Attié (peuple)

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Le peuple Attié (Atyé, Akyé, Akié) est une population de Côte d'Ivoire vivant au sud-est du pays, au nord de la ville d'Abidjan, particulièrement à partir de la commune d'Anyama, dans la Région des lagunes. Les Attiés parlent une langue kwa du même nom, l'attié.

Population : 1 200 000

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce peuple a fait partie d'une des branches armées des redoutables Ashantis qu'on surnomma les porcs-épics. En effet, les premiers européens qui firent leur arrivée sur la Côte d'or se sont aperçus que les gens ne voulaient vraiment pas de leur visite et leur ont fait comprendre pendant plus de deux siècles qu'ils n'étaient pas les bienvenus.

D'après la tradition orale des Akyé, leurs ancêtres viendraient du Ghana. Mécontents du successeur Opokou Ware, les Akyé se disputèrent avec les Ashanti pour savoir qui garderait le sabre royal. Finalement les Akyé récupérèrent la lame et les Ashanti prirent le manche. Les Ashanti finirent par poursuivre les Akyé. Dans cette course, ils arrivèrent près du fleuve Comoé en crue où se trouvaient également les Baoulé et les Agni. Le devin du groupe annonça que le génie des eaux voulaient qu'ils sacrifient une nouveau né en échange son aide. Finalement la reine Abla Pokou se porta volontaire pour sacrifier le sien, le fleuve se retira pour laisse passer les Baoulé, les Agni ainsi que les Attié puis revint aussitôt pour empêcher les Ashanti de passer. Après ce long périple, les Akyé se détachèrent du groupe pour aller s'installer vers l'Ouest et le Sud du Comoé puis créèrent leur premier village nommée Asseudji.

"Les Akyé et le Baoulé virent ensemble comme une même famille du Ghana, les Akye formaient un seul peuple avec les Ashanti d'après Dian Boni. De ce fait partageaient la même vie aussi bien sur le plan social que sur le plan culturel et politique. Ils étaient de ce contexte Akyé Cho Vé alors que les Ashanti étaient San vé. Autrement dit, ils étaient cousins des Ashanti mais du côté féminin. Ils avaient pour oncle maternelle le père des Ashanti tout comme les Baoulé."

Population[modifier | modifier le code]

Le peuple Attié se retrouve dans les départements préfectoraux d'Akoupé, Adzopé, Alépé,(kodioussou chef-lieu de commune rurale)Affery, Agou, Assikoi, Bécédi-Brignan, Abié, Yakassemé, puis autour d'Abidjan dans la sous-préfecture d'Anyama

Le pays akssoyé est subdivisé en cantons qui sont : le canton Ketté, le canton N’gadié ou N’kadzun, le canton Attobrou, le canton Attié Lepin, le canton Annapun et le canton Tchoya().

En pays Akyé, on parle de trois grands groupes qui sont les Nindins, les kétins et les Bodins. Les Nindins sont plus concentrés dans la région d´Anyama et Alépé, c'est-à-dire aux alentours d'Abidjan, tandis que les Bodins sont du côté d´Adzopé, Yakassé - Attobrou, kodioussou le village de (Judicael Adon) et les kétins sont du côté de Akoupé

Ce peuple fait partie du groupe Akan et compte environ 350 000 personnes.

Culture[modifier | modifier le code]

Patronyme les plus connus[modifier | modifier le code]

  • Kotty
  • Anouman
  • Ake
  • Seka
  • Yapo
  • Yapi
  • Atse
  • Atsain
  • N'cho
  • Asseu
  • Achi

Abe Beda Kossou Assoh

Nom de [2]quelques villes et villages attiés[modifier | modifier le code]

Personnalités attiés[modifier | modifier le code]

Artistes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b National Museum of African Art
  2. Adjelou Jean Baptise, Société traditionnelle et économie monétaire en paye Akyé de 1875 à 1946

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Firmin Ahoua et Patrice Achie Brouh, Parlons Akye bodin, Paris, L´Harmattan. 2009.
  • Monica Blackmun Visonà, Art and authority among the Akye of the Ivory Coast, University of California, Santa Barbara, 1984, 317 p.
  • « Attié (Akyé) », in Bibliographic surveys of African peoples, vol. 1. Department of Fine Arts, Indiana University, Bloomington, Ind., 1979
  • « Les Attie (Côte d'Ivoire) », in Revue d'ethnographie et des traditions populaires (Paris), 3 (9), 1922, p. 1-10
  • Agnès Aye-Monnet, Chants et chansons en pays Akye : valeur expressive, valeur didactique, Université nationale de Côte d'Ivoire. Faculté des lettres, des arts et sciences humaines, 1985, 342 p. (Thèse de 3e cycle)
  • Raoul Garnier Decosse, Soins corps et "âmes" : l'ordre d'une existence en pays attié, Côte d'Ivoire, Tours, 1990, 3 vol. 1 036 p.
  • Dian Boni, Le pays akyé (Côte d'Ivoire). Étude de l'économie agricole, Annales de l'Université d'Abidjan, 1970, Série G, Tome 2 Fascicule 1.
  • Atsé N'cho Jean-Baptiste, L'akyé : une étude comparative du bodin, du kétin et du naindin, Mémoire de Maîtrise, Université d'Abidjan-Cocody, Département des Sciences du Langage, 2000, 127 p.
  • Kouadio N'guessan Jérémie, Description systématique de l'attié de Memni (langue kwa de Côte d'Ivoire), Thèse de doctorat d'État, Université de Grenoble III, France.
  • Brouh Achie Patrice Georgelin, Étude des phrases complexes de l'akyé bodin, Thèse unique de doctorat, Université Félix Houphouët-Boigny, 2015, 332 p.
  • Gérard Karche, Sociologie du savoir d'une société différente (les Akyé de Côte d'Ivoire), Université de Paris 5, 1976, 2 vol., 283 p. (Thèse de 3e cycle)
  • Georges Niacadié, La musique du "dépri" : tentative d'approche de l'art musical d'un chansonnier d'Attie, Université François Rabelais, Tours, 1983, 95 p. (DESM d'Ethnomusicologie)
  • Denise Paulme, « Première approche des Attié (Côte d'Ivoire) », Cahiers d'Études Africaines, 1966, no 21, volume 6, p. 86-120
  • J. Vincenti, « Coutumes Attié », in Bulletin du Comité d'études historiques et scientifiques de l'Afrique occidentale française, 5 (1) janvier-mars 1922, p. 58-76
  • Isidore Yao Yao, Le fokué : musique et classe d'âge en pays akye (Côte d'Ivoire), Université François Rabelais, Tours, 1982, 98 p. (DESM d'Ethnomusicologie)
  • seka akaffou igor, les déterminants sociopolitiques des conflits de succession dans les chefferies traditionnelles akyé:le cas de grand-akoudzin(s/p Agou), mémoire de DEA, université felix houphouet boigny, institut ethno sociologie, avril 2013.
  • « Coutumes et fétichisme chez les Attié », Revue française de l'étranger et des colonies, 26, 1901, p. 504-515.
  • P. Van Den Wiele, Inventaire général des coutumes civiles et commerciales en matière de droit local près des populations de Côte d'Ivoire, vol. dactyl. (1 et 2 Attié, 1959; 3. Adioukrou, 1958-1959), Ministère de la Justice, Abidjan, 1958-1959.
  • L. Guirandou N'diaye, Le mariage et la dot chez les attiés en Côte d'Ivoire, École Nationale de la France d'outre-mer (Mémoire no 75), Paris, 1958-1959.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]