Aller au contenu

Yip Man

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Yip Man 葉問
Maître d'arts martiaux ( wing chun )
Image illustrative de l’article Yip Man

Nom complet Yip Kai-man 葉繼問
Autres noms man sok
Nationalité Chinoise
Naissance [1]
Foshan (Chine)
Décès (à 79 ans)
Hong Kong (cancer de la gorge)
Style Wing chun
Grade Grand-maître (incontesté)
Enseignant(s) Chan Wah-shun, Ng Chung-sok, Leung Bik
Profession Officier de police (Kuomintang)
Enseignant d'arts martiaux
Élèves célèbres Bruce Lee, Yip Chun, Leung Ting, Lo Man-kam, Wong Shun-leung, Lok Yiu,Ng Chan...
Parenté Cheung Wing-sing (Femme)

Yip Chun (Fils)
Yip Ching (Fils)
Yip Nga-sum (Fille)
Yip Nga-wun (Fille)

Yip Man ou Ip Man[2] (chinois traditionnel : 葉問, chinois simplifié : 叶问, pinyin : yè wèn ; cantonais Jyutping : jip man), ou Yip Kai-man (葉繼問) est un grand maître chinois de wing chun, art martial chinois.

Il a étudié le wing chun auprès de Chan Wah-shun, Ng Chung-sok et Leung Bik. Il a fondé à Foshan un centre de formation aux arts martiaux, aujourd’hui transformé en musée. Plus tard, il a tenu des écoles à Hong Kong. Bruce Lee a fréquenté quelques années son école pendant son adolescence, sans apprendre le système complet[3], ni apprendre directement de Yip Man[4]. Bien qu'il soit admis que Yip Man a structuré le Wing Chun, il est fort probable qu'il ait modifié le style sans que l'on puisse déterminer avec précision la nature de ces changements. En effet, aucun témoin, y compris parmi ses disciples formés de ses mains, ne l'a jamais vu s'entraîner personnellement durant sa période à Hong Kong.

Face à l'afflux considérable d'étudiants suivant l'implantation de son école, Yip Man a dû opérer une massification de l'apprentissage. Il a ainsi systématisé sa pédagogie pour réussir à enseigner au plus grand nombre, répondant ainsi à une demande croissante.

Yip Kai-man (son nom de naissance) est né le dans le quartier Sanghuan (桑园), à Foshan (sud-est de la Chine), dans le clan Yip (葉) de l'ethnie hakka. Il a pour parents Yip Oi-dor et Ng Shui. Yip a grandi dans une famille aisée de commerçants, et a reçu une éducation traditionnelle chinoise empreinte des préceptes du confucianisme. Son frère aîné est Yip Kai-Gak, sa sœur aînée Yip Wan-mei et sa sœur cadette Yip Wan-Hum[5].

Yip Man débuta l'apprentissage du wing chun à 9 ans[6], auprès de Chan Wah-shun, qui résidait dans le temple du clan, au centre de la propriété familiale. Il fut le dernier élève du maître, celui-ci l'ayant accepté à l'âge de 70 ans. En raison de la vieillesse de son maître, Yip pratiqua essentiellement auprès de Ng Chung-sok (second plus ancien disciple) et Lui Yu-chai. Chan mourut trois ans après le début de la formation de Yip. Dans ses dernières volontés, il aurait invité Ng à continuer son enseignement auprès de Yip.

À 15 ans, Yip déménagea à Hong Kong, avec l'aide d'un parent, Leung Fut-ting. Un an plus tard, il fréquenta le St. Stephen's College, une école secondaire pour les familles aisées et les étrangers vivant à Hong Kong. Lors d'un incident durant sa période d'études, Yip intervint après avoir vu un agent de police étranger battre une femme. L'agent tenta d'attaquer Yip, mais Yip le terrassa, puis s'enfuit à l'école avec son camarade de classe. Plus tard, son camarade confia cet évènement à un vieil homme vivant dans son immeuble. Yip fut ainsi invité à rencontrer cet homme, Leung Bik, fils de Leung Jan (maître de Chan Wah-shun). Dans un échange d'assauts amicaux, Yip se fit terrasser. Il continua par la suite à apprendre le wing chun, auprès de Leung Bik, découvrant notamment les techniques sophistiquées et les applications théoriques.

À 24 ans, Yip retourne à Foshan. Il rejoint l'armée du parti nationaliste chinois (Kuomintang) durant la seconde guerre sino-japonaise, puis occupe pendant quelques années les fonctions de capitaine des patrouilles de police de Foshan[7]. Il enseigne le wing chun à plusieurs de ses subordonnés, parents et amis, sans ouvrir d'école d'arts martiaux. Certains de ses élèves les plus connus sont Chow Kwong-yue (周光裕), Kwok Fu (郭富), Lun Kah (伦佳), Chan Chi-sun (陈志新) et Lui Ying (吕应). Parmi eux, Chow Kwong-yue était considéré comme le meilleur, mais il s'est finalement consacré au commerce et a cessé de pratiquer les arts martiaux. Kwok Fu et Lun Kah continuèrent à enseigner par la suite. Chan Chi-sun et Lui Ying déménagèrent plus tard à Hong Kong, mais aucun d'entre eux n'accepta d'étudiant. Yip vécut avec Kwok Fu au cours de la seconde guerre sino-japonaise, et ne revint à Foshan qu'après la guerre, où il poursuivit sa carrière comme agent de police.

En 1949, à l'établissement de la république populaire de Chine par les communistes, Yip âgé de 56 ans, craignant des représailles en raison de ses anciennes fonctions officielles dans l'armée nationale et la police, quitta définitivement Foshan. Il s'installa à Macao, puis à Hong Kong.

Vie à Hong Kong

[modifier | modifier le code]
Première classe de Ip Man à Hong-Kong. On peut y voir ses deux premiers élèves Leung Sheung et Lok Yiu.

En 1950, contraint par une pauvreté extrême, Ip Man commence à enseigner le Wing Chun à Hong Kong pour survivre. Introduit par son ami Lee Man (Tien Pui), il s'établit provisoirement au siège du Syndicat général des employés d'hôtels et de restauration, situé rue Tai Nan dans le quartier de Sham Shui Po. Le président du syndicat, Leung Sheung (梁相), utilise alors ces locaux pour instruire ses collègues au Choy Li Fut et au style du Dragon. Après avoir défié Yip Man et s'être fait dominé très facilement, Leung Sheung devient son premier disciple, rejoint immédiatement par Lok Yiu (駱耀) .

Malgré sa précarité, Ip Man conserve une approche discrète de l'enseignement. Refusant toute forme de publicité commerciale ou d'affichage[8], il privilégie le recrutement par le bouche-à-oreille. Cette période au sein du syndicat marque le point de départ de l'expansion du Wing Chun à Hong Kong.

Son premier groupe comptait originellement huit élèves, seuls Leung Sheung et Lok Yiu persévèrent[9]. Ils sont rapidement rejoints par Chu Shong Tin (徐尚田). Bien que partageant la même précarité quotidienne, ce trio de disciples devient le soutien indéfectible de Yip Man. Ils l'aident non seulement à ancrer le Wing Chun à Hong Kong, mais se cotisent également pour assurer sa survie matérielle et économique. Chu Shong Tin rappellera d'ailleurs leur importance décisive lors de l'inauguration du musée Ip Man à Foshan en 2002[10]:

« Ainsi, à mon avis, c’est la persévérance de M. Leung et M. Lok dans l’apprentissage de cet art (malgré leurs difficultés financières) qui a permis au Grand Maître Ip de continuer son enseignement à l’Association of Restaurant Workers of Hong Kong […] »[11]

Ce noyau initial d'élèves s'élargit rapidement avec l'arrivée de Lo Man-kam (neveu d'Ip Man) et Chiu Wan.

À cette époque, le Wing Chun est encore méconnu à Hong Kong et l'école de Yip Man subit régulièrement les défis de maîtres d'autres styles. Pour asseoir la légitimité de sa discipline, le maître s'appuie sur Lok Yiu[12] et Leung Sheung pour répondre aux défis[13] et installer le style sur place. À compter de 1953, Wong Shun Leung les rejoindra pour gérer les combats. Yip Po-ching les rejoigna aussi pendant cette période. Les débuts furent difficiles et la rentabilité initialement médiocre, les élèves ne restant généralement que quelques mois[14]. L'école dut déménager à deux reprises : d'abord sur Hoi An Tan Street (海坛街) dans le quartier de Sham Shui Po, puis sur Lee Tat Street (利达街) à Yau Ma Tei. La réputation de l'enseignement de Yip Man se forgea solidement grâce aux victoires remportées par ses élèves lors de confrontations martiales et de combats de rue (beimo).

En 1954, Ip Man commença à se désintéresser de l'enseignement et développa une forte addiction à l'opium. Leung Sheung, Lok Yiu et d'autres tentèrent de le raisonner. Finalement, en 1955, cela conduisit Chu Shong Tin à rédiger une lettre pour le convaincre d'arrêter l'opium et de continuer son enseignement. A l'exception de Ng Chan, tous les principaux disciples de l'époque signèrent cette pétition.

À ce moment-là, Leung Sheung, Lok Yiu, Chu Shong Tin et Yip Po-ching s'entraînaient ensemble au domicile de ce dernier, rue Shanghai. Ils avaient appris jusqu'à la section intermédiaire du mannequin de bois. Yip Po-ching fut le premier à apprendre le mannequin de bois à Hong Kong. Le mannequin installé chez lui fut d'ailleurs le tout premier auquel Ip Man eut accès depuis son arrivée sur le territoire.

Un malentendu survient à la réception de la lettre de Chu Shong Tin, qu'Ip Man interprète à tort comme une manœuvre orchestrée par son disciple aîné Leung Sheung. Cet incident entraîne une séparation temporaire : alors que Leung Sheung part travailler à Macao pour une année en attendant l'apaisement des tensions, Ip Man décide de quitter les lieux immédiatement. Avec l'aide de Ng Chan, il s'installe le jour même dans la cité Li Cheng Uk, chez une femme originaire de Shanghai. C'est à cette adresse que naîtra ultérieurement son fils, Ip Siu-wah.

Malgré l'exiguïté du logement de Li Cheng Uk, qui empêchait l'installation d'un mannequin de bois, c'est durant cette période que les premiers disciples reçurent l'enseignement des techniques avancées (forme des 108 mouvements et couteaux papillon).

Ayant juré fidélité à Yip Man, ce groupe fut rejoint par des élèves notables comme Bruce Lee, Duncan Leung et Chow Tze-chuen. Assisté par Ng Chan, le maître y instruisit également de nombreux employés d'une compagnie de bus voisine.

En 1962, apprenant que ses deux fils (Ip Chun et Ip Ching) arrivaient à Hong Kong et soutenu par ses disciples, il prit la résolution d'arrêter l'opium et déménagea à l'immeuble Hing Yip, sur Tai Po Road.

En 1965, Ip Man s'installe rue Tung Choi. Ayant de facto fermé son école, il n'accepte plus de nouveaux disciples et réserve son enseignement à un cercle d'amis proches et les élèves de son cercle proche.

À l'occasion de son 70e anniversaire, l'ensemble des membres de la VTAA adresse ses vœux au Grand Maître Ip Man.

Pour pérenniser son enseignement et lui offrir un cadre juridique distinct des organisations criminelles (triades) qui infiltraient alors le milieu martial, Yip Man fonde la Ving Tsun Athletic Association (VTAA) le 24 août 1967. Bien qu'il en soit désigné président permanent[15], la création effective de l'association résulte d'une collaboration étroite entre ses disciples historiques[16], à savoir Lok Yiu, Leung Sheung, Chu Song Tin et Chan Chee Man qui composèrent le premier comité exécutif[17]. Trois bienfaiteurs essentiels : Tang Sang (inspecteur de police), Pang Kam Fat et Lam Yin Fat assurèrent le financement et facilitèrent les démarches administratives[18].

Cette hiérarchie originelle est d'ailleurs immortalisée au sein même du siège de l'association à Hong Kong. Un miroir commémoratif y présente les noms des disciples gravés selon l'ordre de préséance traditionnel chinois. Les noms de Leung Sheung et Lok Yiu y figurent en première position[19], attestant physiquement de leur statut de premiers élèves formés par Yip Man à son arrivée à Hong Kong, précédant d'autres figures notables comme Chu Shong Tin.

Mort et héritage

[modifier | modifier le code]

Yip Man mourut le , d'un cancer de la gorge[20], lié à son tabagisme. Il n'a nommé aucun héritier avant sa mort[21], une coutume dans ce style qui a laissé le champ libre à toutes les interprétations. Si ses élèves directs ont privilégié la réserve, d'autres ont exploité ce vide pour s'approprier l'autorité de son enseignement.

Il laissa un énorme héritage pour le wing chun, qui s'étend maintenant à travers le monde et est devenu l'un des arts martiaux chinois les plus pratiqués. Certains de ses élèves les plus connus sont : Bruce Lee, Lun Gai, Gwok Fu, Leung Sheung (梁相), Lok Yiu (駱耀), Chu Chong-tin (徐尚田), Wong Shun-leung (黃淳樑),Ng Chan , Wang Kiu (王喬), Yip Bo-ching (fils de Yip Man), Yip Hok-chun (fils de Yip Man), William Cheung, Hawkins Cheung, Lo Man-kam (neveu de Yip Man), Wong Long, Wong Chok, Law Bing, Lee Shing, Ho Kam-Ming, Moy Yat, Duncan Leung, Derek Fung (Fung Ping Bor), Chris Chan (陳成 Chan Shing), Victor Kan, Stanley Chan, Chow Tze-chuen, Tam Lai, Lee Che-kong, Leung Ting. En France, son enseignement est passé par des maîtres comme Dan Schwarz.

Il a également laissé derrière lui une histoire écrite de wing chun, dont l'exactitude historique est débattue. Il a filmé trois des cinq formes martiales du wing chun avant sa mort. De nombreux objets ayant appartenu à Yip sont exposés au musée Yip Man Tong de Foshan.

Lignée martiale

[modifier | modifier le code]
« 先祖嚴詠春氏,原籍廣東,少而聰穎,行動矯捷,磊落有丈夫氣,許字福建鹽商梁博儔。 — Yip Man[22]»
« La fondatrice est Yim Wing-chun, native du Guangdong, qui était petite et perspicace, agile et vigoureuse, loyale et fidèle, qui avait pour fiancé Leung Bok-chau, un marchand de sel du Fujian. » (traduction libre)

Voici la lignée martiale de Yip Man, selon l'un de ses propres manuscrits Source de la branche wing chun (詠春拳派源流), texte non publié de son vivant, rédigé vers 1965-1966 comme introduction d'une future « Association de wing chun »[23] :

  • Ng Mui, moniale Shaolin
  • Yim Wing-chun
  • Leung Bok-chau (梁博儔), mari de Yim Wing Chun
  • Leung Lan-kwai
  • Wong Wah-bo, qui apprit le bâton à Leung Yee-tei
  • Leung Yee-tei, qui ajouta la forme du bâton apprise de Wong Wah-bo
  • Leung Jan
  • Chan Wah-shun
  • Yip Man, qui apprit également de Ng Chung-sok et Leung Bik (梁璧)

Adaptations cinématographiques

[modifier | modifier le code]

La vie de Yip Man a servi d'inspiration à des films de kung-fu, en partie biographiques :

Ip Man interprété par Donnie Yen (2008-2019)

Tétralogie réalisée par Wilson Yip et interprété par Donnie Yen :

Ip Man interprété par Dennis To (2010-2020)
Ip Man interprété par Tony Leung Chiu-wai
Ip Man interprété par Anthony Wong Chau-sang
Autres films Ip Man
Autres apparitions

Le personnage de Yip Man apparaît également dans des films basés sur la vie de Bruce Lee, ou dans la série télévisée chinoise La Légende de Bruce Lee (The Legend of Bruce Lee) (2008).

On notera aussi l'interprétation de Yuen Biao dans le film Prodigal Son qui suit Leung Jan sous l'égide de ses maîtres Leung Yee Tai interprété par Lam Ching-ying et Wan wah-Bo interprété par Sammo Hung. Ces Maîtres sont les élèves de Ng Mui et auront comme élève le Maître Yip Man.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. (en) « Yip Man Memorial Museum ».
  2. Ip Man, transcription sur son passeport, visible au musée Yip Man Tong de Foshan.
  3. Wong Sheung Leung interview, « Wong Sheung Leung à propos du fait que Bruce Lee n'a pas appris directement de Ip Man »
  4. Wong Sheung Leung, « Wong Sheung Leung à propos du fait qu'il a formé Bruce Lee »
  5. Ip Ching et Ron Heimberger, Ip Man - Portrait of a Kung Fu Master.
  6. Apprentissage de 9 à 13 ans auprès de Chan Wah-shun, selon Yip Chun, 116 Wing Tsun Dummy Techniques, Hong Kong, éd. Leung Ting, 1981, pp. 98-103.
  7. Yip Chun, « Story of my father », dans 116 Wing Tsun Dummy Techniques, 1981, p. 98-114.
  8. « Ip Ching on Ip Man the reluctant teacher »
  9. « Histoire et développement du Wing Chun à Hong-Kong 1950 - 1953 »
  10. [vidéo] « Ving Tsun Athletic Association First World Representatives Conference P1 », Dr Sayed Gouda - Sport, , 67:2 min (consulté le )
  11. (en) « My Impressions of Ip Man Tong in Foshan », sur Nim Tao Wing Chun (consulté le )
  12. « Wang Kiu parle des défis à Hong-Kong »
  13. Chu Shong Tin, « Chu Shong Tin parle de la première école de Ip Man et des défis relevés par Lok Yiu »
  14. Ken Ing, Wing Chun Warrior, p. 109, Publisher: Blacksmith Book, 2010, (ISBN 978-988-17742-2-4).
  15. « Modèle 3D du bâtiment de la VTAA contenant l'historique »
  16. « Wing Chun Museum - chronologie de Yip Man »
  17. « Histoire et développement du Wing Chun 1954 - 1960 »
  18. « 1965 to1972 »
  19. « Description du miroir (premier paragraphe sous la photo) »
  20. Robert Chu, Rene Ritchie, Y. Wu, Complete Wing Chun: The Definitive Guide to Wing Chun's History and Traditions, Boston, Tuttle Publishing, 1998, p. 9.
  21. « When Yip Man died, there was no logical successor named to head up the art. »
  22. Première phrase du manuscrit de Yip Man, « Source de la branche wing chun ».
  23. Leung Ting, Roots and Branches of Wing Tsun, Hong Kong, éd. Leung Ting, 2000, pp. 31-35. Voir aussi copie du texte.
  24. fiche IMDb.

Liens externes

[modifier | modifier le code]