Elif Shafak

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Elif Şafak
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Elif Şafak.
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Eyüp Can (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Œuvres principales
The Forty Rules of Love (d), Trois filles d'Ève (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Elif Şafak, ou Elif Shafak, née le à Strasbourg de parents turcs, est une écrivaine turque. Écrivain primée et best-seller en Turquie, Elif Şafak écrit ses romans aussi bien en turc qu'en anglais. Elle mêle dans ses romans les traditions romanesques occidentale et orientale, donnant naissance à une œuvre à la fois « locale » et universelle. Féministe engagée, cosmopolite, humaniste et imprégnée par le soufisme et la culture ottomane, Elif Şafak défie ainsi par son écriture toute forme de bigoterie et de xénophobie. Elle vit et travaille à Londres.

Parcours[modifier | modifier le code]

Diplômée en relations internationales de l'université technique du Moyen-Orient d'Ankara, elle est aussi titulaire d'un master en genre et études féminines dont le mémoire portait sur la circulaire Compréhension des derviches hétérodoxes de l'islam. Elle a soutenu sa thèse en sciences politiques sur l'Analyse de la modernité turque à travers les discours des masculinités (titre exact : Male Gender Roles in Turkish Culture and Turkey's Modernization).

En 1998, elle obtient pour son premier roman, Pinhan, le Prix Mevlana récompensant les œuvres littéraires mystiques en Turquie. Son second roman, Şehrin Aynaları, entremêle les mysticismes du Judaïsme et de l'Islam dans une Méditerranée historique du XVIIe siècle. Mahrem confirme par la suite le succès de Şafak, lui valant ainsi le Prix des écrivains turcs en 2000.

Son roman Bonbon Palace est un bestseller en Turquie. Elle publie ensuite Med-Cezir, un ouvrage rassemblant des essais sur le genre, la sexualité, les enfermements mentaux et la littérature.

The Saint Of Incipient Insanities est le premier roman que Şafak écrit en anglais. Elle y raconte les vies d'immigrants musulmans à Boston et visite le sentiment d'exclusion que ceux-ci peuvent ressentir aux États-Unis. Lorsqu'elle y met la touche finale en 2002, Şafak est chargée de cours au Mount Holyoke College (dans le Massachusetts) auprès de la chaire de Women's Studies.

Elle enseigne ensuite à l'université du Michigan dans la discipline « Gender and Women's Studies ». L'année suivante, elle devient professeur à temps plein au département des Études du Proche-Orient à l'université d'Arizona.

Son second roman en anglais, La Bâtarde d'Istanbul, best-seller en Turquie en 2006, Xraconte l'histoire de deux familles, l'une turque, l'autre arménienne, à travers le regard des femmes. Le roman qui traite du génocide arménien lui vaut d'être poursuivie en justice en vertu de l'article 301 du Code pénal turc[1],[2] (intitulé « Humiliation de l'identité turque, de la République, des institutions ou organes d'État »). Le procès se conclut par un non-lieu. Le roman est adapté au théâtre en 2015 en Italie par di et l'actrice Serra Yılmaz y tient le rôle principal.

Maternité et écriture[modifier | modifier le code]

Après la naissance de sa fille en 2006, Elif Şafak souffre de dépression post-partum pendant plus de 10 mois. Elle aborde cette période dans son premier roman autobiographique et y combine fiction et diverses formes de non-fiction. “J'ai appelé ce livre Lait noir pour deux raisons. Avant tout, il s'agit de dépression post-natale et montre que le lait maternel n'est pas toujours aussi blanc et immaculé que la société voudrait bien le croire. Ensuite, de cette dépression est née l'inspiration. De ce lait noir, j'ai pu extraire une forme d'encre.”

Soufisme[modifier | modifier le code]

Le soufisme a toujours joué un rôle central dans l'écriture d'Elif Şafak mais ce n'est qu'avec son dernier roman en date, Soufi, Mon amour, qu'elle aborde pleinement le sujet. Publié en mars 2009, le roman s'est déjà vendu à plus d'un demi-million d'exemplaires, se propulsant directement à la première place des romans les plus vendus depuis plusieurs décennies en Turquie. Elif Şafak y raconte une histoire d'amour contemporaine entre une femme au foyer juive américaine et un soufi moderne vivant à Amsterdam. Leur histoire peu ordinaire s'inscrit dans une trame narrative historique qui relate à merveille le lien spirituel qui unit autrefois Rumi et Shams de Tabriz.

Istanbul[modifier | modifier le code]

Tout comme le soufisme, Istanbul est l'une des principales sources d'inspiration d'Elif Şafak. Elle pare la ville des atours d'une vieille femme dont le cœur vif est éternellement avide de nouvelles histoires et d'amours naissantes. “Istanbul vous fait comprendre, peut-être pas de façon intellectuelle mais intuitive, qu'Orient et Occident sont, in fine, des concepts imaginaires qui peuvent donc être dé-imaginés et ré-imaginés”. Dans un essai publié par le magazine Time, Elif Şafak déclare: “Orient et Occident ne sont pas comme l'eau et l'huile. Ils se mélangent. Et dans une ville comme Istanbul, ils se mélangent de façon intense, incessante et époustouflante.”

Œuvres récentes[modifier | modifier le code]

Elif Şafak écrit aussi des articles pour des journaux et magazines en Europe et aux États-Unis, des scripts pour séries télévisées et des paroles de chansons pour des musiciens rock. “En devenant mère, j'ai dû apprendre à écrire pendant des plages de temps courtes et concentrées pendant que les enfants dormaient ou jouaient sur le tapis. L'écriture de paroles pour de la musique rock a été un magnifique cadeau de maternité pour moi.” Lors de la cinquième édition du Women's Forum for the Economy and Society à Deauville en octobre 2009, Şafak est nommée International Rising Talent.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Élevée par sa mère diplomate après le divorce de ses parents, Elif Şafak a passé son adolescence à Madrid puis à Amman, en Jordanie, avant de retourner en Turquie. Elle est mariée au journaliste turc Eyüp Can[3], rédacteur en chef du quotidien Referans. Ils ont deux enfants.

Prises de positions[modifier | modifier le code]

En mai 2016, Elif Shafak écrit dans le Guardian un article intitulé In Turkey we can't laugh at our politicians no more (En Turquie nous ne pouvons plus nous moquer de nos personnalités politiques)[4]. Elle y décrit les difficultés, selon elle, à être kurde, alevi, gay, femme ou simplement en désaccord avec la politique officielle du pays.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En turc 
En français 
  • La Bâtarde d'Istanbul, Paris, trad.(en) Aline Azoulay, préf. Amin Maalouf, Éditions Phébus, , 319 p. (ISBN 978-2752902788)
  • Bonbon Palace, Paris, trad.(tr) Valérie Gay-Aksoy, Éditions Phébus, , 464 p. (ISBN 978-2752902825)
  • Lait noir, Paris, trad.(tr) Valérie Gay-Aksoy, Éditions Phébus, , 352 p. (ISBN 978-2752903785)[5]
  • Soufi mon amour, Paris, trad.(en) Dominique Letellier, Éditions Phébus, , 416 p. (ISBN 978-2752904461)
  • Crime d’honneur [« Honour »], trad. de Dominique Letellier, Paris, Éditions Phébus, 2013 (ISBN 978-2-7529-0743-1) Prix Lorientales 2014 - Prix Relay 2013[6]
  • L’Architecte du Sultan [« The architect's apprentice »], trad. de Dominique Goy-Blanquet, Paris, Éditions Flammarion, 2015 (ISBN 978-2-08-135377-0)
  • Trois filles d'Eve, Flammarion, 2018, (ISBN 978-2081395688)
En anglais
En allemand 
  • Spiegel der Stadt (traduction de Şehrin Aynaları) Literaturca Verlag (ISBN 978-3-935535-06-9)
  • Die Heilige des nahenden Irrsinns, (traduction de The Saint of Incipient Insanities) 2005, Eichborn Verlag (ISBN 978-3-8218-5750-3)

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « TURQUIE - L’article 301 menace la liberté d’expression », Amnesty International, (consulté le 15 septembre 2009).
  2. Kaan Karcılıoğlu, Istanbul Bilgi University School of Law, « Modification de l’article 301 du Code pénal turc », Amnesty International, (consulté le 15 septembre 2009).
  3. Arno Widmann, Elif Shafak: "I like being several people" - signandsight
  4. (en-GB) « In Turkey we can’t even laugh at our politicians any more », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  5. Elif Shafak, « Tu sais, si tu pleures trop, ton lait va tourner et devenir noir », Le Magazine Littéraire, (consulté le 15 septembre 2009).
  6. Lauréats du Prix Relay, sur le site officiel.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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