Mary Jane Kelly

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Mary Jane Kelly

Alias
Marie Jeanette Kelly
Fair Emma
Ginger
Black Mary
Naissance Vers 1863
Drapeau de l'Irlande Irlande (incertain)
Décès 9 novembre 1888 (à environ 25 ans)
Drapeau : Angleterre 13 Miller's Court, Londres

Mary Jane Kelly (née vers 1863 – 9 novembre 1888) est la cinquième et dernière des victimes habituellement attribuées au tueur en série surnommé Jack l'Éventreur[1], et dont l'identité est restée inconnue. Son corps a été retrouvé au no 13 de Miller's Court, dans le quartier de Whitechapel (Londres).

Biographie[modifier | modifier le code]

Comparées aux origines des autres victimes de l'Éventreur, celles de Mary Kelly sont obscures et non documentées et elles ont possiblement été embellies. Selon Patricia Cornwell [2], Mary Kelly est née à Limerick en Irlande vers 1863. Son père se nommait John Kelly et était ouvrier métallurgiste. Elle avait six frères dont un qui était entré dans l'armée. La famille s'installe au Pays de Galles alors que Mary Jane est encore enfant. À seize ans, elle épouse un mineur du nom de Davies qui meurt lors d'une explosion trois ans plus tard. Elle part alors vivre pour Cardiff avec un cousin et commence à sombrer dans l'alcool et la prostitution. Il semble qu'elle soit restée huit mois dans un dispensaire pour soigner une maladie vénérienne.

Mary Jane se rend alors à Londres et s'établit dans l'East End où elle réussit à s'attirer une assez bonne clientèle. L' un de ses clients l'emmène en France où elle reste quelques semaines. Elle revient assez vite à Londres où elle aime s'attitrer du nom français de Marie Jeanette.

En 1888, Mary Jane a 24 ans. Selon Cornwell [3], elle est très jolie avec un teint frais, des cheveux bruns et une silhouette juvénile. Elle rencontre bientôt Joe Barnett et emménage avec lui dans une petite cour du 26 Dorset Street, le 13 Miller's Court. Lors d'une dispute, elle et Barnett cassent le carreau d'une des fenêtres. Comme ils ont perdu la clé du logement, ils passent la main par le trou pour ouvrir la porte. Plus tard, Mary Jane met Barnett à la porte lorsqu'il la met en demeure de choisir entre lui et une voisine, Maria Harvey, qui vient coucher chez elle les lundi et mardi soir. Cela se passe au mois d'octobre, soit quelques jours avant l'assassinat.

Soirée du crime et mort[modifier | modifier le code]

La mort de Mary Jane Kelly est sans doute le plus morbide des crimes de Jack l'Éventreur ; c'est incontestablement l'isolement et la sécurité d'un lieu clos, à l'abri des regards et de tout imprévu, qui ont offert au criminel la possibilité d'un carnage absolu.[évasif]

Le soir du 8 novembre, Mary Jane Kelly rentre chez elle, dans la petite chambre qu'elle loue au 13, Miller's court. Elle chantonne, assurent les derniers témoins à l'avoir vue vivante, la chanson "A violet for mommy's grave" et s'enferme chez elle Le lendemain matin, Thomas Bowyer, l'employé du propriétaire McCathy vient chercher son loyer. L'homme frappe à la porte, mais personne ne répond. Il réitère sa demande. Rien. Curieux, l'homme fait le tour jusqu'à l'une des deux fenêtres de la chambre, qui comporte un carreau cassé sur le coté droit en bas. Il découvre alors une scène d'horreur[évasif] :

Mary Jane Kelly est bien là, mais elle ne répondra plus jamais pour payer son loyer. C'est une vision des plus macabres qui s'offre à celui ci. Le sol, les murs sont couverts de sang.[évasif] Au milieu de cette mare écarlate, Mary Jane Kelly est allongée sur le dos dans son lit, le visage tourné vers la gauche, son bras gauche sur son ventre et l'autre tendu le long du corps, avec les doigts serrés d'une manière impossible. Sa gorge a été tranchée jusqu'à l'os, son corps est perclus de coups de couteau rageurs et irréguliers et son visage est méconnaissable, ravagé de manière affreuse[non neutre]. Les jambes largement écartées, elle a l'abdomen complètement ouvert, les seins coupés à leur base, et ses organes sont dispersés un peu partout. On retrouve un de ses seins, son utérus et ses reins sous sa tête, son foie à ses pieds, ses intestins entre ses jambes. L'intérieur de la peau de ses cuisses et celle de son abdomen est arrachée et soigneusement empilée sur la table de nuit à côté d'elle. Son cœur demeure introuvable.

Ce sera le dernier crime officiel de l'Éventreur, mais il reste encore aujourd'hui comme l'un des plus barbares jamais commis. D'après le rapport d'autopsie, la jeune femme fut assassinée le 8 novembre 1888, vers 2 h. du matin. Pourtant, aucun témoin ne se présentera pour dire qu'il a entendu quoi que ce soit, ou pour avouer avoir vu quelqu'un rentrer chez elle alors qu'elle s'y trouvait, par effraction ou qu'elle l'ait invité de son plein gré. Après l'assassinat de Mary Jane Kelly, le tueur disparait aussi mystérieusement qu'il était apparu, sans que l'on puisse savoir qui il était.[évasif]

Enquête[modifier | modifier le code]

L'enquête est menée le lundi 12 novembre au Shoreditch Town Hall et est dirigée par Sir Roderick Macdonald[4]. Les témoins ayant vu Mary Kelly ce soir et cette nuit-là sont passés au crible. Joe Barnett et Maria Harvey sont entre autres interrogés. Ils ont vu Mary Kelly dans la soirée du 8 et elle n'était pas ivre, selon eux. Maria a laissé du linge chez Mary Jane et est ensuite repartie à cause de la présence de Barnett. Celui-ci a quitté les lieux quelques minutes plus tard[5].

Mary Kelly sort alors de Miller's Court afin de trouver un éventuel client. Elle a un besoin pressant d'argent car elle a cinq semaines de retard de loyer, et le propriétaire de l'immeuble, John McCarthy, commence à s'impatienter. Personne ne voit la victime entre 20 heures et 23 heures 45. On croit qu'elle est au Ten Bells ou au Britannia, deux pubs des environs. À 23 heures 45, une voisine, Mary Ann Cox, prostituée elle aussi, l'aperçoit sur Commercial Street. Elle est ivre et marche en compagnie d'un gros homme de 35 ou 36 ans, moustachu, pauvrement vêtu d'un long manteau et coiffé d'un chapeau rond. Il a une pinte de bière à la main. Les deux femmes se disent bonsoir et Mary Jane commence à chantonner A Violet from Mother's Grave. Elle entre chez elle accompagnée du client.

À 1 heure, Mary Ann Cox retourne chez elle et entend Mary Jane qui chante toujours la même mélodie. Elizabeth Prater, qui vit au-dessus de chez Mary Jane, se tient à l'entrée de Miller's Court et jase un moment avec le propriétaire, John McCarthy. Elle n'entend ni ne voit personne.

Un autre témoin, George Hutchinson, avoue avoir vu Mary Jane à 2 heures du matin. Elle se promenait dans Commercial Street avec un homme très bien vêtu. Hutchinson le décrit comme ayant le teint pâle, une légère moustache, les cheveux et les yeux noirs, les sourcils broussailleux. Il porte un chapeau de feutre mou garni d'astrakhan. Le couple se dirige vers Dorset Street et Miller's Court.

Mme Cox retourne chez elle à 3 heures. Chez Mary Kelly, tout est noir et il n'y a aucun bruit. Elle se couche mais peut entendre un homme sortir de la cour vers 5 heures 45 du matin. À 4 heures, Elizabeth Prater est réveillée par son chat et entend une voix de femme crier "Au meurtre!" Elle n'en fait pas de cas car les cris sont fréquents la nuit dans Dorset Street.

John McCarthy et Thomas Bowyer, son employé, sont également interrogés par les enquêteurs. C'est McCarthy qui a envoyé Bowyer chez Mary Jane Kelly y recouvrer l'argent du loyer. Bowyer cogne à la porte et, comme ça ne répond pas, regarde par la fenêtre en levant le rideau par le carreau cassé. Il découvre le corps mutilé vers 10 heures 45.

Macdonald clôt l'enquête la même journée du 12 novembre. Il sera critiqué par la presse pour l'avoir conclue trop vite[6].

Fiction[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Didier Chauvet, Mary Jane Kelly: la dernière victime, Paris, L'Harmattan 2002

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Generally Accepted (Canonical) Victims, Casebook.org
  2. Patricia Cornwell. Jack l'Éventreur, affaire classée. Éditions des Deux Terres. 2003. p. 407-411
  3. Ibid., p. 407
  4. Mary Jane Kelly sur Casebook.org
  5. Ibid.
  6. Ibid
  7. Article de Julie Malaure, « Londres : sur la piste de Jack l'Éventreur », Le Point (consulté le 22 novembre 2013)
  8. http://www.lesechos.fr/05/02/2013/LesEchos/21369-048-ECH_comment-jack-l-eventreur-a-tue-ma-mere.htm

Lien externe[modifier | modifier le code]