Yaşar Kemal

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Yaşar Kemal
Nom de naissance Kemal Sadık Gökçeli
Naissance
Hemite (Turquie)
Décès (à 91 ans)
Istanbul (Turquie)
Distinctions

Yaşar Kemal (francisé en Yachar Kemal, de son vrai nom Kemal Sadık Gökçeli) est un romancier et journaliste turc, d'origine kurde, né le 6 octobre 1923 près d'Osmaniye en Turquie, et mort le à Istanbul[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Monument du personnage romanesque İnce Memed dans le village natal de Yaşar Kemal, Hemite (Gökçedam).

Yaşar Kemal est issu d'une famille pauvre vivant dans le hameau d'Hemite (aujourd'hui Gökçedam (en)) dans la province d'Osmaniye, dans le sud-est de la Turquie. Ses parents originaires de Van s'installent à Çukurova durant la Première Guerre mondiale. Kemal a une enfance difficile car il perd un œil accidentellement alors que son père découpe un mouton pour l'Aïd al-Adha, et à cinq ans il assiste à l'assassinat de son père par son fils adoptif Yusuf alors qu'il priait à la mosquée[2]. Cette expérience traumatisante provoque des difficultés d'élocution qui subsisteront jusqu'à ses douze ans. À neuf ans, il entame sa scolarité à l'école au village voisin de Burhanlı et continue à Kadirli en Osmaniye après s'y être installé chez des membres de sa famille[2] . Il continue l’école secondaire à Adana où il travaille également comme ouvrier dans une usine d'égrenage de coton[2]. Après avoir quitté l'école au cours de la troisième année du secondaire, il met ainsi fin à son éducation formelle[2] .

Il travaille ensuite comme manœuvre, contremaître, garde-champêtre dans une rizière, écrivain public, instituteur, bibliothécaire. Ses poèmes paraissent à la même époque dans différentes revues : Ülke, Kovan, Millet et Beşpinar.

Il passe une année en prison en 1950 pour propagande communiste. Il s'installe à Istanbul en 1951 et il écrit des reportages pour le quotidien Cumhuriyet. Il obtient le prix spécial de l'Association des journalistes pour son reportage Dünyanın En Büyük Çiftliğinde Yedi Gün (Sept jours dans la plus grande ferme du monde). Il dira que la police turque a saisi ses deux premières nouvelles[3].

En 1951, alors qu'il visite île d'Akdamar, il assiste à la destruction de l'église de la Sainte-Croix d'Aghtamar. Grâce à sa notoriété, il aide à arrêter cette destruction. L'église restera dans cet état jusqu'en 2005, quand sa restauration par le gouvernement turc commencera[4]. L’Arménie a décoré Yaşar Kemal de la médaille Grégoire de Narek le 4 septembre 2014 à Istanbul pour son respect envers la culture et l’identité arménienne, de la justice et des valeurs humaines[5].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Son premier roman Mèmed le Mince connaît le succès en 1955, succès grandissant qui lui vaut d'être pressenti pour le prix Nobel de littérature en 1972. Traduit en plus de quarante langues, le roman fait de lui une figure marquante de la littérature mondiale[6]. Il reçoit la médaille de la Légion d'honneur en 1984.

Son style est un mélange entre une narration influencée par les traditions orales des bardes turcs et une influence plus occidentale comme le recours à un genre parfois proche du courant de conscience.

Son militantisme contre la brutalité du pouvoir turc à l'encontre de la minorité kurde lui vaut de nombreux procès[6]. Yaşar Kemal est condamné en 1996 par la cour de sûreté de l'État à un an et huit mois de prison pour un article intitulé « Le ciel noir de la Turquie » publié en 1995 dans le livre « La liberté d'expression et la Turquie » et qui dénonce le traitement de la question kurde par l'État turc[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La tétralogie Une histoire d'île
    • Regarde donc l’Euphrate charrier le sang (trad. Altan Gokalp), Gallimard, , 416 p. (ISBN 978-2070754083)
    • La tempête des gazelles, Gallimard, , 624 p. (ISBN 978-2070734818)

Études[modifier | modifier le code]

  • Jad Hatem, Messianités. Kafka, Kazantzaki, Tournier, Böll, Kemal, Paris, Orizons, , 296 p. (ISBN 979-10-309-0015-6)

Récompenses littéraires[modifier | modifier le code]

Doctorats honoris causa[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Perrier, « Yachar Kemal, conteur et imprécateur », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c et d Biographie de Yaşar Kemal
  3. Yaşar Kemal, Alain Bosquet (trad. Altan Gökalp), Entretiens avec Alain Bosquet, Paris, Gallimard, , 172 p.
  4. Asbarez, 1 October 2010: The Mass at Akhtamar, and What’s Next
  5. http://armenews.com/article.php3?id_article=92763
  6. a et b « Yasar Kemal, plume acérée de l'Anatolie rebelle, est mort », article sur le site lefigaro.fr du 1er mars 2015.
  7. Arrêt de la Cour européenne des Droits de l'Homme condamnant la Turquie [1]
  8. Turkish writer Yaşar Kemal gets Armenia’s Krikor Naregatsi medal, Hurriyet, (lire en ligne)
  9. Marit Heiene, « FORSIDEN / KULTUR BJØRNSONPRISEN TIL YASAR KEMAL », rbb.net, (consulté le 2 mars 2015)
  10. (de) « Friedenspreis des Deutschen Buchhandels 1997: Yaşar Kemal », Buchhändler-Vereinigung (consulté le 18 juin 2015)
  11. (tr) « Uluslararası Yaşar Kemal Sempozyumu », NTV (consulté le 18 juin 2015)
  12. (tr) « ‘’Umutsuzluktan umut üreten’’ edebiyat çınarı Yaşar Kemal’i sonsuz yolculuğuna uğurluyoruz... », Université du Bosphore (consulté le 18 juin 2015)
  13. (tr) Yaşar Kemal: Umutsuzluk umudu yaratır, Agence Anadolu (lire en ligne)
  14. (tr) « Yaşar Kemal'e fahri doktora », Anadolu Agency (consulté le 18 juin 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]