Velléda (prophétesse)

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Velléda
Image dans Infobox.
Velléda par Laurent Marqueste vers 1877.
Biographie
Naissance
Décès
Date inconnueVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
VoyanteVoir et modifier les données sur Wikidata

Velléda ou Véléda est une vierge prophétesse celte ou germanique (völva) du temps de Vespasien. Véléda veut dire « voyante » en gaulois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Segenax, Velléda était de la nation des Bructères[1] et habitait une tour sur la Lippe. Elle exerçait une influence immense sur toutes les populations germaniques : ainsi Tacite rapporte que les habitants de Colonia Claudia Ara Agrippinensium (Cologne) lui confièrent l'arbitrage de leur conflit avec les Tenctères, une tribu germanique habitant hors du limes. Parce qu'elle était considérée comme une déesse vivante, en communication constante avec les dieux Sucellus et Nantosuelte, les envoyés des deux parties ne furent pas admis en sa présence, et la prophétesse rendit son jugement via un intermédiaire[2].

Tacite[3] lui fait jouer dans le soulèvement des Bataves contre Vespasien en 70 un rôle aussi important que celui de Civilis, mais on ne sait si elle prophétisa simplement la rébellion ou eut un rôle plus actif[4].

Une démonstration de force opérée par neuf légions sous le commandement de Caius Licinius Mucianus mit fin à la rébellion. Le général Petilius Cerialis captura Civilis, mais il traita les rebelles avec clémence, et Velléda ne fut pas inquiétée.

Un bref extrait de Stace[5] permet d'établir que Velléda, prisonnière en 77 ou 78 du général romain Caius Rutilius Gallicus, fut amenée à Rome, où elle vécut, semble-t-il, quelques années. Une épigramme grecque retrouvée à Ardea, au sud de Rome, se moque de ses pouvoirs magiques[6],[4].

Une légende reprenant cet épisode de la biographie de Velléda circulait au XIXe siècle dans la région de Mortain. Elle a laissé son nom à un dolmen[7]. On note la présence de Lètes lors de la période romaine, ainsi que des toponymes d'origine germanique (Bréffeland). La région a été un lieu de passage et un lieu de brassage de légendes (Chrétien de Troyes à Domfront[8], puis Chateaubriand) et la légende n'est pas datée, ce qui ne permet pas de statuer sur son origine et ses bases.

Postérité[modifier | modifier le code]

Charles Voillemot, Velléda, 1869.

Chateaubriand, notamment, s'inspire du personnage pour créer son héroïne des Martyrs Velléda, druidesse vierge de l'île de Sein, véritable symbole de la femme gauloise[9].

Littérature[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Tacite, Historiae, IV, 61 sqq. la réputation de Velléda est expliquée comme un effet de la superstition des Germains et de la chance qu'elle a eue de prédire le désastre des légions romaines.
  • Benedikte Naubert (en), Velleda, ein Zauberroman (« Velléda, un roman magique »), 1795 ;
  • François-René de Chateaubriand, Les Martyrs, 1809. La tour dans le parc de la maison de Chateaubriand à la Vallée-aux-Loups, où François-René de Chateaubriand avait installé son bureau et sa bibliothèque, est appelée tour Velléda en hommage à l'héroïne du roman ;
  • Amalie von Helwig (de), Die Symbole (« Les Symboles »), 1814, où la prophétesse apparaît sous le nom Welleda, dans une tentative pour germaniser son nom ;
  • Friedrich de La Motte-Fouqué, Welleda und Gemma, 1818 ;
  • Poul Anderson, « Stella maris » dans « La rançon du temps », éditions du Bélial, 2008 ;
  • Paul Verlaine, « Après trois ans » dans Poèmes saturniens, 1866
  • Augustin Challamel, « Velléda »,1888
  • Anatole France : dans le chapitre VI de M. Bergeret à Paris (1901), la statue de Velléda par Maindron (cf. infra) est décrite (associée à la nostalgie du temps où elle se trouvait dans la Pépinière du Luxembourg détruite depuis), comme une figure romantique opposée au « buste du Président de la République ».

Musique[modifier | modifier le code]

Sculpture[modifier | modifier le code]

Hippolyte Maindron, Velléda contemplant la demeure d’Eudore (1844).

Peinture[modifier | modifier le code]

Art contemporain[modifier | modifier le code]

Astronomie[modifier | modifier le code]

Le , l'astronome Paul Henry découvrit un astéroïde qu'il baptisa (126) Velléda en son honneur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tacite, La Germanie, VIII, 2.
  2. Tacite, Histoires, IV, 65.
  3. Tacite, Histoires, IV, 61.
  4. a et b Jona Lendering, « Veleda », sur www.livius.org, 2002 (dernière mise à jour en 2020) (consulté le )
  5. Stace, Les Silves, I 4, 90.
  6. Édouard des Places, « Inscription grecque métrique concernant Véléda », Revue des Études Grecques, vol. 61, no 286,‎ , p. 381–390 (ISSN 0035-2039, DOI 10.3406/reg.1948.3129, lire en ligne, consulté le )
  7. « Légendes normandes recueillies dans l'arrondissement de Mortain / par Hippolyte Sauvage ; préface Armand Leroy · Normannia : le patrimoine écrit de Normandie », sur normannia.info (consulté le )
  8. « Le cycle arthurien de Chrétien de Troyes : Des héros normands », sur www.patrimoine-normand.com (consulté le )
  9. Ferdinand Gohin, Étude historique et littéraire de l'épisode de Velléda ("Les Martyrs", livre X), (lire en ligne), p. 7
  10. Jean-Marie Ballu, Bois de musique: la forêt berceau de l'harmonie, Le gerfaut, (ISBN 978-2-914622-36-3, lire en ligne), p. 186
  11. « Velléda (Lenepveu, Charles-Ferdinand) », sur IMSLP (consulté le )
  12. Fougères (Ille-et-Vilaine, France) Bibliothèque municipale, Chateaubriand: exposition organisée à l'occasion du 2e centenaire de la naissance de l'écrivain, par la ville de Fougères, avec le concours du Syndicat d'initiative et réalisée par la Bibliothèque municipale, Fougères, Salle d'exposition ... juillet-septembre 1968, la Ville, (lire en ligne)
  13. « Jules Lenepveu, Effet de lune », sur Musée des beaux-arts de la ville de Quimper (consulté le )
  14. Musée de Brooklyn - Centre Elizabeth A. Sackler - Velléda.
  15. Judy Chicago, The Dinner Party : From Creation to Preservation, Londres, Merrel 2007. (ISBN 1-85894-370-1).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Velléda, mythes et représentations, catalogue d'exposition, Quimper, musée des Beaux-arts, 1995-1996, commissaire de l'exposition, Sophie Barthélémy.

Liens externes[modifier | modifier le code]