Burhan Doğançay

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Burhan Doğançay
Image dans Infobox.
Burhan Doğançay au musée Doğançay
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
IstanbulVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Burhan Cahit DoğançayVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Formation
Université de Paris
Université d'Ankara, faculté de droit (en)
Académie de la Grande-ChaumièreVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Distinction

Burhan Cahit Doğançay, né le à Constantinople et mort le dans la même ville[1], est un artiste turc.

Biographie[modifier | modifier le code]

Burhan Doğançay obtient sa formation artistique de son père Adil Doğançay et d'Arif Kaptan, deux célèbres peintres turcs. En 1950, il reçoit un diplôme en droit de l'université d'Ankara. À l'université de Paris il obtient un doctorat en économie et assiste de 1950 à 1955 aux cours d'art à l'Académie de la Grande Chaumière. Après son retour en Turquie, il participe à de nombreuses expositions, y compris les expositions conjointes avec son père au "Club Art Lovers Ankara". Après une brève carrière au service diplomatique turc, Doğançay décide en 1964 de se consacrer entièrement à l'art et de faire de New York sa résidence permanente. Des années 1960 jusqu’à sa mort, l’artiste retourne fréquemment en Turquie où il fait plusieurs expositions. Voyageur urbain, Burhan Doğançay a parcouru les rues de nombreuses villes à travers le monde durant une période s’étendant sur près de 50 ans[2]. Cependant, Doğançay vit et travaille également à Istanbul et à Bodrum, en Turquie[3].

Contribution artistique[modifier | modifier le code]

Doğançay est fasciné par les murs urbains et les choisit comme sujet. Il les voit comme le baromètre de notre société et témoin de l'écoulement du temps, reflétant les changements sociaux, politiques et économiques, souvent résistant à l'assaut des éléments et les marques laissées par les gens. La fascination est à l’origine de ses célèbres séries sur les murs, qui mêlent peinture, gravure, photographie et sculpture[4],[5].

Au cours de ses pérégrinations dans 114 pays, Doğançay a réuni depuis les années 1960 tout un corpus de motifs, de formes, de signes, de lettres et de symboles provenant des murs des villes, qu’il a également fixés sur la pellicule. C’est dans ce trésor qu’il puise constamment pour concevoir de nouvelles œuvres, tout en procédant de manière très traditionnelle. Suivant en cela les enseignements de son père, Doğançay commence par des dessins et des esquisses pour réaliser la composition imaginée, avant de la transformer en collage à l’aide de divers matériaux[6]. La construction de l’œuvre s’effectue par étapes: l’artiste commence par peindre le mur sur toute la surface, puis colle par-dessus divers éléments et pulvérisation des inscriptions, bref, le défigure. C’est également sous ce rapport qu’il faut envisager les tableaux de cônes, véritables accumulations de coins d’affiches enroulées. Apparemment fortuites, les œuvres de Doğançay n’en sont pas moins des compositions minutieusement agencées, qui n’hésitent pas à mêler des souvenirs de plusieurs villes différentes et de leur société. En ce sens, elles tiennent de la fiction, et s’apparentent, avec justesse à une «sorte d’esperanto artistique»[7].

Pendant les années 1970, Doğançay lance ce qu'il voit alors comme son projet secondaire : photographier les murs urbains partout dans le monde. L’artiste possède ainsi des archives monumentales contenant plus de 30.000 clichés de murs pris dans les quelque 114 pays qu’il a visités. Les murs des villes sont le reflet des évolutions de la société, et les témoins du temps qui passe, de sorte que, selon l’artiste, «on peut expliquer les aspects politiques, sociologiques ou autres d’une société» simplement en regardant ses murs.

Pendant les années 1970 et 1980, il est devenu fameux avec son interprétation de murs urbains dans sa série des rubans. Plus tard il fait des sculptures d'ombre en aluminium composite et des tapisseries d'Aubusson[8].

Marché de l'Art[modifier | modifier le code]

En novembre 2009, une des œuvres de Doğançay, «Mavi Senfoni» (Symphonie en bleu) a été adjugée à 1,7 million de dollars américains ce qui en fait le tableau le plus cher jamais vendu pour un artiste turc vivant[9].

Œuvres et collections publiques (sélection)[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Burhan Doğançay sont représentées dans plus de 70 musées à travers le monde. En plus, Burhan Doğançay est le premier artiste turc auquel le Metropolitan Museum of Art à New York ait dédié une pièce au sein de sa collection permanente.[2].

  • 1964 : Billboard, New York, The Solomon R. Guggenheim Museum
  • 1964 : Yankees and Beatles, London, Tate Modern
  • 1965 : Eddie, Vienna, Albertina
  • 1966 : Payn Window, Minneapolis, Walker Art Center
  • 1969 : Walls V, New York, MoMA
  • 1975 : White Cone & Shadow, Basel, Kunstmuseum
  • 1977 : Sans titre, Paris, Centre Pompidou
  • 1979 : Ribbons, London, British Museum
  • 1980 : untitled, Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique
  • 1982 : Ribbon Mania, New York, The Metropolitan Museum of Art
  • 1987 : Magnificent Era, Istanbul, Istanbul Modern
  • 1989 : Neruda, Stockholm, Moderna Museet
  • 1989 : Versace Man, Los Angeles, Los Angeles County Museum
  • 1997 : Garden of Eden, Munich, Pinakothek der Moderne
  • 2008 : Peace Partners, Cleveland, Cleveland Museum of Art
  • 2009 : Rising Star, Boston, Museum of Fine Arts

Expositions (sélection)[modifier | modifier le code]

  • 1972 : New York : Pace Gallery. Printmakers at Pace
  • 1976 : Istanbul : Gallery Baraz.
  • 1977 : New York : The Solomon R. Guggenheim Museum. From the American Collection
  • 1982 : Paris : Centre Georges Pompidou. Les murs murmurent, ils crient, ils chantent…
  • 1983 : Montreal, Musée d'art contemporain
  • 1983 : Antwerp, International Cultural Center
  • 1987 : Istanbul : 1st International Istanbul Biennial
  • 1989 : Tokyo : The Seibu Museum of Art–Yurakucho Art Forum.
  • 1992 : St. Petersburg : The State Russian Museum. Walls and Doors 1990–91
  • 1993 : Istanbul : Atatürk Cultural Center. Walls 1990–93
  • 2000 : New York : The Brooklyn Historical Society. Bridge of Dreams.
  • 2001 : Istanbul : Dolmabahçe Cultural Center. Dogançay : A Retrospective (Organized by Dr. Nejat F. Eczacıbaşı Foundation)
  • 2001 : Athens, Ohio : Kennedy Museum of Art–Ohio University. Dogançay–Wall Paintings from the Museum Collection
  • 2003 : Siegen : Siegerlandmuseum. Walls of the World
  • 2006 : Fredonia, N.Y. : Rockefeller Arts Center Art Gallery. Connoisseurship
  • 2009 : Salzburg : Museum der Moderne. SPOTLIGHT
  • 2009 : Biel/Bienne : CentrePasquArt. Collage–Décollage : Dogançay–Villeglé
  • 2009 : Berlin : Martin-Gropius-Bau. Istanbul Next Wave
  • 2010 : London : British Museum. Modern Turkish Art at the British Museum
  • 2012 : Istanbul : Istanbul Museum of Modern Art. Fifty Years of Urban Walls : A Burhan Dogancay Retrospective
  • 2012 : Maastricht : Bonnefantenmuseum. Different Impressions, Changing Traditions
  • 2013 : Boston : Museum of Fine Arts, Boston. Uncontainable Portraits
  • 2013 : Doha : Bahrain National Museum. Istanbul Modern-Bahrain
  • 2013 : Zurich : Museum Haus Konstruktiv. Hotspot Istanbul
  • 2013 : Minneapolis : Weisman Art Museum. Reviewing The Real
  • 2013 : Grenoble : Musée de Grenoble-Bibliothèque Teisseire-Malherbe. Les Mots dans l’Art
  • 2013 : New York : The Metropolitan Museum of Art. Fifty Years of Collecting Islamic Art
  • 2014 : Istanbul : Dogançay Museum. Picture the World : Burhan Dogançay as Photographer
  • 2014 : Boston : Museum of Fine Arts. National Pride (and Prejudice)
  • 2015 : Stockholm : Moderna Museet. A Larger World
  • 2015 : Leverkusen : Museum Morsbroich. Eddie Murphy und die Milk-Brothers
  • 2016 : Ankara : CER Modern. Picture the World : Burhan Dogançay as Photographer
  • 2016 : Los Angeles : LACMA. Islamic Art Now, Part 2
  • 2016 : Essen : Museum Folkwang. New to the collection : Burhan Dogancay
  • 2017 : Vienne : Albertina. Burhan Dogançay
  • 2018 : Leverkusen : Museum Morsbroich. Zeichen an der Wand
  • 2019 : Wolfsburg: Kunstmuseum Wolfsburg. Now is the Time
  • 2019 : Geneva: MAMCO Musée d'art moderne et contemporain. Collection(s)
  • 2020 : London: Tate Modern. Materials and Objects: Collage
  • 2021 : London: British Museum. Reflections: Contemporary Art of the Middle East and North Africa
  • 2021 : Zurich: Museum Haus Konstruktiv. Works on Paper from the Collection

Dogançay Museum[modifier | modifier le code]

En 2004 le Dogançay Museum a été inauguré dans le quartier Beyoglu à Istanbul. Exclusivement consacré à l'œuvre de Burhan Dogançay et, dans une moindre mesure aussi à l'art de son père, Adil, le Musée Doğançay (en) fournit une étude rétrospective de l'artiste. Lors de son ouverture à Istanbul, le Dogançay Museum est considéré comme le premier musée d'art contemporain en Turquie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Burhan Doğançay » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) « Burhan Dogancay, Artist Inspired by Urban Walls, Dies at 83 »
  2. a et b Zaman France, consulte le 2016-08-14.
  3. British Museum Artist Bio, consulte le 2016-08-08.
  4. New York Times Obituary, consulté le 1er juin 2015
  5. (en) « Burhan Doğançay | Ribbon Mania | Islamic | The Metropolitan Museum of Art », sur Metmuseum.org (consulté le )
  6. Folkwang Museum, Essen, consulté le 2016-08-08
  7. « L’héritage artistique prestigieux de Burhan Dogançay », sur www.zamanfrance.fr (consulté le )
  8. MAK, Vienna, consulté le 2016-08-08
  9. Artnet: Chronology sur Burhan Dogancay, consulté le 2016-08-09

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Levent Calikogu, Clive Giboire, Brandon Taylor et Richard Vine, Fifty Years of Urban Walls : A Burhan Dogançay Retrospective, Prestel, , 311 p. (ISBN 978-3-7913-5219-0)
  • Philippe Piguet et Dolores Denaro, Collage-Décollage:Dogancay-Villeglé, Verlag für Moderne Kunst, (ISBN 978-3-941185-57-9)
  • Brandon Taylor et Walls Urban, A Generation of Collage in Europe and America, Hudson Hills Press, (ISBN 978-3-936646-07-8)
  • Ursula Blanchebarbe, Walls of the World, Kerber Verlag,
  • Emel Budak, A Retrospective, Duran Editions, (ISBN 978-975-97-4272-0)
  • Richard Vine, Works on Paper 1950 - 2000, Hudson Hills Press, , 226 p. (ISBN 978-1-55595-226-6)
  • Phillip Lopate et Richard Vine, Bridge of Dreams, Hudson Hills Press, (ISBN 978-1-55595-173-3)
  • Roy Moyer, Jacques Rigaud et Thomas Messer, Dogançay, Hudson Hills Press, (ISBN 978-0-933920-61-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]