Jeet kune do

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Jeet kune do (截拳道)
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Emblème du jeet kune do. Le taijitu symbolise le concept du yin et yang, et les flêches leurs interactions continuelles. Les caractères signifient : « N'utiliser aucune méthode comme méthode » et « N'avoir aucune limite pour limite ».
Emblème du jeet kune do. Le taijitu symbolise le concept du yin et yang, et les flêches leurs interactions continuelles. Les caractères signifient : « N'utiliser aucune méthode comme méthode » et « N'avoir aucune limite pour limite ».

Autres noms JKD, jeet kune do, jeet kuen dao, jun fan jeet kune do, jun fan gung fu
Domaine Combat de rue
Forme de combat Combat total
Pays d’origine Hong Kong et USA
Fondateur Bruce Lee et James Yimm Lee(en) « Oakland JKD > What is Oakland JKD? »
Dérive de Sports de combats et d'arts martiaux
Pratiquants renommés Dan Inosanto, James Coburn, Kareem Abdul-Jabbar, Steve McQueen, Roman Polanski, Joe Lewis, Ted Wong, Tommy Carruthers, Lamar Davis

Le jeet kune do (chinois: 截拳道 ; cantonais: jihtkyùhndouh ; pinyin: jiéquándaò, « voie du poing qui intercepte ») est un art martial, principalement à mains nues, créé par Bruce Lee aux alentours de 1967. Le JKD est avant-tout un concept martial et non pas un sport ni un art martial traditionnel. Le JKD correspond à ce que son fondateur identifiait comme une voie de libération (et encore non pas la seule). Le Jeet kune do est inspiré principalement du wing chun, la boxe et l'escrime, mais intègre des techniques qui lui sont propres. Son fondateur s'est basé sur la mante religieuse du nord et du sud, le Choy Lee Fut, les Griffes de l'aigle, la boxe anglaise, la lutte, l'escrime, le judo, le jiujitsu et certains coups de pieds des styles du nord et du sud de la chine ; en découvrant ces styles, il fera évoluer sa pratique de wing chun traditionel[1].

Le Jeet kune do ne doit pas être confondu avec les arts martiaux mixtes (MMA) et n'est pas praticable dans un environnement contrôlé par des règles.

Principes et philosophie[modifier | modifier le code]

Il ne s'agit pas à proprement parler d'un style de combat, Bruce Lee ne croyait plus à cette époque aux dogmes et styles de combats pré-établis et figés par leurs fondateurs des années auparavant, mais croyait plutôt à un concept englobant des stratégies de combat[réf. nécessaire]. Après avoir étudié de nombreux arts martiaux et des sports de combat principalement occidentaux (escrime, boxe anglaise, boxe française savate, grappling entre autre), il en a absorbé ce qui fonctionnait selon lui. Bruce Lee ne voulait pas uniquement faire évoluer sa propre pratique martiale issue du Wing Chun du sud de la Chine pour sa remarquable efficacité, mais compenser les limitations de ce style qu'il trouve trop défensif et qui ne s'applique pas en longue distance.

Le Jeet Kune Do, littéralement « La voie du poing qui intercepte », que l'on abrège JKD est « simple, direct et non classique », disait son fondateur. Le principe est d'intercepter les mouvements de l'adversaire avant qu'il ne vous touche, arriver premier en partant second ; il n'y a pas de blocage ou de réponses en deux ou trois temps (le blocage et la frappe sont toujours simultanés) mais bien un seul mouvement/réponse exécuté dans le même temps soit une réponse la plus directe atteignant votre ou vos adversaires grâce à un minimum de mouvements ; l'adage du JKD :

« Absorbe ce qui est utile, rejette ce qui ne l'est pas et ajoute ce qui t'es propre. »

Bruce Lee voulait qu'on s'inspire de ces principes sans créer un enseignement de masse. Il a par ailleurs demandé à ses élèves instructeurs de fermer ses écoles afin de ne conserver que des groupes d'élèves fermés pour travailler en petit nombre afin de garder la qualité et l'esprit de ce qu'il considérait comme sa voie martiale... Ces groupes étaient répartis sur la côte ouest des États-Unis et se sont développées sous forme de différentes lignées dont trois majeures.

On retrouve les éléments du wing chun avec le travail sur la « ligne centrale », un art martial chinois que pratiquait Bruce Lee auprès de son maître Yip Man, mais aussi ses « séniors » tels que Wong Shun Leung, avant de partir vers les États-Unis en 1959. Le jeet kune do naît sous une première forme à la suite de sa recherche constante d'évolution et d'efficacité. Le mot « JKD » apparaît aux alentours de 1967 et contient des coups de pieds propres aux arts martiaux chinois du Nord, et des coups de poings issus de la boxe chinoise et de la boxe anglaise, des déplacements provenant de l'escrime occidentale, des projections de l'art martial coréen hapkido, des éléments en provenance du Kali Arnis Eskrima et de jiujitsu entre autres (on a répertorié 127 techniques de coups de pieds, de coups de poings ainsi que de projections et de clefs propres au JKD). Bruce Lee a même intégré des éléments de déplacements inspirés par le boxeur Mohamed Ali mais il s'est inspiré énormément de l'escrime occidentale (discipline qu'il avait pratiquée avec son frère) concernant les interceptions de la jambe et du poing ainsi que les déplacements.

Bien qu'issu des arts martiaux « traditionnels » chinois, il rompt avec l'éthique habituelle et la tradition : on a parfaitement le droit de mordre (même s'il ne faut pas planifier l'action de mordre, cela risque d'être le meilleur moyen de perdre vos dents[2]...), de crever ou de piquer les yeux avec des frappes des doigts, de frapper dans les parties génitales etc., mais au-delà de ceci le JKD est l'expression martiale la plus pragmatique et honnête possible de soi en situation de combat et d'agression; c'est un ensemble de méthodes de combat et de stratégies en situation réelle, une libération du pratiquant. Bruce Lee recherchait à "libérer" le pratiquant d'art martial de la tradition (exécution des formes, etc.) qui l'enfermait depuis des siècles dans des croyances souvent galvaudées et dont Bruce s'amusait souvent à démontrer le défaut de cette pratique devenue rigide en combat réel ; le pratiquant ne doit pas s'en tenir à son art, il doit chercher pourquoi il le pratique et sentir ce qui est bon pour lui et ce que ne l'est pas :

« Il ne suffit pas de savoir, il faut aussi appliquer ; il ne suffit pas de vouloir, il faut agir. »

L'être humain, le créateur est plus important que n'importe quel style figé. Ce n'est pas parce que le fondateur de tel ou tel style datant de plusieurs centaines d'années a dit : ceci est la vérité, que vous devez le croire... Expérimentez vous-même. C'est le combattant qui fait l'art et non l'art qui fait le combattant. Le combattant s'exprime à travers son art, mais comme chacun est différent, chacun s'exprime à sa façon. Le JKD doit s'adapter à vous, et non le contraire, vous devez créer votre propre JKD... C'est pour cela que le JKD ne peut être enseigné de même façon à tout le monde, et que la lignée de chaque enseignant influencera la pratique de l'apprenant.[réf. nécessaire]

Chaque élève de Bruce Lee a reçu une partie de l'enseignement du Jeet Kune Do à une époque déterminée. Bruce Lee était en constante évolution jusqu'à ce que sa mort n'arrête son processus en 1973. Le Jeet Kune Do n'a même probablement jamais été conçu pour être enseigné sous une forme définie. Il se peut même que les dernières évolutions du JKD de Bruce Lee en 1972-1973 n'ont forcément pas été conçues pour l'enseignement car Bruce Lee développait son art en se basant sur lui-même et il n'avait certainement plus l'intention de le diffuser à travers le monde...[réf. nécessaire]

Du Jun Fan Gung-Fu au Jeet Kune Do[modifier | modifier le code]

Le jeet kune do actuel est très axé sur le développement physique (les paramètres d'explosivité, de rapidité, de puissance de frappes doivent être maîtrisés), l'autodéfense et le combat. Il insiste surtout sur la notion de combat réel et total. Un autre des points essentiels du JKD, c'est l'absence de formes martiales, jugées comme une perte de temps par l'auteur à cette époque, bien que lui-même était arrivé à ce degré d'excellence martiale grâce à leurs exécutions, notamment dans le Wing Chun dans lequel il avait pu pratiquer les exercices de "chi sao" (mains collantes). Il savait tout de même apprécier les taolus puisqu'il avait étudié toutes les formes du Wing Chun entre autres et d'autres formes de kung fu tels que la « mante religieuse », le « hung gar », le wing chun kuen. Bruce Lee avait assemblé énormément d'arts martiaux ensemble pour former son propre Gung-Fu (karaté, ju-jitsu…). C'est ainsi que son tout premier art, le Jun Fan Gung-Fu, fut créé en estampillant les arts qu'on lui a enseignés.

C'est en 1964 à la suite de son combat contre Wong Jack Man que le jeune maître créera le Jeet kune do ; ayant duré trop longtemps, Bruce Lee remit en cause son wing chun qu'il qualifie de classical mess. Bien que victorieux, il reste déçu par sa prestation. Il changea radicalement sa pratique ; il passa du kung fu à la boxe et à la musculation. Il crée une forme de combat basée sur le wing chun auquel il n'ajoute cette fois que la boxe occidentale au combat à mains nues toute fois et les principes de l'escrime prennent plus d'ampleur. Cette simplification donne naissance au Jeet Kune Do et aux théories de Bruce Lee sur le combat. Par la suite, Bruce Lee manifeste de l'intérêt pour toute forme martiale peu importe la provenance ; dont il emprunte et combine de nombreux mouvements pour développer les siens.

Le Jeet kune do est ainsi une synthèse cohérente et intègre de l'ensemble des arts martiaux connus à cette époque par Bruce Lee.

Lignées[modifier | modifier le code]

Depuis la mort de Bruce Lee, le jeet kune do est enseigné sous forme de concepts par Dan Inosanto notamment. Les autres personnes certifiées par Bruce Lee sont Taky Kimura à Seattle (Période Jun Fan Gung-Fu) ; ce dernier recevra son rang 5 en 1973 juste avant le décès de Bruce Lee, James Yimm Lee à Oakland (mort en 1972; soit six mois avant Bruce Lee et la même année que Yip Man) en Jun Fan Gung-Fu et Daniel Arca Inosanto (Dan, Danny, ...) à Los Angeles (seul diplômé en Jeet kune do par Bruce Lee).

Seattle[modifier | modifier le code]

La branche Seattle se sépare en deux groupes[3] : ceux qui poursuivent leur formation de manière officielle à la Jun Fan Gung-Fu Institute (Taky Kimura, Joseph Cowles, Doug Palmer, Patrick Strong principalement) et ceux qui déclinent l'offre de recommencer une nouvelle formation à savoir Jesse Glover, Edward Hart et James DeMile ; ils ouvrent un club de Gung-Fu dans lequel ils enseignent le concept appris en cours privé.

James Demile se séparera d'eux et développera sa propre méthode basée sur ses connaissances de la méthode de Bruce Lee. Il lui donnera le nom de Wing Chun Do en référence au premier art martial de leur maître. Ce dernier pratique une méthode caractérisée par le Jun Fan Gung-Fu, mais lui a attribué un nom pour se démarquer de Bruce Lee et du Jeet kune do[4].

Jesse Glover (1935-2012) et Ed Hart (1924-1999) nommeront leur méthode Non Classical Gung-Fu et offriront une méthode de self défense pragmatique toujours basée sur les mouvements et les techniques de Bruce Lee. Au contraire des autres, elle cherche la simplicité et l'efficacité en explosivité et puissance.

La Jun Fan Gung-Fu Institute a été reformée et les principaux instructeurs sont Taky Kimura, son fils Andy et Abe Santos, senior instructor dernier en date qui donne le cours du mercredi soir.

Joseph Cowles continue de développer le Jun Fan Gung-Fu authentique en y ajoutant du Ju-jitsu et du Silat et en poursuivant la pratique du wing chun. Il baptise son enseignement Wu Wei Gung-Fu dont le nom s'inspire de la philosophie taoïste Wuwei cher à Bruce Lee sur le principe de non-intention.

Patrick Strong reprendra le principe de non-intention également et baptisera sa méthode « Core Jeet kune do », qui s'apparente au coeur de Jeet kune do, puis sera renommé « Deep Level Training Systems ». Ce dernier a poursuivi sa formation dans les années 1970 auprès de Hawkins Cheung[5], qui lui aurait été recommandé par Bruce Lee lui-même ainsi qu'aux autres élèves pour compléter leurs compétences en wing chun[6]. Si-Fu Hawing Cheung était un ami d'enfance de Bruce Lee et l'un de ses partenaires d'entrainement à Hong Kong.

Oakland[modifier | modifier le code]

Il ne reste que quelques élèves de James Yimm Lee qui continuent à enseigner de manière indépendante tels que les frères Magdandal, Leo Fong, Felix Macias Jr. et Gary Dill. L'instructeur, J. Yimm Lee, est mort des suites d'un cancer sans donner de consigne ni désigner de successeur. On peut penser que ce dernier n'avait pas de volonté particulière de sauvegarder son école.

Leo Fong s'est vu proposer par Bruce Lee lui-même de seconder James Lee, ainsi c'est Al Novak qui le remplace dans cette tâche. Inspiré des thèses de Bruce Lee, Leo Fong poursuivra sa propre recherche martiale basée sur le Jeet kune do et mettra au point La voie du poing intégré, Wei Kuen Do dont la boxe philippine constituera le noyau plutôt que le Wing chun qu'il ne considère qu'utile en combat rapproché et dont il n'a que peu d'aspects. Sa méthode diverge de celle de Bruce Lee.

Allen Joe et George Lee ont le JKD conformément à ce qu'ils ont retenu de l'enseignement de Bruce Lee.

Los Angeles[modifier | modifier le code]

Les élèves directs de Bruce Lee enseignant aujourd'hui sont : Jerry Poteet (mort en 2012), Steve Golden, Bob Bremer (mort en 2012), Richard Bustillo, Ted Wong (mort en 2010), Pete Jacobs, Joe Lewis (décédé en septembre 2012), Herb Jackson, Dan Inosanto, Dan Lee (mort fin 2015)… Ted Wong a donné un grand nombre de séminaires en compagnie de Allen Joe, étudiant sous la période Oakland malgré cela.

Il est à noter que la plupart de ces élèves se sont regroupés en 1997 sous un groupe nommé Nucleus dirigé par la fille orpheline et la veuve de Bruce Lee afin de sauvegarder les enseignements originaux de ce dernier et conserver l'authenticité de l'ensemble de son œuvre (philosophique et martiale) qu'ils ont surnommé jun fan jeet kune do. Les élèves de seconde génération formés par les élèves de Los Angeles sont nombreux, on retrouve Tim Tackett avec le Wednesday Night Group à Redlands en Californie accompagné par Bob Bremer, mais aussi Chris Kent, Cass Magda, Paul Vunak (tous trois élèves de Dan Inosanto) et beaucoup d'autres.

Paul Vunak baptise son enseignement : Progressive Fighting Systems

Concept vs Original[modifier | modifier le code]

Il existe un débat sur le Jeet kune do entre deux enseignements, Original et Concept :

  • Original considère essentiel de partager la méthode de combat original de Bruce Lee sans modification.
  • Concept pousse à rechercher sa propre expérience au travers l'étude et l'apprentissage d'autres formes de combat.

Original se veut stratégique et Concept éclectique.

Finalement, les deux restent pragmatiques.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Bruce Lee est appelé Si-jo dans le Jun Fan/Jeet kune do pour honorer sa personne d'avoir fondé cet art martial.
  • Beaucoup de pratiquants de wing chun critiquent Bruce Lee et expose la possibilité qu'il ne connaissait pas suffisamment le système pour profiter de ses qualités ; ce que réfute Jesse Glover qui démontre à de nombreux maitres que son sticky hand dépasse leur chi sao traditionnel
  • Le camp Original est vulgarisé en se faisant appeler : Jun Fan Gung-Fu ; ce qui ramène leur pratique à l'ancien système.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jeet Kune Do - Jun Fan Gung Fu », sur www.fama-fr.com (consulté le 5 avril 2016)
  2. Lee dans la série TV "Longstreet" - Épisode 1
  3. (en) « THE JEET KUNE DO CLUB HOUSE - THE PATH OF A WARRIOR » [vidéo] (consulté le 13 janvier 2016)
  4. « Wing Chun Do », sur wingchundo.com (consulté le 13 janvier 2016)
  5. (en) « Interview of Patrick Strong »
  6. « About : Hawkins Cheung », sur hawkinscheung.com (consulté le 13 janvier 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ma méthode de combat, Jeet Kune Do 1, La self-défense de Bruce Lee et M. Uyehara, éditions Budostore.
  • Ma méthode de combat, Jeet Kune Do 2, Entrainement de base de Bruce Lee et M. Uyehara, éditions Budostore.
  • Ma méthode de combat, Jeet Kune Do 3, Entrainement approfondi de Bruce Lee et M. Uyehara, éditions Budostore.
  • Ma méthode de combat, Jeet Kune Do 4, Techniques avancées de Bruce Lee et M. Uyehara, éditions Budostore.
  • Le Tao du jeet kune do de Bruce Lee, éditions Budo.