, et reçoit plusieurs fois l'aumône de l'Église suédoise à cause de sa grande pauvreté. En 1887, elle retourne un temps au workhouse de Poplar. Le 26 septembre 1888, retourne pour la dernière fois à l'appartement de Flower and Dean Street.

Soirée du crime et mort[modifier | modifier le code]

A 18 h 30 : Tanner boit un verre avec elle puis ils repartent à la pension.

19h - 20h : Elle quitte la pension en passant chez Charles Preston et Catherine Lane. Elle les quitte et passe voir Thomas Bates gardien de pension.

23h : Deux travailleurs, J. Best et John Gardner se rendaient à Settles street. Ils croisèrent Stride avec un homme petit avec une moustache noire et des favoris. L'homme portait un chapeau noir, un costume et une veste. Il pleuvait très fort. "L'homme proche d'elle l'embrassait, son aspect était celui d'un homme bien habillé très recommandable, nous fûmes même surpris qu'il se trouve avec elle. Nous leur avons proposé d'aller boire un coup mais il a refusé. On a averti Stride que Tablier de Cuir était dans les parages, mais ils sont partis en direction de Commercial road et de Berner Street. On les a vus partir peu après 23 h."

23h45 : William Marshall, ouvrier, la voit dans Berner Street. Il se trouvait à la hauteur du 64 de Berner Street proche des rues Fairclough et Boyd [Streets]. Il la vit avec un homme en habit noir avec une casquette de marinier au numéro 63. Ils s'embrassaient enlacés et il a entendu l'homme lui dire "tu peux faire tes prières"

Minuit : Matthew Packer vante les charmes de Stride et un homme la loue[5].

0h35 : le Policier Constable William Smith voit Stride avec un jeune homme dans Berner Street à l'opposé du Club International des Ouvriers. Le signalement donné est le suivant : "C'est un homme âgé de 28 ans, manteau noir et chapeau à larges bords." Il portait un paquet de 20 sur 60 cm environ. Le paquet était enveloppé dans du papier journal.

0h40 : Israel Schwartz passe par Berner Street pour se rendre à Commercial Road en passant tout près du lieu du meurtre, il voit un homme s'arrêter et parler à une femme attendant sous un porche. Celui-ci agrippe et essaye de l'amener dans la rue puis la fait tomber à terre et la femme crie, mais pas très fort. En traversant la rue, il voit un deuxième homme allumer sa pipe. L'homme qui avait jeté la femme à terre semblait appeler un complice en l'appelant Lipski, puis Schwartz s'éloigna en remarquant qu'il était suivi par le deuxième homme. Il se mit alors à courir pour s'éloigner en direction du pont de chemin de fer et l'homme s'arrêta de le suivre.

Schwartz dira plus tard ne pas savoir si les deux hommes étaient ensemble ou non. Mais il identifiera pourtant le corps comme celui de la femme qu'il avait vue avec les hommes.

Le tout dernier témoignage : il existe des différences entre la déclaration du policier Smithe et celle de Schwartz, sur l'âge et sur la grandeur de l'homme aperçu. Toutefois le témoignage de Schwartz sera jugé crédible et digne de bonne foi par la police. La description de l'habillement de l'homme diffère, aussi peut-on penser qu'ils ne décrivent pas le même homme.

Schwartz parle d'un homme dans la trentaine, 1m70 environ, jeune, cheveux noirs et petite moustache noire. Il portait un manteau et un chapeau noir à large bord.

En même temps, James Brown dit avoir vu Stride avec un homme qui était parti vers Fairclough Street. Stride qu'il avait croisé était adossée avec un homme d'1m75 portant un long manteau allant jusqu'aux chevilles, le bras appuyé contre le mur. Stride le refusait en lui disant : "pas ce soir une autre fois".

1h : Louis Diemschutz, vendeur ambulant de bijoux, rentre à Dutfield's Yard où il remise, avec sa charrette et son poney. Le cheval se cabra et Diemschutz pressentit qu'il y avait quelque chose d'anormal. Allant en avant, il vit le corps d'une femme qu'il crut endormie ou saoule ne distinguant pas bien dans le noir total. Il alla alerter les gens du Workingman's Club pour l'aider à dégager la femme. Il revînt quelques instants plus tard avec Isaac Kozebrodsky et Morris Eagle et tous trois constatèrent que la femme avait été égorgée. On pense que l'arrivée de Diemschutz avait freiné l’Éventreur qui s'était enfui. Toutefois, Diemschutz témoigna qu'il pensait que l’Éventreur pouvait encore être dans les parages lors de son arrivée car le corps était encore chaud et le poney s'était affolé sans doute en raison d'une autre présence humaine.

Hypothèse sur la topographie de la scène de crime[modifier | modifier le code]

L'hypothèse selon laquelle Jack l'Éventreur ait pu se retrouver coincé dans Dutfield'sYard après que la charrette de Louis Diemschutz s' y soit engouffrée a été soulevée ; la topographie de la courette, extrêmement étroite, rend possible ce scénario, dans lequel l'assassin aurait été pris entre le mur de la maison de l' International Working Men’s Educational Club et les bras de l'attelage de Diemschutz. L'obscurité profonde de l'endroit et la hâte avec laquelle le négociant est allé chercher de l'aide renforce la crédibilité de cette hypothèse, qui est mise en scène dans l'ouvrage[6] Retour à Whitechapel. Il est donc possible que l'on soit passé ce soir-là tout près de l'arrestation du plus mystérieux tueur en série de l'histoire.

Enquête[modifier | modifier le code]

Le médecin de la police, qui fut très tôt sur les lieux estima l’heure de la mort entre 00h36 et 00h56 (le visage de la victime était encore tiède). L’enquête révéla que le corps d’Elizabeth Stride ne présentait aucune traces de strangulation, il ne semblait pas que la victime se soit battue avec son agresseur et ses vêtements n’étaient pas relevés non plus. A l’autopsie, il fut constaté que le couteau utilisé pour l’égorger était plus large et moins pointu que pour les autres victimes. Elisabeth Stride fut aperçue peu avant sa mort, par de nombreux témoins, dont l’agent de police William Smith qui avait fait sa ronde près de Berner Street (actuellement Henrique street). Elle parlait avec un homme vers minuit et demi, peu avant le meurtre. Aucune arme ni indice ne fut trouvé suite aux fouilles de la police[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Elizabeth Stride, Casebook.org
  2. (en) Generally Accepted (Canonical) Victims, Casebook.org
  3. Stuart P. Evans et Donald Rumbelow, Jack the Ripper: Scotland Yard Investigates, p. 290
  4. Martin Fido, dans The Crimes, Detection and Death of Jack the Ripper (1987), p.53, fait remarquer que la taille de Stride (5 pieds 5 pouces, soit 1m65), était supérieure à la moyenne de la taille des autres femmes de Whitechapel)
  5. Source : SUGDEN
  6. Julie Malaure, « Londres : sur la piste de Jack l'Éventreur », Le Point (consulté le 22 novembre 2013)
  7. http://fr.scribd.com/doc/17745575/Jack-leventreur

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(en) Donald Rumbelow, The complete Jack the Ripper, Londres, Virgin Books, 2013, (1re éd. 1975 W.H. Allen), 384 p. (ISBN 0753541505).

Lien externe[modifier | modifier le code]