Yoweri Museveni

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Yoweri Museveni
Yoweri Museveni, en mai 2013.
Yoweri Museveni, en mai 2013.
Fonctions
Président de la République d'Ouganda
En fonction depuis le
(30 ans 7 mois et 29 jours)
Élection
Réélection


Vice-président Samson Kisekka
Specioza Kazibwe
Gilbert Bukenya
Edward Ssekandi
Premier ministre Samson Kisekka
George Cosmas Abyebo
Kintu Musoke
Apolo Nsibambi
Amama Mbabazi
Ruhakana Rugunda
Prédécesseur Tito Okello
(président du Conseil militaire)
Biographie
Nom de naissance Yoweri Kaguta
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Ntungamo (Ouganda)
Parti politique Mouvement de résistance
nationale
Conjoint Janet Museveni
Religion Chrétien évangélique

Yoweri Museveni
Présidents de la République d'Ouganda

Yoweri Museveni, né le 15 août 1944 à Ntungamo, est un homme d'État ougandais, président de la République depuis 1986.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Yoweri Kaguta est né à Ntungamo, dans sud-ouest de l’Ouganda, dans ce qui constitue encore le royaume d’Ankole, intégré au protectorat britannique sur l’Ouganda[1]. Fils d’un riche propriétaire terrien, il appartient au groupe des Banyankolés ; une des ethnies des Himas et Tutsis de la région des Grands Lacs. Il reçoit le nom de Museveni (de « seven », « sept » en anglais) en hommage au septième bataillon du King's African Rifles[1], un régiment britannique d’infanterie coloniale au sein duquel ont servi des milliers d’Ougandais pendant la Seconde Guerre mondiale.

Études et engagement armé[modifier | modifier le code]

Élève chez les anglicans[1] à l’école de Ntare, il part faire des études de sciences et d'économie à l’université de Dar es Salaam en Tanzanie de 1967 à 1970, pays alors dirigé par Julius Nyerere, l’un des principaux représentants du socialisme africain et qui accueille alors, dans la capitale, nombre de militants anti-colonialistes, des « guérilleros communistes jusqu’aux sociaux-démocrates » selon l’historien Gérard Prunier[1]. Il se familiarise avec les mouvements nationalistes radicaux et se lie d’amitié avec, entre autres, l’historien guyanais Walter Rodney et John Garang, dont il soutiendra, une fois arrivé au pouvoir, la guérilla au Soudan au sein de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) [1]. À la fac, il préside alors le Front des étudiants africains révolutionnaires (USARF)[2]. Sa thèse portait sur Frantz Fanon.

Museveni part ensuite rejoindre les zones libérées par le Front de libération du Mozambique (Frelimo), un mouvement marxisant qui combat le pouvoir colonial portugais, et y apprend les techniques de la guérilla[1].

En 1970, il rentre en Ouganda et intègre l'administration du président Milton Obote, comme membre des services secrets[2].

En 1973, il épouse Janet Museveni, également devenue femme politique aux côtés de son mari. Ils ont ensemble quatre enfants.

Exil, retour, résistance[modifier | modifier le code]

Article connexe : Guerre de brousse en Ouganda.

L’année suivante, à la suite du coup d'État d’Idi Amin Dada du , il fuit en Tanzanie et fonde son mouvement, le Front for National Salvation (en) (FRONASA, gauche), opposé tant au dictateur Amin Dada qu’à l’ancien président Obote[1].

Il revient en Ouganda en 1979 à la tête de la guérilla aidée par l’armée tanzanienne. Idi Amin Dada a en effet fait la faute d’annexer une région de Tanzanie le lors de la guerre ougando-tanzanienne de 1978-79, conduisant Nyerere à le faire tomber avec l’appui du FRONASA de Museveni[1].

Celui-ci est alors un personnage populaire, qui devient ministre de la Défense[1]. Mais son parti, le Mouvement patriotique ougandais, est largement battu aux élections (fortement contestées[1]) de 1980, qui ramènent Obote à la tête de l'État. Alléguant un truquage des élections, Museveni se retire dans son fief pour mettre sur pied l’Armée de résistance nationale (NRA). Dès le , il parvient, avec à peine une trentaine d’hommes, dont Paul Kagamé, futur président du Rwanda (qui lutte avec lui tout le long de la guérilla[1]), à s’emparer du stock d’armes de la caserne de Kabamba[1]. Progressivement, il bâtit à la fois le National Resistance Movement (NRM), aujourd'hui au pouvoir, et sa branche armée, la NRA[1]. Grâce à la discipline imposée à ses troupes, il obtient le soutien de la population[1] et celui, ambiguë, de Kadhafi[1]. « Dans un programme en dix points qui fera date, Museveni et ses partisans s’engagent pour la démocratie, la justice sociale, contre la corruption et le despotisme[1]. »

Le , la NRA entre dans Kampala et chasse Obote de la présidence. La même année, il publie un recueil hagiographique, Selected Articles on the Uganda Resistance War, publié en Ouganda en 1986.

Au pouvoir depuis 1986[modifier | modifier le code]

Le « bon élève » du FMI[modifier | modifier le code]

Yoweri Museveni et le président américain Ronald Reagan, en octobre 1987, à la Maison-Blanche.

Depuis qu’il a pris le pouvoir, Museveni maintient un État militarisé, en s’attachant à restaurer la paix dans un pays meurtri par la guerre civile (il réussit à mettre fin, en 2006, à la guérilla sanguinaire de l'armée de résistance du Seigneur[1]) et à faire redémarrer une économie moribonde. Dès 1987, il abandonne ses principes marxistes pour passer un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale[1], et fait progressivement de l’Ouganda le « bon élève du FMI » en suivant les recommandations de l’institution financière, avec des résultats plutôt positifs.

Dans le droit fil du consensus de Washington, il privatise ainsi l’Uganda Commercial Bank, la « banque du peuple » [1]. « L’Ouganda connaît une croissance moyenne de 6,5 % dans les années 1990, et de plus de 7 % dans les années 2000. Le taux de pauvreté est divisé par trois en l’espace de vingt ans. La « perle de l’Afrique » devient un modèle et un laboratoire des politiques libérales appliquées au continent. » Une classe moyenne se développe[1]. Il établit des quotas pour les femmes au Parlement, qui compte en 2016 plus d’un tiers de députées[1] (de 1994 à 2003, Specioza Kazibwe fut sa vice-présidente).

Par ailleurs, il réussit à limiter fortement l’incidence du SIDA dans un pays alors ravagé par l’épidémie.

De 1991 à 1992, Museveni préside l’Organisation de l'unité africaine (OUA) et il est généralement considéré comme représentatif de la nouvelle génération de dirigeants africains. Lors de son voyage en Afrique en 1997, la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright loue ainsi le régime de Museveni, évoquant une « démocratie uni-partiste » (sic)[3].

Élections « libres » et soutien aux milices congolaises[modifier | modifier le code]

Il soutient le Front patriotique rwandais (FPR) de son ami Paul Kagamé, qui prend le pouvoir au Rwanda en juillet 1994, mettant fin au génocide des Tutsis[1].

Lors de la Première Guerre du Congo (1996-97), Museveni et Kagamé soutiennent la guérilla de Laurent-Désiré Kabila qui renverse le dictateur Mobutu, pillant au passage les ressources minières[1]. Après s’être brouillé avec Kabila, président du Zaïre, rebaptisé Congo, l’armée de Museveni luttera lors de la Deuxième guerre du Congo (1998-2002) avec le Rwanda et les rebelles de Jean-Pierre Bemba contre Kabila, mais ce soutien de Museveni aura un prix : ses soldats ne se gêneront pas pour piller les mines de diamants à Kisangani et d’or en Ituri. Museveni en tirera un gros profit.

En mai 1996, Museveni remporte la première élection présidentielle à se tenir en 16 ans, avec 74 % des suffrages, l’emportant contre l’ancien ministre et candidat officiel de l’opposition Paul Ssemogerere (en), ainsi que contre Mohamed Mayanja. En 1997, il introduit la gratuité de l’école primaire[4]. Opposé à cinq autres candidats, dont notamment Kizza Besigye, il est réélu en mars 2001 avec 69,3 % des voix.

Changements constitutionnels[modifier | modifier le code]

En juillet 2005, il fait adopter par le Parlement une modification de la Constitution pour lui permettre de se présenter à la prochaine élection présidentielle afin d’y briguer un troisième mandat. Dans le même temps, un référendum de 2005 en Ouganda (en) autorise à nouveau les candidats aux élections à se présenter sous la bannière d’un parti, ce qui avait été interdit dès 1986, au motif officiel que cela favorisait le sectarisme ethnique. Nombre d’observateurs relient ce référendum aux pressions exercées par les pays donateurs à la suite du raidissement du régime.

À l’issue des élections du , il est réélu président de la République avec 60 % des voix. Au scrutin du , il remporte 68 % des suffrages.

Lois anti-homosexuels[modifier | modifier le code]

En février 2014, Yoweri Museveni a passé une nouvelle loi durcissant la répression de l’homosexualité. Les pratiques homosexuelles étant déjà passibles de condamnation à perpétuité, cette nouvelle loi condamne toute promotion de l’homosexualité et rend obligatoire la dénonciation d’individus homosexuels[5]. Cela renforce la décision de Washington de s’éloigner de lui[1], tandis que la présidence de la République française annule sa visite prévue à Paris[6].

Élection présidentielle de 2016[modifier | modifier le code]

De nouveau candidat et favori de l’élection présidentielle qui se tient le [7], il est déclaré élu par la commission électorale avec 60,75 % des voix contre son principal opposant, Kizza Besigye, crédité de 35,37 % des suffrages[8].

Autobiographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Yoweri Kaguta Museveni, Elizabeth Kanyogonya (éditeur scientifique) et Kevin Shillington (éditeur scientifique), Sowing the Mustard Seed : The Struggle for Freedom and Democracy in Uganda, Londres, éd. Macmillan, , xiv-224-[8] p., 25 cm (ISBN 0-333-64234-1, LCCN 98201575).
    Ouvrage non traduit en français. Ses titre et sous-titre pourraient se traduire par « Semer la graine de moutarde : La Lutte pour la liberté et la démocratie en Ouganda ».

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w et x Bruno Meyerfeld, « Yoweri Museveni, roi d’Ouganda », Le Monde, 16.02.2016, [lire en ligne].
  2. a et b Yoweri Kaguta Museveni, le Bismark des Grands Lacs, Les Afriques, 9 avril 2013.
  3. Howard French, Albright in Africa: The Embraceable Regimes?, New York Times, 16 décembre 1997.
  4. (en) « Uganda's first Batwa pygmy graduate », BBC, 29 octobre 2010.
  5. « Ouganda : Museveni durcit la répression de l’homosexualité », sur Libération.fr,‎ .
  6. Audrey Destouches, « Non, la fille du président ougandais n'est pas lesbienne », sur Libération.fr,‎ .
  7. Ouganda : Museveni en passe d’être réélu, son opposant arrêté., [Le Monde]], 19-02-2016.
  8. Yoweri Museveni « réélu » une cinquième fois président de l’Ouganda, Le Monde, 20-02-2016.